Hélas! qu'ils ont peu d'amour, peu de
L'Ni^-^
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piété, ceux qui se privent si aisément de la sainte communion !
Qu'il est heureux et agréable à Dieu , celui qui vit de telle sorte et qui conserve sa conscience si pure, qu'il serait prêt et qu'il aimerait à communier tous les jours, s'il lui était permis, et s'il le pouvait sans singularité !
Si quelqu'un s'en abstient quelquefois par humilité , ou par une cause légitime, on doit louer son respect.
Mais si la tiédeur s'y glisse , il doit se ranimer, et faire ce qui est en lui ; et le Seigneur secondera son désir en faveur de la bonne volonté qu'il considère principalement.
6. Celui qui a un empêchement légitime devra toujours conserver l'intention et le saint désir de communier; et ainsi il ne sera pas privé du fruit du sacrement.
Tout homme pieux peut , tous les jours et à toute heure, communier spiiituellement avec fruit et sans obstacle.
11 doit néanmoins, à certains jours et au temps fixé, recevoir sacramcntellement le corps de son Rédempteur avec un tendre respect, et rechercher en cela plutôt la gloire de Dieu que sa propre consolation.
Car il communie spirituellement et se nourrit invisiblement toutes les fois qu'il repasse affectueusement dans son esprit le mystère de l'In-
DE JÉSUS-CHRIST. Aiô
caination et de la Passion de Jésus-Christ , et qu'il s'enflamme de son amour
Heureux celui qui s'offre au Seigneur en holocauste , toutes les fois qu'il célèbre le sacrifice ou qu'il communie !
Ne soyez dans la célébration ni trop lent ni trop prompt; mais conformez-vous à l'usage ordinaire et régulier de ceux avec qui vous vivez.
V^ous ne devez causer aux autres ni peine ni ennui, mais suivre l'ordre commun établi par vos pères , et consulter plutôt rulilité des au- P^/ -^ très que votre propre dévotion ou affection. ^x^'^ij^
RÉFLEXION
quoi ! vous pouvez communier; et vous vous en abstenez ! C'est que vous n'avez pour l'Eucharistie que de l'indifférence. Considérez cet autel, c'est la table du Roi des rois ; il s'y rend en personne, escorté des légions de ses anges : et vous êtes là sans y prendre nul intérêt. Vous êtes dans la salle du banquet , vous avez la robe nuptiale ; qui vous empêclie d'aller vous asseoir à table? Si vous ne l'avez pas, que venez-vous faire dans la
4^ i IMITATION
salle? Le roi du festin des noces, dans l'Évangile, ne dit pas : Mon ami, pourquoi êtes-vous allé vous asseoir à ma table ; mais. Comment êtes-vous entré dans ce lieu sans avoir la robe nuptiale? Si vous ne méritiez pas de prendre place au banquet , vous ne méritiez pas davantage de pénétrer dans l'Eglise, ni de participer a ses prières. On en chasse ceux qui se sont rendus coupables de quelque crime. Les catéchumènes eux-mêmes en sont exclus au moment où les voiles s'abaissant pour dérober aux rejjards des profanes nos sacrés mystères, avertissent que le ciel va s'ouvrir pour en faire descendre l'auguste victime , que les ministres se sont écriés Prions tous ensemble le Seigneur !
Qb'E LE CORPS DE J.-C. ET L EC.niTl'RE SAINTE SO>T TRES INÉCESSAIRES A LAÎ'.E FIDÈLE.
très doux Seigneur Jésus ! com- (^ bien est grande la douceur de l'ame pieuse admise à votre table, où on ne lui présente d'au- ^j>^ tre aliment que vous-même , son n' unique Bien- Aimé , le plus cher objet de tous les désirs de son cœur !
Qu'il me serait doux de répandre en votre présence les pleurs d'un ardent amour , et d'arroser vos pieds de mes larmes , comme la pieuse Madeleine !
Mais où est cette tendre piété ? où est cette \f^ abondante effusion de larmes saintes ? H v^4 Certes , en votre présence et celle de vos WM'i2r^ saints anges , tout mon cœur devrait s'embra- ^xf / ser, et pleurer de joie.
