‹ L'imagination: poëmeChapitre 8 sur 14 · FIN OU SEPTIÈME CHANT · texte numérisé non relu

FIN OU SEPTIÈME CHANT

DtJ eiîANT SEPTIÈME.

t) pèlOe i37} ybas &.

Lorsque ie Tamyers Taiiûablê enchanteresse >

L^ Imagination , me porta dans la Grèce ,

Je ne m'atteniiais pas qu^un jour mes propres yeux

Verraient ces belles mers, ces beaux cLamps , ces beaux cîeuz.

Je les ai tus I

L t voyage de là Grèce paraît êlte "pùutnùtxe poète une isôiirîjô inépuisable de beaux vers et d'hetireux souveniris. M. Delillo ]ouit auprès de M. deChoiseul-ûotifiier de Tàvatitage ^ si rârd et si précieux pour un poète , de voii^ les ressources de Vùf pulence et du crédit consacrées à fhyoriser Tétude dé Tànti-* qui té ^ les recherches de la scietite et lés plaisirs de Tilnàglhation. Rien n^était plus capable d^enflammet la sienne « Otk doit faire ôbser^i' ici ^e les poètes anciens voyageaient beaucoup 5 il est aisé de s'en apercevoir à l'étendue de leurs connaissances géographiques , à la fidélité dé leui^s descrip'^ lions. Ceux deRoine allaient ordinairement chercher dans la Grèce les traces de leurs modèles, et la navigation de Virgile fournit à Horace le sujet d'une de ses plus belles odes :

Sic i te diya potens Cjpri , j^ic » fratres , Helenae , lucida sidéra , etc.

ta

Vifgîk motu'ut II Brhîdes , en allant perfectionner son Enéide dans les lieux qui avaient inspiré Homère. M. Delille , plus heureux , après avoir visité cette patrie antique des arts ^ en a rapporté dans la sienne une foule de souvenirs poétiques , dont riniérët se mêle souvent à celui de ses ouvrages , et semble ajouter encore au charme de son talent.

*) VLGE lS7, VKM. 6.

Homère m'a guidé dans les champs où fut Troie.

Plusieurs voyageurs modernes , de différentes nations , mais sur*tout les savants et les artistes qui avaient accompagné M^ de Choîseul-Gouffier dans son ambassade , ont etë frappés de Texactitude d^Homère dans ses descriptions de la Troade et des tles de la Grèce. Ils ont reconnu que la plaine de Troie n^& pas changé de face, et que les batailles de YL liade indiquent la position des lieux avec la plus grande pré* Xîision : les promontoires, les fleuves, les valJéos ,'les collines , les tombeaux mêmes des guerriers se sont offerts aux Tcux des observateurs à la place qu'Homère leur assigne; et les recherches les plus attentives ont prouvé que \^ plus grand âes poètes est aussi le plus ingénieux des historiens et le plus fidèle des géographes. Tout le monde a lu l'ouvrage plein de goût et d'érudition ^ que M. Leçhevalier a publié sur ce su- Jet. On nous saura gré de rappeler ici le morceau qui termine sa description du mont Ida , qu'Homère , dit-il , a peint avec tant de vérité, quand il nous montre les mille ruisseaux qui coulent dç sa cîme , et ses noires forets remplies Ao bëtes fauves. C'est peut-^étre un des points du globe d'où Ton aperçoit les plus beaux pays , et ceux qui rappellent les plus inl^'Cv*ssani$ souvenirs»

« O VOUS , am! d^Homère et de la belle nature , venez con- « templer avec moi la scène ravissante qui se découvre à mes » regards ! Le ciel est pur: quelques nuages légers et vapo- » reux n'en interrompent la voiUe azurée que pour lui don- « ner plus d'éclat. Le soleil couchant frappe de ses rayons » dorés tons les sommets qui m'entourent. Si je cesse un ins- )) tant de contempler les plaines du Scamandre , mes yeux se » déposent sur les paisibles demeures de la Tlirace et de la » Mysie. Je vois le Granique et FJEsépus s'échapper à tfa- * » vers les vallons et les plaines , pour aller porter le tribut » de leurs eaux à la Propontide. A quarante lieues de distance, » et dans l'horizon de la mer Egée, je distingue les mon- » tagncs de la Thrace et le sommet de l'Atlios , oh Junon se ■ repose en descendant de r01ym])e. J'aperçois l'île de Lem- » nos , où le Sommeil , frère de la Mort , a fixé son séjour j » et celle de Samothrace, d'où Neptune découvre l'Ida, la » flotte et la ville de Troie. Plus près de moi sont léS tles » d'ImLros et de Ténédos , où ce même dieu laisse son char' » et ses chevaux potir voler au secours des Troyens. Je dé- )) couvre enfin les sommets du Gargara , où croissent encore * » aujourd'hui le crocus et l'hyacinthe , comme à l'instant où » Jupiter, enveloppant Junon d'un nuage d'or, s'endormait * paisiblement dans ses bras (i)« «

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