‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 23 sur 64 · MORT EN · texte numérisé non relu

MORT EN

Les souverains de Constantinople se livraient avec autant de zèle à l’étude des sciences sacrées qu'à celle des sciences profanes; ils ont pu ainsi laisser à la postérité des oeuvres de théologie qui sont d'une grande utilité à l’Eglise. Léon le Sage est de ce nombre. Dans une homélie composée pour la fête de l’Annonciation de la sainte Vierge, il professe en ces termes la croyance à l’immaculée Conception de la Mère de Dieu :

« Ecoutez, ma fille , et voyez; inclinez votre oreille, et oubliez votre peuple, et la maison de votre père (Ps. 44.). Vous avez vraiment entendu cet avertissement, ô Vierge

MARIE, ET VOUS AVEZ OUBLIÉ VOTRE PEUPLE ET VOTRE PART, ET VOTRE MAISON PATERNELLE ; JE VEUX DIRE CETTE PART QUE NOTRE PREMIÈRE MÈRE EVE A DISTRIBUÉE A TOUTE SA FAMILLE, EN LUI LÉGUANT EN FORME D’HÉRITAGE CETTE MULTITUDE DE MAUX, QUI

nous affligent. Vous n’avez rien apporté de semblable dans votre maison. C’est pourquoi le Roi vous a aimée, en voyant la beauté de votre âme, et il vous a choisie pour son épouse (î). »

Il ne parle point seulement des maux qu’Eve a légués aux personnes de son sexe, mais de tous les maux qui affligent sa famille! du péché, de la concupiscence déréglée, et des autres misères qui constituent le péché originel ou qui en découlent. Le privilège de la Mère de

(1) Leonis Sap. Mariait, cura etstud. H. Maracci Hom. ni. de Annunc. p. 50. Roniæ. 1651.

DE LA SAINTE VIERGE MARIE

Dieu est donc tel, dans la pensée du pieux empereur, qu’elle a oublié et son peuple, et sa part, et sa maison paternelle, c’est-à-dire qu’elle a été préservée de toutes les suites de la chute d’Adam, et que sous le rapport de la sainteté, elle n’appartient point à la famille déchue de notre premier père.

Dans son homélie sur l’assomption de la sainte Vierge, après avoir dit que sa beauté spirituelle était telle que le roi du ciel en fut épris, et qu’il la choisit pour sa mère, Léon le Sage fait voir qu'elle a été belle dès son origine :

« Vous êtes vraiment seule bénie entre toutes les femmes, ô Marie: car seule vous avez porté secours à notre première mère et à ses filles... la malédiction, qui

RAVAGEAIT AUPARAVANT NOTRE NATURE, S’EST ARRÊTÉE, ET LES FLOTS FUNESTES DU PÉCHÉ SONT RETOURNÉS SUR EUX-MÊMES, AFIN QUE VOUS FUSSIEZ MISE AU JOUR PLEINE DE BÉNÉDIC¬ TION (l). »

(i) « Vere sola benedicta in mulieribus, quæ una primæ nostræ parenti ex fiiiabus ejus tulit suppetias ; partira quod a duplici mœstitia, quæ illara et onraem ex ea propaginera conficiebat, vindicavit; partira quod malo oppressos liberavit, et in eamdem posteros incidere calamitatem non permisit; maledictione, quæ antea naturam depascebatur, ultra non progressa ; sed retroversis malis undarum fluclibus , ut benedicta in lucem suscepta est; boniinibusque non amplius infra inevitabilia raortis retia detentis, sed morte utentibus veluti ponte ad vitam. » Loc. cit. p. 102. — A la page 107, il ajoute qu’à la naissance de Marie les figures de l’Ancien Testament qui l’annonçaient, ont été obscurcies par sa venue : « Mais vous, ô Marie, dit-il, vous êtes une lampe toujours brillante, qui ne s’éteint jamais, et par laquelle nous avons été délivrés de la mort ténébreuse du péché. » Il y a allusion manifeste à la grâce perpétuelle dont Marie fut douée.

l’immaculée conception

Le pieux empereur parle non-seulement de la naissance de Marie, mais aussi de sa Conception : car c’est au moment où Marie fut créée, que les flots du péché ont remonté vers leur source, et se sont arrêtés devant elle. Sans cela elle aurait eu une part dans la maison de son père, ce que Léon le Sage nie en termes exprès.

Page 1