PIERRE DARGOS, VERS L’AN
Ce pieux évêque annonça d’abord la parole de Dieu en Sicile. On croit qu’il en fut chassé par les Sarrasins, et qu’il se réfugia en Grèce. 11 a composé une homélie pour la fête de la Conception de sainte Anne, c’est-à-dire de Marie, dans laquelle il dit :
« Toutes les créatures voient aujourd’hui poser les
FONDEMENTS DU TEMPLE LE PLUS PUR DE JÉSUS-CHRIST, le loi
de l’univers (i). »
Plus loin il place dans la bouche de la nature humaine, qu’il personnifie, ce langage :
« Maintenant une rose produite dans le sein d’Anne, je veux dire marie, enlève l’infection que j’avais contractée PAR LA CORRUPTION DU PÉCHÉ ; ET EN ME PÉNÉTRANT DE SA BONNE ODEUR, ELLE ME FAIT PARTICIPER A SA JOIE Cɬ LESTE. Jusqu’ici une femme m’avait rendue malheureuse ; maintenant une autre femme me rend heureuse (2). »
Pierre d’Argos affirme d’abord que les fondements du temple de Jésus-Christ sont purs et saints : il ne suppose pas bien certainement, que les fondements d’un temple très-pur soient souillés.
Le mot de contagion est consacré, dans le langage des
(1) Petr. Argor. IJom. in Concept. St Annœ. n.i. ap. A. Ballerini. Sylloge monum. t. i. p. 123.
(2) Ibid. n. 10. p. 137.
l’immaculée conception
anciens, pour exprimer le péché originel : et ici la nature se glorifie de ce qu’en Marie elle a été délivrée de sa contagion native !
Ensuite elle nous dit que la puanteur du péché qui l’inlecte habituellement, a été remplacée en Marie par la bonne odeur de la grâce. La nature humaine qui naissait toujours corrompue dans les enfants d’Adam, naît intacte en Marie : au lieu des gémissements qu’elle exhale à la naissance des autres hommes, elle pousse des cris de joie à la Conception de Marie, en qui est réparé le dommage qu’elle a subi en Eve. Que peut-on désirer de plus clair?