Car vous m'êtes véritablement présent dans 'i(fl^NJ I ce sacrement , quoique caché sous des apparen- ^ll^ ces étrangères.
iriJA 2. Mes yeux ne pourraient supporter de Wl^'/ ^^"^ ^^"^ ^^^^ voire propre et divine lumière ; ku^. et le monde entier s'évanouirait devant la splendeur de la gloire de votre majesté.
C'est donc pour ménager ma faiblesse , que vous vous cachez dans le sacrement.
Te possède réellement et j'adore celui que les anges adorent dans le ciel ; mais je ne le vois encore que par la foi , tandis qu'ils le voient tel qu'il est, et sans voile !
Il faut que je me contente du flambeau de la vraie foi, et que je marche à sa lumière, jusqu'à ce que le jour de l'élernelle clarté se lève, et que les ombres des figures déclinent. ( Gant. 11,17.)
Mais lorsque ce qui est parfait sera venu (I. Cor., 13, 10), l'usage des sacremens cessera, parce que les bienheureux dans la gloire céleste n'ont plus besoin de ce remède.
Car ils se réjouissent sans fin dans la présence de Dieu, contemplant sa gloire face à face ; et, transformés de clarté en clarté dans l'abîme de sa divinité, ils goûtent le Verbe de Dieu fait chair, tel qu'il a été dès le commencement et tel qu'il sera dans l'éternité.
5. Au souvenir de ces merveilles , tout m'est un pesant ennui, même les consolations spiriluelles ; car tandis que je ne verrai point clairement mon Dieu dans sa gloire, je compte pour rien tout ce que je vois et tout ce que j'entends en ce monde.
Vous m'êtes témoin. Seigneur, que je ne trouve nulle part de consolation , de repos en nulle créature; je ne puis en trouver qu'en vous
seul , mon Dieu, que je désire contempler éternellement.
Mais cela ne peut être tant que je vivrai dans ce corps mortel.
11 faut donc me résoudre à une grande patience, et me soumettre à vous dans tous mes désirs.
Car vos Saints mêmes, Seigneur, qui se réjouissent maintenant avec vous dans le royaume des cieux , ont, pendant qu'ils vivaient, attendu avec l\)i et une grande patience l'avènement de votre gloire. Je crois ce qu'ils ont cru ; ce qu'ils ont espéré, je l'espère ; j'ai la conliance de parvenir, par votre grâce, là oii ils sont parvenus.
Jusque-là , je marcherai dans la foi, fortifié par les exemples des Saints.
J'aurai aussi les livres sacrés pour être ma consolation et le miroir de ma vie ; et par-dessus tout, votre corps sacré pour remède souveçl^ rain et pour refuge.
4. Car je sens que deux choses me sont ici-bas souverainement nécessaires, et que sans elles, je ne saurais porter le poids de cette misérable vie.
Enfermé dans la prison de ce corps , j'avoue que j'ai besoin de deux choses : de nourriture et de lumière.
Aussi vous m'avez donné, à moi infirme, votre chair sacrée pour être la nourriture de mon ame et de mon corps, et votre parole pour
-ÎJS IMITATION
luire comme une lampe devant mes pas. (Ps. i 18,
Sans CCS deux choses, je ne pourrais bien vivre ; car la parole de Dieu est la lumière de l'ame, et voire sacrement le pain de vie.
On peut encore les regarder comme deux tables placées à droite et à gauche dans le trésor de votre sainte Église.
Uune est la table de l'autel sacré, sur lequel repose un pain sanctifié , c'est-à-dire le corps précieux de Jésus-Christ.
L'autre est la table de la loi divine , qui contient la doctrine sainte, qui enseigne la vraie foi, et qui nous conduit avec sûreté jusqu'à l'intérieur du voile où est le Saint des Saints.
Je vous rends grâces , Seigneur Jésus , lumière de l'éiernelle lumière, de nous avoir donné , par le ministère de vos serviteurs les prophètes, les apôtres et autres docteurs, cette table de la doctrine sainte.
5. Je vous rends grâces , ô Créateur et Rédempteur des hommes , de ce qu'aûn de manifester votre amour au monde entier, vous avez préparé un grand festin , oii vous nous donnez à manger non l'agneau figuratif, mais votre très saint corps et votre sang , comblant de joie tous les fidèles dans ce banquet sacré , et les enivrant du calice du salut, où sont toutes les (/ délices du paradis, et que partagent avec nous
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les saints anges , mais a\ec plus de suavité cl de l)onheur.
