LIVRE TROISIÈME. CHAPITRE XXI. l'JJ
voudront; pour moi, rien ne me plaît, ni ne me plaira jamais, que vous, ô mon Dieu, mon espérance, mon salut éternel !
Je ne me tairai point, je ne cesserai point de prier jusqu’à ce que votre grâce revienne, et que vous me parliez intérieurement.
6. J .-G. Me voici : je viens à vous, parce que vous m’avez invoqué. Vos larmes et le désir de votre âme, le brisement de votre cœur humilié, m’ont fléchi et ramené à vous.
7. Le F. Et j’ai dit : Seigneur, je vous ai appelé, et j’ai désiré jouir de vous, prêt à rejeter pour vous tout le reste.
Et c’est vous qui m’avez excité le premier à vous chercher.
Soyez donc béni, Seigneur, d'avoir usé de cette bonté envers votre serviteur, selon votre infinie miséricorde.
Que peut-il vous dire encore? et que lui reste-t-il qu’à s’humilier profondément en votre présence, plein du souvenir de son néant et de son iniquité?
Car il n’est rien de semblable à vous dans tout ce que le ciel et la terre renferment de plus merveilleux.
Vos oeuvres sont parfaites, vos jugements véritables, et l’univers est régi par votre providence ' .
Louange donc et gloire à vous, ô Sagesse du Père! Que mon âme, que ma bouche, que toutes les créatures ensemble vous louent et vous bénissent à jamais!
RÉFLEXION
A mesure que l’âme fidèle se dégage de la terre et d’elle-même, toutes ses pensées, tous ses désirs s’élèvent et viennent se confondre en celui qu’elle aime uniquement. Alors elle gémit des liens qui l’appesantissent et la retiennent encore ici-bas. Pressée d’un amour qui croît sans cesse, elle voudrait briser son enveloppe mortelle, et s’élancer dans le sein de l’Être infini auquel elle aspire , et s’y plonger, et s’y perdre éternellement. Qui me donnera des ailes comme à la colombe , et je volerai et je me reposerai* ! Nul repos en effet pour elle, jusqu’à ce qu’elle soit pleinement unie à l’objet de ses ardeurs, jusqu’à ce qu’elle puisse dire dans les transports, dans