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Rois , princes , potentats , dominateurs du monde ,
AttCJi«ie2 que du jour l'astre majestueux !
Sèche de ses rayons purs et respectueux
Le rebut adoré des festins qu'il consomme ,
Qui trahit dans un dieu les vils besoins -de Thommé;
Voilà vos ornements , vos fcolliers , vos bijoux ,
Et Texcrément divin vous enorgueillit tous.
Voltaire , eil traçant d'un crayfcn cynique les écarts honteux et les pratiques ridicules de là superstition hunlaiue^^ avait dit avec moins de pudeur que Delille :
Plus loin du grand Laii\a les reliques musquées Passent de son derrière au cou des plus grands rois.
Ce culte bizarre est établi dans une grande partie dé TAsie, si Ton en croit les témoignages des voyageurs. Les vers par lesquels Delille peint cette dégradation de l'eàpèce humaine , forent très applaudis à l'Académie française , dans une séance publique où il les récita. On admira surtout la pompe poétique et la magnificence des expressions par lesquels il avait su déguiser tout ce qu'il a de bas et de dégoûtant dans l'objet qu'il se proposait de peindre. La poésie 'française , essentiellement chaste et modeste , se refose à tous les détails ignobles , que les autres langues ad* mettent plus aisément dans les sujets relevés. Après Racine et Boileau , Delille est un de nos poètes qui ont su le mieux peindre en vers des détails de ce genre , en les relevant poui:; ainsi dire par la noblesse de l'expression.
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Déjà VAmbition acquittant ses promesses , . Sur r«tttel mercenaire entasse ses largesses.