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CALLI GRAPHES DE LA GRECE. — DIVISIONS ETABLIES PARMI EUX EN RAISON DE LEURS TRAVAUX. — 1 L L UMI N ATE U RS DU BAS-EMPIRE. — ILS FORMENT DIVERSES ECOLES EN EUROPE.
L Ce forma à Byzance, dès l’époque de Théodofe-le-Grand, une claffe intelligente de calligraphes illuminateurs , foumife à de férieufes études, 8c deftinée non-feulement à multiplier les livres d’une manière correcte, mais à les orner. De favants évêques, des miniflres, quelquefois les chefs de l’état, ne dédaignèrent pas de partager leurs travaux.
Durant cette première période, nulle divifion bien pofitive, nulle différence abfolue, n’exifle entre celui qui tranfcritle livre fcientifique ou le livre faint <3c celui qui l’orne d’images. Le degré d’habileté dont on fait preuve, constitue feul la différence que l’opinion établit dans une claffe plus nombreufe qu’on ne le croit d’ordinaire. Le fcribe habile 8c le miniaturise font défignés fous le nom de calligraphes, 8c ils confondent leurs attributions, qui plus tard feront bien diftinctes. Durant les fiècles fuivants, 8c furtout pendant le moyen-âge, ils prendront, en occident, tour à tour les titres dd'l/uminateurs , dC exemplateurs , de rubricateurs , de peintres de plate peinture , dC enlumineurs 8c plus tard de miniaturises; mais à l’égard de ce qui fe paffa dans l’école byzantine, 8c pour éviter toute confufion, nous rapprocherons deux paffages de Séroux d’Agincourt, qui, pour la Grèce, nous paraiffent établir d’une manière
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parfaitement nette les attributions de ces divers artifles & les divifions qui fe formèrent ultérieurement entre eux dans leurs diverfes affociations.
PRES avoir reconnu avec Montfaucon, que l’on donna d’abord aux artifles qui faifaient profeffion d’écrire les manufcrits le nom de Fp x^uxtsvs, qui fignifie écrivain, enfuite celui de Ktxk'kiypxfyôs , qui écrit bien ou qui écrit élégamment, après avoir admis avec lui que le mot T pacpeue fignifie auffi peintre, & en avoir conclu que les premiers calligraphes s’occupaient à la fois de la tranfcription des livres & de leur ornementation, il affirme que vers le ixe & le Xe fiècle, ces fcribes habiles formaient quatre grandes claffes :
« i° C’étaient de fimples écrivains, lorfque leur talent fe bornait à tracer en caractères bien lifibles ou à écrire correctement, foit en copiant, foit fous la dictée ;
« 2° Quand ils favaient orner leur écriture avec de grandes lettres de formes élégantes & recherchées, puis coloriées & rehauffées d’or & d’argent, ils prenaient le titre de calligraphes ou même de chryfographes ;
« 3° Lorfque à ces talents, qui les rapprochaient déjà de celui du peintre, ils joignaient celui de deffiner, de colorier même, finon des fujets hifloriques, du moins quelques figures, le plus fouventd’oifeaux, d’animaux ou d’arabefques , leur falaire fuivait l’importance de leur travail & était beaucoup plus confidérable 5
« 40 Enfin, quand peintres & écrivains tout à la fois, ils réuniffaient à une belle écriture des inventions, des compofitions pittorefques, ils étaient rangés dans la première claffe des calligraphes; cependant, dans cette partie de la calligraphie, ils avaient toujours au-deffus d’eux certains peintres de profeffion qui parfois étaient employés à exécuter des tableaux relatifs au texte. »
Au ve fiècle, un concile avait ordonné l’étude de la calligraphie aux moines, &, par cela feul, il avait imprimé aux diverfes branches de cet art une dignité vraiment religieufe. Après le x 1 1 Ie fiècle, il n’en fut pas
des zManufcrits. i j
ainfi : les prelcriptions furent mifes en oublia & c’eft bien à partir de cette époque qu’on voit le fcribe fe féparer de l’illuminateur ; c’efl alors qu’on remarque dans les manufcrits des blancs nombreux réfervés au peintre. On ne doit donc confondre fous le titre de calligraphes, que les fcribes illuminateurs de la première période. ( Voyez VHiJloire de Il an par les éMonumems . )
A cette époque mémorable où la foi nouvelle entreprend de parler fans relâche au néophyte chancelant, durant les fiècles où les évêques fentent qu’il faut avant tout formuler le dogme, au temps en un mot où les livres religieux manquent même aux befoins du culte, un empereur d’Orient fe fait honneur du titre de calligraphe: on voit, au début du ve liècle, Théodofe-le-Jeune fe vouer par moments à la peinture des manufcrits.
t r on ne l’a pas affez remarqué, c’efl alors que les plus grands noms s’affocient à l’art qui reçoit de fi hauts encouragements, c’efl alors que l’on voit les hommes les plus éminents chercher dans l’art charmant du calligraphe une fûre diflraction aux maux terribles qui fuiventfinvalion des Barbares. En ce temps, les diffenfions fanglantes qui fe renouvellent dans Rome ou dans Byzance , jettent au fond d’un cloître ceux qui s’étaient aflîs près du trône. Les révolutions font plus encore, elles précipitent dans la misère celui-là même qui s’efl vu à la tête de letat. Vers 7 17, Théodofe l’Adramitain, devenu prêtre à Ephèfe, trouvait quelque confolation à fes malheurs dans l’exercice de la calligraphie. Bède avait encore vu quelque» peintures de Caffiodore, dont il ne parle pas fans admiration, & Boëce, ce philofophe illudre, dont la doctrine domine tout le moyen-âge, Boëce peignait, dit-on, des manufcrits dont on nous vante la beauté.
On peut encore faire remonter à cette période de l’art byzantin plufieurs miniatures exécutées en dehors de la calligraphie religieufe. Séroux d’Agincourt nous donne la reproduction imparfaite de quelques
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peintures, dans lefquelles l’artifte s’eft exercé fur un fujet profane : elles remontent au vie fiècle 5 elles proviennent d’un débris de l’Iliade, copié vers cette époque, & ces précieux veftiges de 1 art grec abâtardi, ont été reproduits par la gravure en 1819? grâce aux foins du fameux Angelo Mai.
Durant la même époque, une princeffe admirée à Byzance exécute les planches d’un Diofcoride venu jufqu à nous. Cette grande dame, naturalise & peintre à la fois, s’appelait J ulienne, & était l’arrière-petitefille d’un empereur qui s’honorait du titre de calligraphe : nous avons déjà nommé Theodofe-le-Jeune. (Voyez XHiJloire de Tan par les é Monumems , t. 11, p. 42, peint, pl. 26.)
Le peintre calligraphe le plus renommé en Orient à cette époque, ne vivait pas en Grèce, mais peut-être y avait étudié. C’était un pieux cénobite retiré au monaSère de St-Jean en Méfopotamie ; il s appelait Rabula, & exécuta, vers l’année y 86, une férié de miniatures puifées dans l’Ecriture fainte, & qui font, dit-on, empreintes d’un caractère charmant.
Ces livres, & bien d’autres dont nous pourrions multiplier les titres, devinrent, fans doute, une fource d’étude, mais les œuvres de calligraphie que l’on exécuta à leur imitation, furent bientôt livrées aux flammes lorfqu’on ne les lacéra point impitoyablement.
des éManufcrits.