JEAN GÉOMÈTRE, VERS L’AN
L’àge de ce poète chrétien n’est pas tout à fait certain. En le fixant à la fin du IXe siècle, nous suivons l’opinion la plus commune.
versam terrain effudit. » Nicetas Paphl. Hom. in St Deip. natal, diem. ap. Combef. Anctar. nov. t. i. p. 457 bis.
(1) « Honoremus (B. Virginemj non solum quod ex matre sterili ^secundum carnem prodierit ; sed multo magisquod per supernam gratiam, secundum spiritum, nata sit...» Nicetas Paphl. Hom. in St Deip. nat. diem. ap. Combef. Auctar. nov. t. i.p. 440.
DE LA SAINTE VIERGE MARIE. 59
Voici comment Jean Géomètre exprime le privilège de Marie, dans sa troisième hymne :
« Je vous salue, ô corps (de Marie), créé du plus haut de l’éclatant Olympe, vous qui n’avez rien hérité de notre iniquité; je vous salue, ô corps brillant sous deux rapports, par la beauté céleste et par la beauté terrestre... Je vous salue, ô Vierge, qui avez conçu votre Dieu, et qui, en l’honneur de ce Dieu, devenu mortel, avez été
DÉLIVRÉE DU POIDS FUNESTE DE NOTRE NATURE (i). ))
L’auteur en s’adressant au corps de Marie, parlait selon l’expression grecque, àtoute sa personne.il affirme que Marie a été créée, comme si Dieu l’eût faite au plus haut des deux, et qu’elle n’a eu aucune part à l’héritage du péché. 11 ajoute que, dès le moment de sa création, elle a brillé d’une beauté toute céleste, et que jamais elle n’a senti les suites du péché originel, c’est-à-dire le poids de ce corps, qui en se corrompant appesantit l’âme. 11 a cru évidemment que la Mère de Dieu a été préservée de la tache originelle.
(1 ) Biblioth. PP. gr. lat. t. iii. p. 440 et 441. Paris 1624. Frédéric Morel qui le premiera publié ces hymnes, a Paris en 1591, a traduit en vers latins très-élégants les dystiques que nous venons de citer. Les voici :
« Gaude concretum sublimi corpus Olympo Et vitii nostri crimine Virgo carens!
Salve corpus quod, bina integritate décorum est,
Terreni decoris, siderei que boni...
Gaude quæ Christo corpus mortale dedisti,
Gaude primævi libéra labe patris. s
l’immaculée conception