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avec elle, ou sans autres rapports qu'accidentels et bizarres, et il y a alors illusion. Ainsi il y a perception quand je reconnais par exemple, à .l'aspect, qu'un fruit est mûr, qu'une étoffe est moelleuso, et il y a illusion quand je vois des figures dans le feu, un visage dans la lune, des formes d'animaux dans les rochers, les nuages, etc. La perception est un j cortège d'images qui accompagne de droit une sensation donnée et ne tend qu'à la compléter ; Villusion est une ou plusieurs nMages parasitaires, entées sur une sensation et qui l'étouffent et la supplantent. Au reste la perception et l'illusion ne diffèrent pas

essentiellement. Elles sont toutes les deux une série

d'images suggérées par une sensation. Elles donnent toutes les deux le sentiment de la réalité:pré senje^de Vobjectivité. Expliquer l'une serait expliquer l'autre. Taine ramenait la perception à l'illusion, et la définissait une illusion fondée ou a hallucination vraie » , mais il est plus naturel et plus juste d'expliquer l'illusion par la perception.

La perception est une série d'images produisant l'effet de sensations, donnant l'illusion de la réalité. Mais comment les images de la perception s'objecti- A'ent-elles ainsi ? Ce ne sera point résoudre le problème que d'en généraliser l'énoncé. Il ne servira point de dire que toute image entraîne naturellement la croyance à la réalité de son objet, est ou tend à de venir hallucinatoire, car il s'agit précisément de savoir d' où provient la puissance d'illusion inhérente aux images. Selon nous, cette puissance ne provient pas de la nature ou de l'intensité des images, mais de la liaison des images avec la sensat^n .

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La sensation seule est objective, je veux dire donne rjn^finissable impression de la réalité. Mais telle est la force du lien qui existe entre une sensation présente et celles qui lui furent autrefois associées dans l'expérience que non seulement elle les rappelle, mais encore elle les rend présentes, elle leur communique son propre caractère de réalité actuelle, d'objectivité. ^ Ce lien d'association s'établit même entre une sensation et des images d'espèces différentes, par exemple entre une sensation visuelle et des images auditives, tactiles, etc. Ainsi quand je vois le fer, je crois en sentir la dureté ; inversement, je crois voir le fer, quand je ne fais que le toucber ; je revois la cloche rien qu'à l'entendre, et je puis Tentendre rien qii'à la voir, etc. Supprimons par la pensée la sensation initiale, et laissons subsister les images, l'impression de réalité ou V illusion disparaît.

Lue comparaison peut faire voir comment les images suggérées par vme sensation prennent un caractère hallucinatoire. Je tiens un bâton à la main et je touche le sol ; je crois sentir le sol au bout du bâton. Je tire à moi im fd tendu, je sens la résistance du 111 à l'extrémité la plus éloignée de ma main. L'impression de réalité donnée par la sensation tactile, siluée effectivement au bout des doigts, se transmet donc de celte sensation à Timage visuelle qui raccompagne, image de l'extrémité du bâton ou du {W^ où ma luaiu n'atteint pas. Si comme, nous le croyons, le sentiment d'objectivité ne peut être donné que par la sensaîion, il faut donc admettre une objectivation par influence, un courant d'objectivité qui passe de la sensation aux images. Les images, par

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