W^^SS
ui me donnera , Seijfneur , de
vous trouver seul , et de vous
ouvrir tout mon cœur, et de
jouir de vous comme mon ame
ledësire; de sorte que personne
ne me méprise, qu'aucune créature ne me touche
ni n'arrête sur moi les yeux ; mais que vous me
parliez seul, et moi à vous, comme un bien-
aimé a coutume de parler à son bien-aimë ; et
•S/fjfjiXr "" ''^"^'' ^^^ s'entretenir dans un banquet avec
yj/rm^'' son anîi ?
Ce que je demande , ce que je désire, c'est d'être uni tout entier à vous, de détacher mon cœur de toutes les choses créées, et d'apprendre par la sainte communion et la fréquenle ^fl^fy célébration des divins mystères, à {jouter de /L^^ plus en plus les choses du ciel et de l'éternité. I^J^sa^/lM'|v^\^^^ Ah ! Seigneur mon Dieu, quand , m'oul)!iant r/^^CT x"=%Yk^'iA tout-à-fait moi-même, serai-je parfailemcnt J uni à vous , et absorbé en vous ?
Vous en moi , et moi en vous ! Faites (|ue nous demeurions unis ainsi ;'i jamais.
UE JÉSUS-CHUIST. A'^ i
2. Vous êtes vraiment mon Lien- Aimé ciioisi entre mille (Cant. 5, 10), en qui mon ame se complaît et veut habiter tous les jours de sa vie.
Vous êtes vraiment celui qui pacifie l'amc ; en vous est la paix souveraine et le véritable repos ; hors de vous , il n'y a que travail , douleur, misère infinie.
Vous cles vraiment un Dieu caché ( Is, 45, 15 ) ; vous n'avez point de commerce avec les impics; mais vous aimez à converser avec les humbles et les simples.
Oli! que votre esprilcst doxix, Seicjnenr, vous (fui^ pour montrer à vos enfans toute votre tendresse, daignez les rassasier d'un pnin délicieux (juidescenddu cit'/.' (Office du saint Sacrement. )
Certes, il n'est point de nation, quelque cjrande quelle soit, qui ait des dieux aussi proches d'elle ( Deul. 4, 7 ) , comme vous , mon Dieu , vous vous rendez présent à tous vos fidèles , vous donnant à eux. chaque jour en nourriture et en |)arta{}e, afin de les consoler et d'élever leur cœur vers le ciel.
5. Quel autre peuple, en effet, estaussi illustre (jue le peuple chrétien?
Ou quelle est sous le ciel la créature aussi chérie que l'ame fervente en qui Dieu daigne entrer, pour la nourrir de sa chair {glorieuse?
0 faveur ineffable ! ô condescendance mer-
,'^j:y^:i\yi)W
.ir..
veilleuse ! ô amour immense, qui n'a été montré qu'à l'homme!
Mais que rendrai-je au Seigneur pour celle grâce , pour une charité si grande ?
Je ne puis rien offrira mon Dieu, qui lui soit plus agréable , que de lui donner mon cœur sans réserve , et de m'unir intimement à lui.
Alors mes entrailles tressailleront de joie , lorsque mon ame sera parfaitement unie à Dieu.
Alors il me dira : Si vous voulez être avec moi , je veux être avec vous. Et je lui répondrai : Daignez, Seigneur, demeurer avec moi, je désire ardemment d'être avec vous ; tout mon désir est que mon cœur vous soit uni.
>G m'abandonne a vous, ô mon Dieu ! à votre unité, pour CMre fait un avec vous ; a votre infinité et h votre immensité ineomprébensible, pour m'y perdre et m'y oublier moi-même ; a votre sagesse iuQnie , pour être gouverné selon vos desseins, et non pas selon mes pensées ; à vos décrets éternels, connus et inconnus, pour m'y conformer, parce qu'ils sont tous également justes ; h votre éternité, pour en faire mon bonheur; à votre toute-puissance, pour être toujours sous
fe^
DE JÉSUS-CIIUIST. 42y
votre main; a votre bonté paternelle, alin que, dans le temps que vons m'avez marqué , vous receviez mon esprit entre vosbras; a votre justice, eu tant qu'elle justifie l'impie et le pécheur, alin que d'impie et de pécheur vous le fassiez devenir juste et saint. Il n'y a qu'à cette justice qui punit les crimes, que je ne veux pasm'abandonner;car ce serait m'abandonner à la damnation que je mérite : et néanmoins. Seigneur, elle est sainte cette justice, comme tous vos autres attributs; elle est sainte , et ne doit pas être privée de son sacrifice. Il faut donc aussi m'y abandonner. Et voici que Jésus-Christ se présente; afin que je m'y abandonne , en lui et par lui.
BOSSl'ET.