‹ L'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge MarieChapitre 6 sur 64 · JACQUES, ÉVÊQUE DE BATNA, VERS LAN · texte numérisé non relu

JACQUES, ÉVÊQUE DE BATNA, VERS LAN

Jacques de Batna ou de Sarug, naquit en 452 et mourut en 519. Les catholiques de Syrie le vénèrent comme un de leurs plus grands saints et de leurs plus savants docteurs. Parmi les chants liturgiques qu’il composa pour son église et que le clergé récite encore aujourd’hui, on trouve cette magnifique invocation à Marie :

« Aidez-nous, 6 Vierge qui portez la paix ; d la plus

(1) « 0 Domina, seniper benedicta, ïlavTsuXo-^Ts! » St Ephrem. Orat. ad SS. Deip. t. ni. op. p. 559.

(2) « Duæ feminæ innocentia et simplicitate floruerunt, Maria et Eva ; altéra salutis, altéra nostræ mortis origo fuit. » S. Ephrem. In Genes t. v. op. p. 527. — Voici comment St Ephrem décrit la sainteté de la Mère de Dieu : « Sanctissima domina Dei genitrix,sola purissima anima et corpore , nota supergressa integritatem omnem , et pudicitiam et virginitatem, sola Iota facta domicilium uni versanim gratiarum sanctissimi Spiritus , atque inde etiam ipsas incorporeas virtutes sine alla comparatione antecellens puritate ac sanctitate animœ et cor pons, respice in me.» St Ephrem. Precatio lad Deip. t. ni. p. 524.

l’immaculée conception

mmi

belle de toutes les femmes!... Aidez-nous, ô Innocence qui ne fut jamais blessée! et que la paix soit avec vous, ô Eve, qui avez enfanté Emmanuel (1). »

Il appelle Marie l’innocence même ; il dit que jamais cette innocence ne fut altérée ; et puis il assimile la seconde Eve à la première, avant sa chute, sous le rapport delà pureté et de la sainteté originelle. La suite du discours ôte tout équivoque h sa pensée.

Dans un sermon sur la sainte Vierge, dont Assemani donne un extrait, Jacques de Batna exprime la même

croyance en ces termes :

« Si une tache ou un défaut quelconque avait terni l’âme de Marie, sans aucun doute Dieu se fût choisi une autre mère exempte de tout défaut (2). »

george uard.

Ce saint docteur dont l’âge m’est inconnu , mais qui compte parmi les plus célèbres hymnographes de l’Eglise Syrienne, professe en ces termes la croyance à l’immaculée Conception de Marie.

« Qui pourra jamais concevoir dans l’esprit, ou exprimer en paroles ce que Dieu a fait de cette personne

(1) « Adesto pacifera, o splendida inter mulieres... Adesto pacifera, o innocentia quæ nunquam fuit lœsa ; tecum pax sit, o Eva, quæ Emmanuelem peperisti. » Offic. Syror. p. 292. ap. P. Passaglia. n. 1540. p. 1672. Assemani. Bibliotk. orient, t. i. p. 286 et seq. donne la biographie de ce célèbre écrivain, et énumère ses ouvrages.

(2) a Si qua macula aut defectus animæ ejus (Virginis) inesset, aliam utique sibi matrem quæsivisset (Deus) quæ omnis labis expers esset. » Jacob Sarug. De S. Yirgine Deipara , Serm. ni. ap. Assemani, BiMioth. orient, t. i.p. 310.

DE LÀ SAINTE VIERGE MARIE

toute pure, et sans tache ; de cette personne sainte et sanctifiée, qui fut sanctifiée dès le moment de sa conception, et destinée dès le sein de sa mère à devenir l’arche, la demeure, le temple, le palais, le siège du roi vivant des siècles (1). »

Dans un autre cantique comparant la Mère de Dieu à la toison de Gédéon, qui, exposée à la rosée, ne reçut aucune humidité:

« Marie, dit-il, ne fut point humectée du péché ; seule

ELLE FUT PRÉSERVÉE DU DÉLUGE UNIVERSEL DU PÉCHÉ ; et elle

resta sèche et aride, comme la toison de Gédéon (2). »

La crovance de l’Eglise Syrienne renferme donc, de

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la manière la plus catégorique, le dogme de l'immaculée Conception de la Mère de Dieu.

L’Eglise Arménienne professe la môme croyance. Son premier témoin sera

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