SAINT MAXIME DE TURIN, VERS LAN
« Marie, dit ce savant Evêque, était vraiment une demeure convenable pour le Sauveur, moins par les qualités de son corps que par la grâce originelle qu’elle avait reçue (1). »
Il est évident que la grâce originelle est opposée ici au péché originel , dont saint Augustin avait si bien expliqué l’universalité et les tristes effets.
UN ANONYME DU VIIe SIÈCLE.
Parmi les œuvres de saint Jérôme on rencontre un commentaire sur les Psaumes, qui est extrait des écrits de saint Jérôme, de saint Augustin et d’autres Pères plus récents. Saint Augustin en a cité quelques lignes sous le nom de saint Jérôme.
D’après les conjectures assez vraisemblables du savant Vallarsi, ce commentaire a été compilé au VIIe ou au VIIIe siècle en Angleterre.
Le compilateur est un écrivain instruit qui connaît la doctrine de l’Eglise.
(1) « Idoneum plane Maria Christo habitaculum, non pro habitu corporis, sed pro gratia originali. » S. Maxim. Taurin. Hom. v. in Nativ. Domini. p. 18. ed. Rom. 1784.
DE LA SAINTE VIERGE MARIE
Parvenu à ces paroles du Psaume LXXVII : Il les a conduits sous la nuée du jour , il s’exprime ainsi : « Voici le Seigneur qui vient en Egypte sur un nuage léger. Ce nuage signifie ou le corps du Sauveur, parce qu’il fut léger, n’étant chargé d’aucun péché, ou bien la sainte Vierge, qui ne conçut pas de l’homme. Le prophète a bien dit : nuée du jour , car cette nuée ne fut jamais dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière. Toute la nuit fut illuminée par le feu. Notre Seigneur est un feu consumant. Si nous sommes pécheurs, il nous brûle ; si nous sommes justes, il nous éclaire (1). »
L’auteur établit ici deux comparaisons entre Marie et la nuée légère dont parle le roi prophète. L’une a rapport à sa virginité perpétuelle et n’a aucun rapport avec le privilège de l’immaculée Conception; l’autre suppose évidemment la sainteté perpétuelle.
Dans la seconde partie de ce commentaire, Marie est comparée et la nuée du jour, parce qu 'elle n a jamais été dans les ténèbres du péché, mais toujours dans la lumière de la grâce.
Rappelons-nous de combien de manières l’Esprit-
(1) « Psal. lxxvii. 14. Et deduxit tosin nube diei.Ecce Dominus venit in Egyptum in nube levi. Nubem lèvera aut proprie Salvatoris corpus debemus aecipere, quodleve fuit et nulli peccato prægravatum fuit: aut certe nubem levem debemus sanctam Mariam aecipere nullo seminehumanoprægravatam. Ecce Dominus venit in Egyptum sœculi hujus super nubem levem, Yirginem , etdeduxiteosinnubediei. Pulcbre dixit : diei ; nubes enim ilia non fuit in tenebris sed semper in luce. Et totunocte in illuminatione ignis. Dominus noster ignis consumens est... Si peccatores surous, incendit; si justi, lucet nobis. » Inter op. S. Hieron. Auctor Breviarii in Psal. t. vu. p. 201. ed. Vallarsi fol. Veron. pag. 275. ed. Venet. 1769.
Saint a désigné la grâce divine sous le symbole de la lumière, par exemple, lorsqu’il a dit que le Verbe est la lumière ; que les fidèles justifiés sont une lumière dans le Seigneur. Souvenons-nous des expressions des Pères de l'église grecque, et nous n'hésiterons pas à reconnaître, dans les paroles de fauteur anonyme, un témoignage clair et précis de la prérogative de la Mère de Dieu. La chose est d’autant plus manifeste que cet écrivain parle immédiatement après du feu divin qui éclaire les justes.