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I. Imagination créatrice, p

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dej^qyenteur ici se dérobe^ que rœuvrc fait oublier rouvrier. Lliomme qui crée une machine, qui uti- ' lise les forces physiques, commande à la nature, mais en y obéissant. Ce qui frappe en lui, c'est la soumission de sa volonté à l'ordre des choses, non l'assujettissement des choses à sa volonté. Son imagination paraît nulle parce qu'elle est impersonnelle, parce qu'elle s'exerce et se meut dans les limites du déterminisme naturel.

Mais c'est là un caractère trompeur. Il y a une

4 imagination pratique, et cette imagination ne dillère

des autres formes d'imagination que par son objet :

' elle est de même nature, elle a les mêmes carac-

l tères.

Il n'est même pas rigoureusement vrai de dire que l'imagination pratique est impersonnelle ; ou, du moins, elle ne l'est qu'en un sens. Sans doute Tœuvre mécanique ne reflète pas, au même titre que l'œuvre d'art, la personnalité de l'inventeur; mais elle n'en est pas moins liée fortement à la personnalité. Il a fallu, pour qu'elle prît naissance, qu'il se rencontrât un homme joignant à une humeur inquiète, amie du changement, un esprit plein de ressources, une volonté ardente et tenace, audacieuse et hardie.

Il y a un type de l'inventeur, et ce type est net, accusé, bien connu. Au moyen âge, l'inventeur s'appelait un sorcier, et par là on entendait un esprit, non proprement irréligieux ou antireligieux, mais laïque ou profane dans les questions naturelles, dégagé du respect superstitieux qui s'attache aux choses existantes, consacrées, rituelles, de quelque ordre

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qu'elles soient, ennemi de la tradition ou de la routine, épris de nouveauté et de progrès.

I L'inquiétude du mieux, ou simplement parfois l'amour du changement, est lié à l'ingéniosité, à la iécondité d'invention, soit qu'elle en dérive, comme on est généralement porté à l'admettre, soit qu'elle y conduise, comme le soutient M. Ribot.

Enfui l'humeur mobile d'un côté, l'esprit délié, I subtil et débrouillard de l'autre, sont liés à l'audace. ' L'inventeur est de la race des volontés indomptables et par là toutes-puissantes, ferox lapeti genus. Il a foi en lui-même, en sa force, en son génie ; il se rend maître de la destinée, allant jusqu'au bout de son pouvoir et n'étant point retenu par la crainte des puissances surnaturelles ni de la fatalité physique. L'inventeur apparaît, dans l'âge théologique ou mythique, comme un audacieux ayant dérobé le feu du ciel.

On trouve de plus réunis en lui tous les traits de l'ima^inatif : l'inspiration, la poursuite d'un idéal, j la vocation, la foi passionnée et le dévouement à l'œuvre entreprise.

« L'histoire des inventions utiles, dit M. Ribot,

est pleine d'hommes qui ont affronté les privations,

les persécutions, la ruine, qui ont lutté à outrance

j contre parents et amis, fascinés, non par l'espoir d'un

' profit futur, mais par l'idée d'une mission imposée,

d'une destinée à remplir. Qu'ont fait de plus les poètes

I et les artistes ? Cette idée fixe et irrésistible a conduit

\ plus d'un à une mort prévue (découverte des explo-

I sifs, premiers essais de paratonnerre, les aéronautes

' et bien d'autres). Aussi, par une intuition juste, les

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civilisations primitives ont mis de pair les grands poètes et les grands inventeurs*. »

Mais sans plus nous attarder à montrer la parenté^ évidente de l'imagination pratique et de Timagination héroïque, inspirée, artistique, scientifique, etc., essayons d'en déterminer les caractères spéciaux et d'en dégager les lois.

— -;© gl lit I.UMIl

S'il fallait assigner à l'invention mécaniqne nn caractère propre, je m'en tiendrais à celui-ci : elle

Iest, plus que toutes les autres, sous Ja dépçpd;in(-e du hasard. Klle répond à nn hesoin né des circonstances, elle est occasionnelle. Ainsi, c'est pour soulager son père des calculs, qu'il avait à faire comme intendant pour les tailles de la généralité de Normandie, que Pascal conçut le projet de la machine arithmétique ; c'est pour aider au succès des petites écoles de Port-Royal qu'il imagina une nouvelle méthode alphabétique (la syllabation substituée à l'épellation). De même un enfant était employé à ouvrir un robinet et à en fermer un autre pour laisser alternativement entrer et s'échapper la vapeur destinée à pousser un piston : le désir de se créer des loisirs pour le jeu ou de se soustraire à une fatigante sujétion lui fit apporter un perfectionnement notable à la machine à vapeur". « Chaque invention [larticulière,

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