6. Oh! qu'il est grand et honorable le ministère des prêtres, auxquels il est donné de consacrer le Dieu de majesté par des paroles saintes , de le bénir de leurs lèvres, de le tenir entre leurs mains, de le recevoir dans leur bouche, et de le distribuer aux autres!
Oh ! combien doivent être innocentes ces mains, combien pure la bouche, combien chaste le corps, combien immaculé le cœur du prêtre dans lequel entre si souvent l'Auteur de pureté !
II ne doit sortir rien que de saint , rien que d'honnête, rien que d'utile, de la bouche du prêtre qui participe si fiéquemment au sacrement de Jésus-Christ.
7. Qu'ils soient simples et chastes les yeux qui contemplent habituellement le corps de Jésus-Christ : qu'elles soient pures et élevées au ciel les mains qui ont coutume de toucher le Créateur du ciel et de la terre.
C'est aux prêtres surtout qu'il est dit daus la loi : Soyez saints , parce que je suis Saint, moi le Seigneur votre Dieu. (Lév. , 19, 2).
8. Que votre grâce nous aide , ô Dieu toutpuissant, nous qui avons été promus à l'office s;icerdotal, afin que nous puissions vous servii' dignement et avec ferveur dans toute la pureté d'une bonne conscience.
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l'^^tisO
Et si nous ne pouvons vivre dans une innocence aussi parfaite que nous le devrions , accordez-nous du moins de pleurer sincèrement nos fautes , afin de vous servir désormais avec plus de ferveur, dans un esprit d'humilité et avec une volonté ferme.
RÉFLEXION
• u'oN est riche quand on porte son trésor au fond de son cœur, et qu'on n'en veut plus d'autre ! Qu'on est heureux dans les croix , lorsqu'on a toujours avec soi son consolateur! Qu'on est puissant et invincible , malgré ses sensibilités et ses faiblesses, lorsqu'on possède Jésus-Christ au-dedans de soil C'est vous, ô mon Dieu, ô mon amour! c'est vous que je reçois dans le sacrement ; c'est vous qui nourrissez mon ame de votre chair, qui donne la vie au monde, et de votre substance divine , qui est l'éternelle vérité. C'est vous que je tiens , que je goûte, que je possède , que je garde reposant dans ma poitrine , comme votre disciple bien-aimé reposait sur la vôtre. Je vous ai; n'aije pas tout? Que me faut-il encore? que me peutil manquer? 0 Dieu d'amour, vous rassasiez en moi tout désir ! Je suis plein, et mon cœur ne peut plus s'ouvrir à aucun autre bien , puisqu'il a le bieninflni. Quecraindrai jeavec celui quim'aime.
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DE JÉSLIS-CIIRIST. ^^2!
et qui peut tout? Que ne souffriiai-je poinî pour l'amour de celui qui , après avoir souffert la mort pour moi, vient encore souffrir dans mon cœur, '^|^\^ et de si près, toutes mes misères? Hélas! qui me ^ " donnera une bouche pour louer, et un cœur pour ^^ sentir ses miséricordes? 0 sacrement, où l'amour ^(' se cache pour être cherché plus purement ! ô se- ^^ cret merveilleux de l'amour de mon Dieu ! mon J cœur tombe en défaillance en approchant devons. '| Qn'ai-je fait pour vous mériter? Pain des anges , vous vous donnez aux plus grands pécheurs, et vous ne dédaignez point d'entrer dans les conscien- ' ces les plus souillées.
FENELOIV.
ou OIV DOIT SE PliEl'AIIER AVEC IN GR\ND SOIN i LA Sil.^TK COMV.LIMION.
E suisl'ami de la pureté, ei toute sainteté vient de moi.
Je cherche un cœur pur, et là est le lieu de mon repos.
Préparez-moi un grand cénacle bien orné, et je célébrerai chez vous la pâque avec mes disciples.
Si vous voulez que je vienne à vous , et que je demeure en vous, purifiez-voiis du vieux levain (I. Cor., o, 7), et nettoyez la maison de votre cœur.
Bannissez-en tout ce qui est du siècle, et tout le tumulte des vices : tenez-vous comme le passereau solilaire sur le foiî (Ps. 401,6) ; et dans l'amertume de votre ame, pensez à vos excès. Car tout ami prépare à l'ami qui lui est cher le lieu le meilleur et le plus beau , |)arce qu'on connaît ainsi l'affection de celui qui reçoit son Bien- Aimé.
