CO?.TRE LES LANGUES MÉDISANTES
ON fiis, ne VOUS offensez point ai quelques-uns ont mauvaise opinion de vous , et s'ils disent des choses qu'il vous soit pénible d'entendre.
Vous devez penser encore plus mal de vousmême, et croire que personne n'est plus faible que vous.
Si vous vivez de la vie intérieure, vous ne ferez pas grand cas de paroles qui s'envolent.
Ce n'est pas une prudence médiocre que de se taire au temps mauvais , et de se tourner vers moi intérieurement, sans se troubler des jugemens humains.
2. Que votre paix ne dépende point des discours des hommes ; car, qu'ils jugent de vous bien ou mal , vous n'en demeurez pas moins ce que vous êtes. Où est la véritable paix et la gloire véritable ? n'est-ce pas en moi ?
Celui qui ne désire point de plaire aux hommes, et qui ne craint point de leur déplaire, jouira d'une grande paix.
De l'amour déréglé et de la vaine crainte naissent toutes les inquiétudes du cœur et la dissipation des sens.
DE JÉSLS-CHRIST.
RÉFLEXION
DANomême, en prenant le parti de la vertu, vous auriez fait du monde entier le censeur de votre conduite: eh ! qu'importent lesjugemens des hommes à celui qui a su mettre son Dieu dans ses intérêts? Est-ce pour le monde que vous travaillez a votre salut? Si vous périssez , l'homme vous sauvera-t-il? Et si le Seigneur vousjusliûe, qui osera vous condamner? Chacun ne portera- t-il pas son propre fardeau devant la majesté terrible de celui qui reprendi'a le monde de l'injustice de ses jugemens, et qui jugera ceux qui jugent la terre ? Craignez donc lesjugemens de Dieu, parce qu'ils doivent décider de votre éternité ; mais pour les hommes, ne daignez pas même savoir ce qu'ils pensent de vous. Eh ! qu'a de commun leur estime, ou leur mépris , avec votre destinée éternelle?
Mais non , je me trompe : leurs mépris et leurs censures sont toujours la récompense de la vertu , et le présage le plus certain de notre salut : et par conséquent, si votre changement de vie avait pu mériter les applaudissemens d'un certain monde , vous devriez vous délier d'une démarche qui aurait pu lui plaire. Une vertu du goût des pécheurs me serait suspecte.
MiSSILLOn.
CÏIAPJTRE XXIX.
COJiMEM IL FAIT liVVOQlEli ET BÉMH DIEU DAKS
l'affliction
é;^ UE votre nom soit boni dans ^^l|(
^^",y^, p,'.r ^ tous les siècles , Seigneur, qui |^|^^ I avez voulu m'ëprouver par Wr '' '^li> cette peine et par cette tentait \ la § '^xi tien. H'^Ysi^nv-su Je ne puis l'éviter; mais il est T^^i nécessaire que je me réfugie vers vous pour que ^^ vous me secouriez, et qu elle me devienne utile. Seigneur, voilà que je suis dans la tribulation ; mon cœur malade est tourmenté par la passion qui le presse.
Et ma'mlenant que dirai-je , Père bien-aime ? Les angoisses m'ont environné : dcUirez-moi de celte heure. (Jean, 12, 27).
Mais je ne suis arrivé à cette heure qu'afin que votre gloire éclate, en me délivrant après m'avoir humilié profondément.
Daignez, Seigneur, me secounr (Ps. 59, 14); car, pauvre comme je suis, que puis-je faire, et où irai-je sans vous ?
Seigneur, donnez-moi la patience encore cette fois.
Soutenez-moi, mon Dieu, et je ne craindrai C point, quelque pesante que soit cette épreuve.
2. Et maintenaiu , au milieu Je ces peines, que dirai-je? Seigneur, que votre volonté se fasse (Mail il., 6, 10) :j'ai bien mérite de sentir le poids de la tribulaiion.
Il faut donc que je le supporte, et faites que ce soit avec patience , jusqu'à ce que la tempêle passe, et que le calme revienne.
I^Iais votre main toute-puissante peut éloigner de moi cette tentation, et en modérer la violence, afin que je ne succombe pas entièrement, comme vous l'avez déjà tant de fois fait pour moi, ô mon Dieu , ma miséricorde !
Et autant il m'est difficile , autant il vous est iîicile ce changement de la droite du Très-Haut. ^ (Ps. 76,li).
RÉFLEXION
>NvoQL'EZ-3ioi fiu jour de votre afjlict'wn : je vous délivrerai, et vous m'invoquerez, lly a des afflictions que l'ou voit et qui sont connues de tout le monde. Vous savez celles dont foute la terre est pleine. Celui-ci est frappé par la disgrâce; celui-là par une séparation douloureuse. Un autre gémit de voir ses travaux anéantis par un fléau désastreux. Où est sur la terre l'homme qui soit sans chagrin? Tel est Iralii par un ami devenu tout à coup son ennemi. Ce .sont là des tribulations, et des plus amères. Au milieu de ces afflictions, vous invoquez le Seigneur , et vous faites bien Invo-
quez-le donc , car il peut ou vous apprendre à supporter ces maux, ou les guérir. 11 ne permet pas que la tentation aille au-delà de nos forces. Et ce ne sont la encore que les afflictions qui viennent nous trouver, selon l'expression du prophète. lien est d'autres que nous devons aller chercher , bien loin de les éviter : a savoir, d'être heureux dans le monde , de posséder trop de richesses ; le chagrin de n'être pas encore avec Dieu, d'avoir toujours à nous alarmer pour notre salut. Qui ne déplore pas son exil ne pense guère a sa patrie.
SAINT Augustin.