LIV. III. CHAP. LV
nous sommes ici-bas comme flottant entre le bien et le mal, entre Dieu et le monde, poussés vers l'un par la nature, attirés vers l'autre par la grâce, qui n'aûandonne jamais entièrement les plus grands pécheurs, de même que la concupiscence ne cesse jamais de solliciter les plus justes. Que deviendra notre pauvre âme en proie à cette guerre terrible? Combien doit-elle trembler sur les suites d'un tel combat? Et c'est pourquoi , dit saint Paul, toute créature gémit, et esi comme dans le travail de l’enfantement : et nous aussi qui avons reçu les prémices de l’Esprit , nous gémissons en nous-méme , attendant l’adoption des enfants de Dieu, et la délivrance de notre corps *. Heureux jour! et quand viendra-t-il? Quand goûterons-nous la délicieuse paix d’un amour immuable? J ’ ai désiré la dissolution de ma chair, afin d’être avec Jésus-Christ 2 . Mon âme a soif du Dieu fort, du Dieu vivant. Quand viendrai-je et paraltrai-je devant la face de mon Dieu 3 ?