‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 19 sur 64 · GEORGE DE NICOMÉDIE, VERS LAN · texte numérisé non relu

GEORGE DE NICOMÉDIE, VERS LAN

George de Nicomédie a beaucoup écrit sur la vie et les vertus de la Mère de Dieu. Il développe les figures de l’Ancien Testament qui la concernent ; et reproduit toutes les belles réflexions que l’on rencontre dans les homélies de saint Méthode, de saint Ephrem, de saint Germain, de saint Théodore Studite et de saint JeanDamascène. Il est sans contredit un des témoins les plus remarquables de la tradition générale qui atteste la sainteté parfaite et indéfinie de la très-sainte Vierge. 11 professe aussi d’une manière explicite la croyance à l’immaculée Conception de Marie, lorsqu’il l’appelle «une fleur immarcessible » dans l’ordre de la grâce, et assure qu’elle est « la seule belle par nature et inaccessible

AU PÉCHÉ (l). »

fl) « Formosa per naturam, in quam reprehensio non cailit. ‘H wpata <puast, y.oÀ [Awp.Gu àv£7ri(^s/c-Gç. Georg. Nicom. Hom . in Deip. Ingres, in templ. ap. Gombefis Auctar.t. i. col. 1098. Paris. 1648.

DE LA SAINTE VIERGE MARIE. OO

La beauté spirituelle et surnaturelle de Famé, dont George parle ici, ne lui est naturelle qu’en ce sens, qu’elle a commencé avec la nature, qu’elle est contemporaine à l’existence. C’est ainsi que plusieurs saints Pères ont enseigné que la justice originelle était naturelle dans Adam et dans les anges, quoiqu’elle leur fût indue, et qu’elle soit essentiellement surnaturelle. La beauté naturelle de l’âme signifie donc ici sa beauté originelle.

Les saints Pères enseignent aussi que Notre Seigneur seul a été inaccessible au péché et impeccable, à cause de l’union hypostatique de sa nature humaine à la nature divine ; et cependant George de Nicomédie applique cette expression à Marie, pour montrer qu’elle a obtenu par la grâce cette impeccabilité de fait, qui l’assimile à son divin Fils, impeccable de droit. 11 dit qu’elle fut nonseuleineut inaccessible a toute souillure ( ucoaou àvs~irî'c/.Tc; ) , mais qu’elle fut encore impeccable ; car racontant l'admiration qu’excitait dans les anges le courage surhumain de Marie lorsqu’elle se sépara, jeune encore, de ses parents pour entrer dans le temple et s’y consacrer à Dieu, il dit que ce courage fut vraiment digne « ü’une

AME QUI NE PEUT CONTRACTER LE PÉCHÉ (àva^ap-rr.TGu <La vciaç), »

qui est naturellement étrangère au péché (i).

Le péché originel est très-souvent représenté par les anciens comme une souillure, comme une contagion de la nature humaine. Eh bien, Georges de Nicomédie assure que les anges admirèrent « cette vierge, soustraite

(i) Georg. Nicom. Hom. in St Deiparœ ingressum in templum. ap. Combef. Auctar. col. 112(3.

l’immaculée conception

A TOUTES LES SOUILLURES DE NOTRE NATURE (l). » Il ne

dit pas : aux souillures de notre corps, comme il s’était déjà exprimé ailleurs, mais, aux souillures de notre nature, parmi lesquelles la souillure de l’âme ou le péché est certes la principale.

11 est donc clair que George de Nicomédie a connu et professé la croyance à la sainteté originelle de Marie.

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