‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 68 sur 111 · ÇLE CELUI OUI AIME DIEU, LE GOUTE E.\ TOUT ET PAR-DESSCS TOUT · texte numérisé non relu

ÇLE CELUI OUI AIME DIEU, LE GOUTE E.\ TOUT ET PAR-DESSCS TOUT

oiLA, mon Dieu et mon tout!

Que voudrais-je de plus, et que puis- je désirer de plus heureux?

O douce et ravissante parole !

mais pour celui qui aime la parole éternelle , et non pas le monde, ni ce qui est dans le monde.

Mon Dieu et mon tout! C'est assez dire à qui l'entend ; et le répéter sans cesse , est doux à celui qui aime.

Vous présent, tout est douceur ; en votre absence, tout est amer.

Vous procurez le calme du cœur, et une profonde paix , et une joie inénarrable.

Vous apprenez à juger sainement de tout , à vous louer en tout : sans vous, rien ne peut plaire long-temps; et rien n'a d'attrait sans l'impression de votre grâce , ni de saveur sans le sel de votre sagesse.

2. Que ne goûtera pas celui qui sait vous goûter? Et que trouvera d'agréable celui qui vous goûle point ?

Mais les sages du monde et les hommes charnels se perdent en votre sagesse; car, d'un côté,

on ne trouve qu'une grande vanité, et de l'autre la mort.

Ceux au contraire qui, pour vous suivre, méprisent le monde et mortifient la chair , se montrent vraiment sages, parce qu'ils quittent la vanité pour la vérité , et la chair pour l'esprit.

Ceux-là savent goiiter Dieu; et tout ce qu'ils trouvent de bon dans les créatures , ils le rapportent entièrement à la gloire du Créateur.

Rien pourtant ne se ressemble moins que le goût du Créateur et celui de la créature , du temps et de l'éternité, de la lumière incréée et de celle qui a été faite.

5. O lumière éternelle , qui surpassez toutes les lumières créées, lancez un éclair d'en haut, qui pénètre tout l'intérieur de mon cœur.

Purifiez, réjouissez, éclairez et vivifiez mon ame avec toutes ses puissances, pour qu'elle s'unisse à vous dans des transports de joie.

Oh ! quand viendra ce moment heureux et désirable où vous me rassasierez de votre présence, et où vous me serez tout en toutes choses !

Tant que vous ne m'accorderez pas cette grâce , je n'aurai point de joie parfaite.

Hélas ! le vieil homme vit encore en moi ; il n'est pas tout crucifié , il n'est pas mort entièrement.

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Ses convoitises combatlent encore fortement contre l'esprit ; il exciîe des guerres intestines, £t ne souffre point que l'ame règne en paix.

4. Mais vous qui dominez la puissance de la mer et qui calmez le mouvement de ses flols, levez - vous , secourez -moi. (Ps. 88, 10. — Ps. 43,26.)

Dissipez les nations qui veulent la guerre. Ps. 47, 52.) Brisez-les dans votre puissance. Faites , je vous prie , éclater vos merveilles, et signalez la gloire de votre bras; car je n'ai point d'autre espérance ni d'autre refuge que vous , Seigneur mon Dieu 1

RÉFLEXION

u'aimé-je , ô mon Dieu , lorsque je vous aime ? Ce n'est ni ce qu'il y a de beau dans les apparences corporelles , ni ce que les révolutions des temps nous apportent d'agréable : ce n'est ni cet éclat delà lumière, dont les yeux sont charmés, ni la douce impression des chants les plus mélodieux , ni la suave odeur des parfums et des fleurs, ni la manne et le miel , ni tout ce qui peut plaire dans les voluptés de la chair. Ce n'est rien de tout cela que j'aime, lorsque j'aime mon Dieu ; et néanmoins c'est comme une lumière , une voix , un parfum , un aliment , et encore je ne sais quelle volupté que j'aime, lorsque j'aime mon Dieu : lu-

DE JÉSUS-CflKIST.

mière, voix, parfum, aliment, volupté que je goûte dans cette partie de moi-même , tout intérieure et invisible , où brille aux yeux de mon ame une lumière que l'espace ne borne point , où se fait entendre une mélodie dont le temps ne mesure point la durée , où s'exhale un parfum qui ne se dissipe point dans l'air, où je me nourris d'un aliment immortel que mon avidité ne peut diminuer ni détruire , où je m'attache étroitement a un objet inflniment aimable, sans qu'il y ait jamais satiété dans les délices dont m'enivre sa possession. Voila ce que j'aime, lorsque j'aime mon Dieu ; et qu'est-ce que cet objet de mon amour ? Je l'ai demandé a la terre, et elle m'a répondu : Ce n'est pas moi ; et tout ce qu'elle contient m'a fait aussi la même réponse. Je l'ai demandé à la mer, aux abîmes et a tout ce qu'ils renferment de vivant, et ils m'ont répondu : Nous ne sommes point ton Dieu ; cherche au-dessus de nous.

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