‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 87 sur 111 · La nature se rt-jouit du grand nombre · texte numérisé non relu

La nature se rt-jouit du grand nombre

^iw/ des amis et des parens ; elle se glorifie d'un ^!^|y j, rang et d'une naissance illustres , sourit aux puissans , flatte les riches , applaudit à ses sem-

Mais la ^race aime jusqu'à ses ennemis, et ne s'enorgueillit point du nombre de ses amis; elle ne fait cas ni du rang ni de la naissance , si une plus grande vertu ne les accompagne : elle favorise le pauvre plutôt que le riche , compatit plus à l'innocent qu'au puissant , se plait avec l'homme sincère et non avec le trompeur ; elle avertit sans cesse les bons d'ai>oir une sainte éniulaiionàse rendre meilleurs (I. Cor., 12, 31), et à se rendre semblables au Fils de Dieu par leurs vertus.

io. La nature est prompte à se plaindre de i^ ce qui lui manque et de ce qui la blesse. ^*

La grâce supporte avec constance la pauvreté.

16. La nature rapporte tout à elle-même , combat, discute pour ses inlérêts.

JMais la grâce ramène tout à Dieu , de qui tout émane originairement ; elle ne s'attribue aucun bien , et ne présume point d'ellemême avec arrogance ; elle ne conteste point et ne préfère point son opinion à celle des autres ; mais elle soumet toutes ses pensées et tous ses senlimens à l'éternelle sagesse et au jugement de Dieu.

il. La nature est avide de secrets et de nouvelles; elle veut paraître extérieurement, et s'assurer de beaucoup de choses par le témoignage des sens ; elle désire d'être connue et de s'attirer la louange et l'admiration.

DE JÉSUS-CIIRIST. 5Î^

Mais la grâce ne s'occupe point de nouvelles, ni de choses curieuses : car tout cela naît de la vieille corruption , puisqu'il n'y a rien de nouveau ni de durable sur la terre.

Elle enseigne donc à réprimer les sens, à fuir la vaine complaisance et l'ostentation, à cacher humblement ce qui mérite d'èlre loué et admiré , et à ne chercher en toutes choses , et dans toutes les sciences , que son avancement et l'honneur et la gloire de Dieu.

Elle ne veut point qu'on parle avantageusement ni d'elle ni de ses œuvres ; mais elle désire que Dieu soit béni dans tous ses dons , lui qui les dispense tous par pure chariié.

18. Cette grâce est une lumière surnaturelle, un don spécial de Dieu ; c'est proprement le sceau des élus et le gage du salut éternel. Elle élève l'homme des choses de la terre à l'amour des biens célestes ; elle le rend spirituel de charnel qu'il était.

Plus donc la nature est comprimée et vaincue , plus la grâce se répand avec abondance ; et chaque jour , par de nouvelles effusions , "homme intérieur se réforme sur l'image de Dieu.

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formea laperfcctioiules conseils ; 2" qiiantlon la fait simplement, tranquillement, sans empressement pour la faire, content de ne la pas faire s'il fallait s'en abstenir; 5° qu'après l'avoir faite, on ne clierclie point, par des réflexions inquiètes , à se justifier son action , mais qu'on est prêt a la laisser condamner, et alacondamner soi-même, si unelumière supérieureyfaisaitdccouvrirquelquedéfaut; qu'enfin on ne s'approprie point son action , et qu'on la laisse au jugement de Dieu ; 4° quand cette action laisse l'ame dans sa simplicité, dans sa paix, dans sa droiture, dans sa petitesse, dans sa désappropriation.... 11 Y a seulement une chose qui me paraît bonne a observer, c'est que nous pouvons souvent plus facilement reconnaître ce qui est de la naj^ ture, que ce qui est de la grâce. Laissons tomber \vX paisiblement tous les mouvemens naturels, autant ^"\ ceux de paresse que ceux d'empressement , autant rH ceux qui viennent des goîits rafflnés de l'esprit que ceux qui viennent de la chair grossière ; et dans cette paix, faisons, sans sortir jamais des bornes des préceptes et des conseils, ce que notre fond le plus simple nous demandera devant Dion pour mourir à nous-mêmes et pour plaire au Bien-Aimé. Voilà ce que l'obscurité delà foi nous donne de plus apparent pour nous conduire par grâce.

