‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 5 sur 139 · V AVIS PRELIMINAIRE DE L’ÉDITE U · texte numérisé non relu

V AVIS PRELIMINAIRE DE L’ÉDITE U

au nom de Jean Roger. Ce texte contient beaucoup de fautes, et des plus grossières.

M. Barbier signale une édition donnée par Sébastien Cramoisy, en 1630, in-12, de 596 pages sans figures.

Malgré de longues recherches, dans les bibliothèques Impériale, du Louvre, de Sainte -Geneviève, de l’Arsenal, Mazarine, de l’Hôtel de Ville, et du Séminaire de Saint-Sulpice, après avoir fouillé tous les magasins de librairie ancienne, il a été impossible de retrouver cette édition , que les plus intrépides chercheurs n’ont jamais pu rencontrer; cela s’expliquerait assez facilement par la disgrâce où le chancelier est tombé en 1630. Persécuté dans ses opinions politiques , les rigueurs ont dû s’étendre même sur ses travaux religieux, et celte édition aura été prohibée ou détruite.

Puis vient l’édition de Calleville (Claude) de 1631, in-8°, avec 4 figures.

Nous avons vu et collationné avec attention celte édition pour laquelle on paraît avoir suivi l’édition de 1621, préférablement à celle annoncée comme publiée en 1630.

Claude Calleville était un imprimeur peu soigneux; indépendamment de l’orthographe assez indécise du temps, compliquée d’ailleurs de celle que la mode pouvait imposer, il en introduisait une nouvelle de pure fanlaisie , qui lui faisait écrire, page 6, 2e ligne : « Ceux qui souvent desirë volontiers, etc. » ; et aussi : « Il y a beaucoup de chose. » Les fautes de cette nature pullulent dans cette édition, qui semble avoir été faite avec une excessive négligence.

Mais en 1634 paraît une édition publiée par Guillaume Loyson, dont nous devons la communication à l’excessive obligeance de M. l’abbé Delaunay, curé de Clichy-la-Garenne, qui a formé avec une infatigable patience et le goût éclairé d’un érudit bibliophile, la plus magnifique collection d’éditions anciennes du texte et des traductions de F Imitation.

AVIS PRÉLIMINAIRE DE L’ÉDITEUR. v

Cette édition, très -soignée quant au caractère et au papier, joint au mérite des conditions matérielles l'avantage d’être exempte des fautes impardonnables de Calleville, et des erreurs de l’édition de 1621. Elle a été faite évidemment et collationnée avec soin sur une édition postérieure à celle de 1621.

C’était donc à ce texte que nous allions nous arrêter sans tenir aucun compte de l’édition trop vantée de Pierre Moreau, 1643, qui n’a d’autre mérite, si cela en est un, que d’être imprimée en caractères imitant l’écriture bâtarde et dans laquelle les fautes sont nombreuses et de toute sorte ; mais alors ont surgi de nouveaux embarras; fallait-il reproduire le texte dans son état sans aucune modification; fallait-il , en conservant les mots, les revêtir de l’orthographe actuelle; fallait- il enfin faire quelques changements , tels que la restitution des u au lieu de v au commencement des mots, et des v au lieu d ’m dans le courant des mots, l’accord du participe passé avec son régime, l’accentuation, la ponctuation rectifiées.

Le dernier de ces partis, en ouvrant la porte aux modifications, leur laissait libre un champ qu’il était difficile de limiter.

Le second, tout en conservant le sens et les mots, changeait tellement la physionomie du traducteur qu’il n’eût pas été facile de le reconnaître sous les traits nouveaux qu’on lui prêtait.

Nous avons préféré, avec l’appui de conseils d’une autorité considérable, respecter scrupuleusement le texte de Marillac, conservant l’orthographe, la ponctuation et l’accentuation anciennes, et poussant le soin jusqu’à faire graver les f, les ft, d, &, afin que l’édition primitive ne fût pas altérée.

Tel était notre plan, telles aussi les raisons de l’adopter, quand une bonne fortune à laquelle nous ne pouvions nous attendre est venue récompenser la patience de nos recherches.

M. l’abbé Delaunay a bien voulu nous communiquer une précieuse découverte qu’il venait de faire : c’est une édition publiée à Paris chez Nicolas Casse en 1626, sous ce titre : iv livres de

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