‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 88 sur 111 · PÈ · texte numérisé non relu

PÈ

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Je vous en conjure, Seigneur, que je trouve grâce devant vos yeux ! car votre grâce me suffît , quand je n'obtiendrais rien de ce que la nature désire.

Si je suis éprouvé et tourmenté par beaucoup de tribulations, je ne craindrai point les maux , tandis que votre grâce sera avec moi.

Elle est ma force, elle est mon conseil et mon appui; elle est plus puissante que tous les ennemis , et plus sage que tous les sages.

6. Elle enseigne la vérité et règle la conduite; elle est la lumière du cœur et sa consolation dans fangoisse ; elle chasse la tristesse, dissipe la crainte, nourrit la dévotion, produit les larmes.

Que suis-je sans elle , qu'un bois sec , un tronc inutile, qui n'est bon qu'à être jeté?

Que votre grâce. Seigneur ^ me prévienne donc et m'accompagne toujours, et qu'elle me rende sans cesse attentif à la pratique des bonnesœuvres, par Jésus -Christ votre fils. Jinsi soit-il. (Oraison (lu XVl^ dimanche après la Pentecôte.)

RÉFLEXION

|ous pouvons observer 'a ce propos une conuUe particulière de Dieu sur notre nature. Lorsl'elle a été précipitée par cette grande et terrible diute; quoiqu'elle ait été presque ruinée de fond comble, il a plu h Dieu néanmoins que l'on

DE JÉSUS-CHUIST.

vît, môme parmi ces ruines , quelques marques de la grandeur de la première institution , comme dans ces grands édifices que l'effort d'une main ^ennemie ou le poids des années ont porté par terre; quoique tout y soit désolé, les ruines et les masures respirent quelque chose de grand , et au milieu des débris vous remarquez un je ne sais quoi qui conserve la beauté du plan, la hardiesse et l'ordre admirable de l'architecture. Ainsi le vice de notre nature n'avait pas tellement obscurci en nous l'image de Dieu, qu'il en eût effacé les moindres traits. De cette belle doctrine du grand Apôtre, il résulte que le défaut essentiel de cette orgueilleuse justice, qui ne se proposait que les œuvres , consiste en ces deux choses, savoir, qu'il fallait que les hommes qui veulent bien faire, considérassent premièrement qu'ils étaient pécheurs , et qu'ils cherchassent celui qui réconcilie ; secondement , qu'ils étaient inipuissans , et qu'ils recourussent 'a celui qui aide. C'est ce que la fausse justice ne pratiquait pas , et c'est pourquoi c'était un orgueil damnable qui se couvrait du nom de justice. Mais la justice chrétienne le fait par la foi; car la foi nous prépare Jésus-Christ sauveur, Jésus-Christ libérateur et réparateur. S'il nous répare , nous étions tombés ; s'il nous délivre , nous étions captifs ; s'il nous sauve , nous étions perdus.

BOSSUET

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