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L'Activité mentale, p, gg

î;; f\. — Dans 1rs doux ras qu'on vionl <lo dire, pris pour types de tous ceux qu'on a cités jusqu'ici, MMM sociation entre la sensation et l'image est en somme naturelle et s'exj)lifjue selon des lois connues. Ceux ^ur Icscjuels nous alhjns à présent adirer I allenlion son! lonl antres. Ils consistent en ceci : des ima^res sont artificiellenient rattachées à une sensation ; elles gravitent autour tle àette sensation, sans en être, même indirectement, issues. La sensation est alors, non plusje point de départ, mais seulement le » point ( LfMx^jilcî* » (Binet) ou mieux encore, le point dappui (Jrs images, le « clou » où elles se fixenLLasehsation n'en joue [)as moins, dans ce cas, le rôle important qu'on lui a déjà vu remj)lir : elle communique aux images son propre caractère d objectivité. Elle est ainsi une condition nécessjiire de la vie des images, sans en èlre aucunement la source on la cause.

Dan'^ la langue de Taliénalion mentale (lihiKURKdc HoisMcjNT, EsQi nu)!,), I(\s (ails (|ue nous \enons d'analyser s'ap|)ellent des i/lusions, ceux dont nous allons

' parler des luil/ucinalions. Les liallncinjilions sont censées dilïérei- des illusion-; en ce qu'elles se produiraient

' eij. dehors de toute impression acluellc ( )n a conlesié rexaclilnde de celle distinction. ComnuMit savoir. a-ton dit, si à la hase des hallucinations ne se trouve pas qnelfpic aclion extérieure, (\»mmenl ne pas su[)poser même (|u il s'en Ii'ounc l(Uijoin-« une, aperçue ou non ? 1/hallucinalion n'es(-(^||o pas simplement uuc il'ii^ion (l(''V('lopp('M\ doni on ne relron\c |>lus I origine matérielle i* Kien nCsl plu^ Mai. pins admissible (lu Jiioiiis. Mai>s >i, lliéuritpjcmenl, Ihalluciiia

r/niAGINATlON ET LES SEINS 3l

tion est toujours réductible à l'illusion, celte réduction ne peut cependant toujours être opérée en fait, c'est pourquoi la distinction subsiste.

Mais d'ailleurs, pour n'avoir pas, au moins en apparence, son origine dans la sensation, l'hallucination n'est pas suspendue en l'air. Elle repose pu j'.^ppuie sur des objets matériels. Par là elle se rapproche de rillusion.

C'est ce qui apparaît dans les jeux de l'enfant. 11 a rimagination très souple, mais très matérialiste. Il entre aisément dans toutes les fictions, mais il pose chacune d'elles sur un fond de réalité. Il a le goût, le besoin des poupées ou autres objets matériels figurant ses conceptions. S'il joue au cavalier, il lui faut une chaise pour figurer le cheval, et une licelle eii guise de rênes, un bâton en guise de fouet. Toutes ses images ou représentations réclament un point d'appui matériel ; il est vrai qu'elles se posent librement et indilTérem ment sur tous les objets, prennent toutes les formes et rayonnent en tous sens. Tout lui est bon pour figurer ses conceptions. Veut-il un sabre? Tout entre ses mains devient sabre : une baguette, une pierre, un ruban. . . Un assemblage informe de lignes capricieuses est, pour lui, un tableau plein de naturel et de vie qu'il contemple avec ravissement ^ Il joint ainsi au plus grand laisser-aller, aux plus audacieux caprices cle la iantaisie une vive préoixiipation de la vérité matérielle. C'est qu'il tient à ses

I . Voir, pour le détail des faits, un remarquable chapitre de Mme ]\ecker de Saussure, L'Éducation progressive, liv. III, ch. IV.

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illusions. Inslinctivcmcnt il saisit et ne lâche plus le fil qui relie ses images à la réalité.

L'esprit de Tenfant s'éloigne de plus en plus de l'exacte représentation de ces objets matériels auxquels il rattache artificiellement ses images. En elTet, il ocnsr par nndlcxjic, et ce mode de pensée amène les comphcations et les détours les plus imprévus. Mais au moment oi^i la pensée de Tenfant est telle qu'on ne peut plus la suivre en ses libres caprices, on observe qu'elle continue de flotter encore autour d'objets matériels, \insi une fillette do trois ans jouait avec de petites amies imaginaires : elle leur avait donné des noms de son invention, Marie et Marguerite de JavrilQ)y elle les voyait, leur parlait, leur tendait la main, les faisait asseoir à côté d'elle à table; elle reprochait à sa mère de marcher dessus, en circulant par la chambre. De telles images ne sont plus des illusions, mais des hallucinations. Elles ne dérivent plus des sensations, mais elles se posent encore sur des objets sensibles. Il semble qu'on suive ici le passage de rillusion à Thalluci nation et qu'on découvre la loi f[ui régi! ces deux laits. Les hallucinations dérivent des illusions comme les illusions des sensations, et le même procédé, Tanalogie. transforme les sensations en illusions cl les illusions en hallucinationii. Entre les unes cl les autres il ii'\ a qu" une différence de développement ou de (l<'L:rt

La même loi s'obserNc (laii> ces cas d'hallucinalion et de demi-hallucination qu'on appelle le rêve et la rêverie.

La rêverie a besoin a du C(^n cours des objets environnants ». Elle a ses asiles privilégiés. Pour rêver

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