2. Sachez cependant que vous ne pouvez pas vous préparer dignement par le mérite de vos actions , quand vous y emploieriez une année entière et que vous n'auriez d'autre pensée dans l'esprit.
Mais c'est par ma (][raco et ma seule bonté '|^ qu'il vous est permis d'approcher de ma table, comme un mendiant invité au festin du riche, et ^! qui n'a, pour reconnaître ses bienfaits, que %^^ d'humbles actions de grâces.
Faites donc ce qui est en vous, et faites-le avec soin ; recevez , non par coutume , non par nécessité , mais avec crainte, avec respect, avec amour, le corps du Bien-Aimé , le Seigneur votre Dieu , qui daigne venir à vous.
C'est moi qui vous ai appelé , qui vous ai conmiandé de venir , qui suppléerai à ce qui vous manque : venez et recevez-moi.
3. Lorsque je vous accorde la grâce de la dévotion , remerciez-en votre Dieu , non parce que vous en êtes digne, mais parce que j'ai eu pitié de vous.
Si vous n'avez point cette grâce , mais si vous vous sentez plus aride, priez avec instance, gémissez, et ne cessez de frapper à la porte, jusqu'à ce que vous méritiez une miette ou une goutte de cette grâce salutaire.
Vous avez besoin de moi , et je n'ai pas besoin de vous.
Vous ne venez pas à moi pour me sanctifier; mais c'est moi qui viens à vous pour vous rendre meilleur et plus saint.
Vous venezpour que je vous sanctifie, et pour vous unir à moi , pour recevoir une grâce nou-
^-Wrln"^^'
Yclle, et vous enflammer d'un nouveau zèle pour votre amendement.
Ne négligez point cette grâce , préparez sans cesse votre cœur avec tout le soin possible , et introduisez en vous votre Bien-Aimé.
4. Mais il ne faut pas seulement vous exciter à la ferveur avant la communion, il faut encore vous y conserver avec soin après avoir reçu le sacrement : la vigilance qui la doit suivre n'est pas moins nécessaire que la préparation qui la précède ; car cette vigilance est elle-même la meilleure ])réparation pour obtenir une grâce plus grande.
Rien au contraire n'indispose plus l'ame que de se livrer aussitôt après avec trop d'effusion aux consolations extérieures.
Parlez peu , demeurez dans la retraite , et jouissez de votre Dieu ; car vous possédez celui que le monde entier ne peut vous ravir.
Je suis celui à qui vous devez vous donner tout entier; de sorte que, dégagé de toute inquiétude, vous ne viviez plus en vous, mais en moi.
1ÉFLEX10N.
'niucHARisTiE est une manne cachée : elle
est la viande dos forts , un gage sensible et porma-
') ncnt de l'amour de Jésus Christ, la continuation
'\t et raccomplisscment de son sacriflce. Or, cette
DE JÉSUS-CHIUST. 425
maune cachée, il faut savoir la discorner des viandes communes, de peur de s'y méprendre . Ne faisant pas le discernement du corps du Seigneur; première disposition. C'est la viande des forts ; on doit donc s'éprouver avant que d'oser s'en nourrir : Que l'homme s'éprouve soi-niimc; seconde disposition. Le gage de l'amour de Jésus-Christ; on ne peut donc le recevoir qu'en mémoire de lui, c'est-à-dire, 'en sentant réveillera sa présence tout ce que le souvenir d'un objet cher a de plus délicieux et de plus tendre : Faites ceci en mémoire de moi; troisième disposition. C'est l'accomplissement de son sacriDce; il est donc juste d'annoncer sa mort toutes les fois qu'on y participe, et d'y porter un esprit de croix et de martyre : Toutes les fois que vous mangerez ce pam et que vous boirez ce calice, vous annoncerez lamort du Seig7ieur jusqu'à ce qu'il vienne ; quatrième disposition. Une foi respectueuse, qui nous fasse discerner ; une foi prudente , qui nous fasse éprouver ; une foi ardente , qui nous fasse aimer; une foi généreuse, qui nous fasse immoler : c'est le précis de la doctrine de l'Apôtre, en nous racontant l'institution de l'Eucharistie, et de celle de tous les saints , sur 1 usage de ce sacrement adorable.