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DE L,V COllIll l'TIOiV DE LA NATIKE. ET DE I, EFFICACE DE l.\ GlUCE DE DiEIJ.

„..„ ^ i:iCNF.uu , mon Dieu , qui m'avez ~~ 'm^ crée a votre ima^je et a votre res- -^ semblance , accordez - moi cette {jrace dont vous m'avez monirë l'excellence et la nécessité pour le salut, afin (|ue je triomphe de ma nature corrompue, qui m'entraîne au péché et à la perdition.

Car je sens en ma chair la loi du péché qui conlredii la loi de mon esprit ( Rom. , 7, 23) , et me traîne captif, pour que j'obéisse aux sens en beaucoup de choses ; et je ne puis résister à leur convoitise, si vous ne me secourez en répandant dans mon cœur le feu de votre très-sainte ace.

2. J'ai besoin de votre grâce, et d'une grande grâce pour vaincre la nature , toujours inclinée au mal dès son enfance. (Gen. , 8 , 21 . )

Car, déchue en Adam, le premier homme, et viciée par le péché , la peine de cette tache est tombée sur tous les hommes ; de sorte que celte nature humaine que vous avez créée dans la justice et la droiture est prise maintenant pour le viceeî l'infirmité d'une nature corrompue, qui,

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bU IMITATION

laissée à son propre aiouvcnient, la porte au mal et vers les choses de la terre.

Le peu de force cfui lui est restée est comme une étincelle cachée sous la cendre.

Et c'est là cette raison naturelle, environnée de profondes ténèbres, sachant encore discerner le bien du mal, et distinguer le vrai du faux; mais impuissante à accomplir tout ce qu'elle approuve, et ne jouissant pas de la pleine lumière de la vérité , ni de la pureté de ses affections.

5. De là vient, mon Dieu , que je me complais dans votre loi , selon l'homme intérieur (Rom. , 7 , 21 ) , reconnaissant que vos commandemens sont bons, justes et saints, qui condamnent lout mal et détournent du péché.

i^Iais selon la chair, je suis asservi au péché (Rom. , 7, 23), obéissant aux sens plutôt qu'à la raison.

Ainsi j'ai en moi la volonté de faire le bien ; mais je nij trouve pas le moyen de l'accomplir. {Ibid. 18.)

C'est pourquoi souvent je forme de bonnes résolutions; mais si je viens à perdre la grâce qui aide ma foiblesse, une légère résistance m'arrête et m'abat.

Ainsi je découvre la voie de la perfection, et je vois assez clairement comment je dois agir ; mais accablé du poids de ma propre corruption , je ne m'élève pas à ce qui est plus parfait.

4. Oli ! que votre grâce , Seigneur, m'est nécessaire jDour commencer le bien , pour le continuer, et pour Tacliever !

Car sans elle , je ne puis rien faire ; mais je puis tout en vous, quand votre grâce me fortifie.

O grâce vraiment céleste sans laquelle nos mérites ne sont rien, sans laquelle aussi les dons de la nature ne doivent être comptés pour rien !

Les arts, les richesses, la beauté ou la force, le génie ou l'éloquence , n'ont aucun prix , Seigneur, à vos yeux , sans la grâce.

Car les dons de la nature sont communs aux bons et aux médians ; mais le don propre des élus est la grâce ou la charité, et ceux qui en sont revêtus, sont jugés dignes de la vie éternelle.

Celte grâce est si éminente que ni le don de prophétie, ni le pouvoir d'opérer des miracles, ni la p!us haute contemplation , ne sont rien sans elle.

Ni la foi même , ni l'espérance, ni les autres vertus, ne vous sont agréables sans la grâce et la charité.

o. 0 bienheureuse grâce, qui rendez riche en vertus le pauvre d'esprit , et celui qui possède de grands biens, humble de cœur! Venez, descendez en moi, remplissez-moi dès le matin de votre consolation , de peur que mon ame ne défaille de lassitude et par la sécheresse, de mon esprit !

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