‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 34 sur 64 · PAUL DIACRE, VERS LAN · texte numérisé non relu

PAUL DIACRE, VERS LAN

Ce célèbre écrivain a exprimé plusieurs fois et de différentes manières, dans ses sermons, le privilège de la Mère de Dieu. Voici les témoignages les plus remarquables.

« Quel genre de vertu, mes très-chers Frères, a pu manquer à cette Vierge bienheureuse qui a été remplie de tous les dons de la grâce? car elle a été saluée par un ange, de cette manière jusqu’alors tout à fait inusitée: Je vous salue, pleine de grâce; le Seigneur est avec vous! Je le demande, quel degré de justice, quel degré de sainteté a pu faire défaut à une Vierge qui a reçu par une miséricorde si efficace la plénitude de la grâce? Quelle ouverture put-il y avoir jamais dans son âme ou dans son corps au moindre vice , puisqu’elle fut comme le ciel, le temple du Seigneur qui contient tout (1)? »

« O qu’il convenait bien de représenter sous le nom de tige, cette bienheureuse Vierge et Mère, qui fesait monter

(1) a Quæ enim, dilectissimi, huic beatæ Virgini virtus deessepotuit, quando gratiarum omnium carismatibus plena fuit? Sic namque inusitato antea modo sumino est salutata ab angelo : Avegratia plena , Dominus tecum. Quid, rogor

DE LA SAINTE VIERGE MARIE

droit au ciel ses œuvres si pures d’intention, qui (de la racine au sommet) n'avait aucun nœud de la nature corrompue (vitiositatis), (capable d’arrêter la sève de la grâce), et que son humilité rendait si souple et si flexible (1). »

Expliquant ailleurs comment notre Seigneur occupé à annoncer le royaume de Dieu avait paru négliger sa Mère, il dit: « Pourquoi cette très-sainte Mère et Vierge douée de la lumière d’une sainteté inestimable eut-elle eu besoin de se trouver corporellement, au milieu des publicains et des pécheurs près de son Fils, duquel sans aucun doute elle ne fut jamais spirituellement séparée dans le temps (2)? »

Quel beau commentaire des paroles de l’ange : Le Seigneur est avec- vous! Jésus a été toujours avec Marie spirituellement, c’est-à-dire par sa grâce. Quoi de plus clair?

justitiæ, quid sanctitatis Virgo hæc indigere potuit, quæ eflicaci adeo misericordia gratiæ plenitudinem accepit? Aut quis potuit in ejusanimo vel corpore locus esse vitiorum, quando ad vicem cœli continentis omuia Domini effecta est templum? » Paulus Diacon. Sermo in Assumpt. B. M. F. apud Martene Script, vet. t. îx. pag. 267.

(1) a Egredietur virga de radice Jesse et flos de radice ejus ascendet (Is. xi.). Et quam decenter, carissimi, beata hæc Virgo et Mater virgæ appellatione signata est, quæ et perfecti operis intentionem ad superna emicuit, et vitiositatis nodis funditus carens, flexibilis per humilitatem effulsit. » Paulus Diacon. Serai, in Assumpt. B. M. Y. apud Martene, Script, vet. t. ix. p. 268.

(2) « Si Dominuspropter oves perditas inissus est, et salvarequod perierat, et ut peccatores ad pœniteutiam vocaret, quid necesse erat huic SS. Matri et Virgini, inestimabili sanctitatis munere præditæ, ut inter publicanos et peccatores suo Domino fitioque corporaliter adhæreret, a quo procul dubio spiritualiter in tempore numquam creditur de fuisse, » Paulus Diacon. Aquilej. Hom. inEv. Intravit Jésus, ap. Martene. Script, veter. t. ix. p. 274.

l’immaculée conception

La même pensée se présente dans l’hymne que Fédérici a découverte dans les vieux manuscrits du monastère de la Cave, près de Capoue, et qu’il attribue aussi à Paul Diacre. Voici ce précieux témoignage:

« Lorsque notre premier père eut aspiré le venin perfide du serpent, il perdit la vie. De lui la peste se glissa dans le genre humain tout entier, et lui fit une profonde blessure. Mais le Créateur eut pitié de cet état de choses; et lorsqu'il eut sous les yeux une Vierge dont les entrailles étaient étrangères au péché , il ordonne de porter par elles au monde, accablé des suites de la mort, les joies du salut (1). »

Ainsi le Créateur ne voulut accorder les joies du salut au monde qu’après avoir aperçu la vierge étrangère au

(I) « Hausto maligni primus ut occidit

Virus chelydri terrigenum parens.

Hinc lapsa pestis per genus irrepens,

Cunctum profundo vulnere perculit.

Rerum miserans sed sator, inscia Cerneus piacli viscera Virginis,

His ferre mortis crimina languido Mandat salutis gaudia sæculo.

Voy. La Jmmaculata Concezioîie délia B. V. Maria comprovata a sentimenti de SS. Padri. op. del P. Federici. 8°. Napoli 1792. pag. 15 et 16. Il n’est pas certain que Paul Diacre soit l’auteur de cette hymne. Dans le mss. elle porte le nom de saint Ambroise. On parait d’accord sur ce point qu’elle remonte au moins à l’époque de Paul Diacre. On attribue à cet écrivain un sermon sur la nativité de la sainte Vierge, inséré par Alcuin dans un Recueil de sermons qu’il composa sur les ordres de Charlemagne, et dans lequel se trouve le passage suivant : « Et recte quidem auroræ implesti officium ; ipse enim sol justitiæ de te processurus, ortum suum quadam matutina irradiatione præveniens, in te lucis suæ radios copiose transfudit, quibus potestates tenebrarum quas Eva induxerat, in fugam convertit... Tu pulchra es, et macula non est in te,neque vicissitudinis obumbratio.»

venin du serpent , à la peste qui s’était glissée dans le genre humain tout entier, en un mot au péché originel.

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