‹ L'ImaginationChapitre 23 sur 110 · I . Pensées, loc. cit · texte numérisé non relu

I . Pensées, loc. cit

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\i)ycv (rcx.irtitndo inalorielle. f^e roman, le théâtre sont (le plus en plus réalistes. Le conte des fées luimême se sauve et se soutient par I aceumulation de détails matériels, minutieux et précis (les cailloux du petit P()ii(( I. la bolle de To^re, ia pantoulle de Gendrillon, le nuage de pou^-'-icrc hihkmk .mt Tarrivée des cavaliers dans liarbe-Hleue, etc.). I)nn> la science, le goût des documents, des laits, des expé riences est poussé parlois juscpi'à l'indiscrétion et la manie.

En tout cela, l'imagmalion obéit à sa loi t-x n tielle. Plus elle ^< di \rloppe, plus elle éproiive le besoin de rester en contact avec la réalité et de sentir cpi^^e s appuie sur le terrain solide des faits. I.ors qu'elle s'égare dans le rêve, lorsqu'elle s'alTrancbil des lois de la réalité, on peut dire que c'est par ignorance de ces lois : au moment où elle les viole, elle entend les respecter, et se persuade quelle les suit> Elle est donc en un mot toujours ré.ili'^h'. d'intention ou de fait, ?i tort ou à raison.

s^ 0. — Avant de clore ce chapitre, il convient d'établir un rapprochement entre la loi de l'adhérence de riniage à la sensation et un fait général. signalé ])ar Ampfrf, qui lui a donné le nom de cou rrétion . La théorie tle la concrétion, si elle était atloptéc. suHirait amplement, à coup sur, à expliquer tous les faits qui précèdent, mais il nous a paru (ce qui nous dispensait d'y recourir) qu'elle n'était pas nécessaire à l'intelligence de ces faits, qu'elle les dépassait même quelque peu, impliquant une donnée qui ne leur est pas essentielle. Cette théorie en cflct revient à sup-

l'imagination et les sens /i5

poser entre la sensation et l'image une affinité qui ne va pas seulement à comniuniquer à la seconcle le caractère crobjectivité qui ap[)artient à la première, mais encore à altérer, à transformer l'image en la projetant sur la sensation. Quoique nous n'éprouvions, pour notre part, aucune difficulté à admettre la théorie de la chimie mentale ', dont la théorie de la concrétion n'est qu'un autre nom, nous n'avons pas cru devoir en compliquer l'explication, encore moins Texposition, des faits étudiés.

Voici maintenant comment le D' Roulin expose le fajt si curieux, si su^^estil' de la concrétion, d'après une leçon d'AiMPÈRE au collège de France (n'^ du Temps du 22 juillet i833).

Supposons qu'ayant eu deux sensations à la fois, qu'ayant vu par exemple un arbre au pied duquel un animal était couché, on voie l'arbre de nouveau, l'animal n'y étant plus. On devrait, semble-t-il, à l'occasion de la sensation présente, se rappeler intégralement la perception passée, revoir et l'animal apparu autrefois et l'arbre tel qu'il était alors. Or en réalité, dans ce cas, on ne se remémore point l'arbre, mais seulement l'animal ; l'image mnémonique de l'animal, seule évoquée, fusionne avec la sensation de l'arbre, et forme avec cette sensation un phénomène unique; c'est ce phénomène unique, cette synthèse mentale, qu'on désigne sous le nom de concrétion.

« C'est justement ce qui a lieu quand, sur un

I. Voir la discussion de celte théorie dans Ribot, Itnafjinalion créatrice, pp. 68-9.

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