‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 47 sur 111 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

gUIL FAUT Si.XKUCEU A L\ PVTltiNCE, ET LLTTiilt CO^TUK SES PASSIONS.

^^A«g^^.^ EiGNEUR mon Dieu , la palionce,

0êf^i, ^ je le vois, m'est exlrêmcment nc- , A/^^/^ cessaire ; car il arrive en celle vie ^^^-' I bien des contrariétés.

^^^mT % En effet, quelques mesuresque je prenne pour avoir la paix , ma vie ne peut être sans guerre et sans douleur.

2. Il en est ainsi, mon fils; mais je ne veux pas que vous cherchiez une paix telle, que vous n'ayez ni tentations à vaincre, ni contrariétés à soul'lrir; pensez plulôt avoir trouvé la paix, alors que vous aurez été exercé par diverses tribulations , et éprouvé par beaucoup de traverses.

Si vous dites que vous ne pouvez supporter beaucoup de peine, comment supporierez-vous le feu du piir,n;atoire?

De deux maux , il faut toujours choisir le moindre.

Afin donc de'pouvoir éviter les supplices éternels , efforcez-vous d'endurer pour Dieu , avec patience , les maux présens.

5. Pensez-vous que les hommes du siècle n'aient rien ou presque rien à souffrir? C'est ce

que vous ne trouverez pas, même en ceux qui vivent au milieu des délices.

Mais ils ont, diles-vous, des plaisirs en abondance, ils suivent leur propre volonlé ; et ainsi ils sentent peu le poids de leurs tribulations.

4. Soit , je veux qu'ils aient tout ce qu'ils désirent : mais combien pensez-vous que cela durera ?

Voilà que les riches du siècle s'évanouiront comme la fumée, et il ne leur restera aucun souvenir de leurs joies passées.

Et encore, pendant leur vie, ce n'est point ^^ sans amertume, sans ennui et sans crainte qu'ils s'y reposent.

Car souvent, là même où ils se promettaient la joie, ils rencontrent le châtiment et la douleur.

Il est juste que, chcrcliantet poursuivant des plaisirs dans le désordre, ils ne puissent s'y livrer sans amertume et sans confusion.

Oh! que tous ces plaisirs sont courts! qu'ils sont faux ! qu'ils sont déré[}lés et honteux !

Et néanmoins, dans leur ivresseetleur aveuglement, ces malheureux ne le compienncnl point ; mais, seml^lables à des animaux sans raison, ils exposent leur ame à la mort pour quelques léjjères jouissances d'une vie corruptible.

Pour vous, mon (ils, ne suivez pan vos convoitises, ci renoncez à voire volonlé. (Eccl., 18,

DE JESUS-CHKIST.

50.) Mêliez vos délices dans le Seigneur, et il vous aecordcra ce que votre cœur demande. (Ps. 3G,4.)

5. En elTet, si vous voulez posséder une joie véritable , et recevoir de moi des consolations abondantes , votre bénédiclion sera dans le mépris de toutes les choses du monde et dans le reirancliement de toutes les joies d'ici-bas , et je verserai alors sur vous la plénitude de mes consolations.

Et plus vous vous retirerez de toutes les consolations des créatures, plus celles que vous trouverez en moi seront douces et puissantes.

Mais vous ne les {goûterez point sansavoir auparavant ressenti quelque tristesse, sans avoir travaillé, combattu.

Une habitude invétérée vous arrêtera ; mais vous la vaincrez par une meilleure.

La chair murmurera ; mais elle trouvera un frein dans la ferveur de l'esprit.

L'antif[ue serpent vous provoquera et vous irritera; mais vous le mettrez en fuite parla prière : d'ailleurs un travail utile lui fermera l'entrée principale de votre ame.

REFLEXION

igç^i^L faut souffrir, il faut persévérer, afin que, déjà initiés a l'espérance de la vérité et de la liberté.

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190 IMITATIOxN

nous puissions par venir 11 la vérité, îila liber lé ellesmêmes. Par cela seul que nous sonnues chrétiens , nous participons au bienfait de la foi et de l'espérance ; mais, pour recueillir les fruits de la foi et de l'espérance, il nous faut le mérite de la patience. Carcen'cst pas a la gloiredece mondequenousaspirons, mais a la gloire de la vie future. Nous sommes sauvéspar l'espérance, ditsaint Paul; or, quand on voit ce qu'on a espéré, ce n'est plus espérance ; car , comment espérerait-on ce qu'on voit déjà? Que si nous espérons ce que nous ne voyons pas encore, nous l'attendrons par la patience. C'est donc pour cela que la patience est nécessaire , afin d'achever ce que nous avons commencé , et de posséder, avec '^v^'la grâce de Dieu , ce que nous croyons et espérons.

SAINT CïPBIEN.

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