CHAPITRE XII
DE LA DÉFINITION DOGMATIQUE DU MYSTÈRE DE L’IMMACULÉE CONCEPTION DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE.
Plan du chapitre. — Art. i. De la nature et du but d’une définition de foi; de l’obligation qu'elle impose. — Art. ii. La croyance à l’immaculée Conception était susceptible d'une définition dogmatique, lorsque le souverain Pontife l’a prononcée. — La pieuse croyance avait acquis le degré de certitude voulue. — Les circonstances la réclamaient. — Art. iii. Histoire de la définition de l’immaculée Conception. — § i. Premières instances pour l’obtenir, faites au concile de Bâle, en 1435. — L'Immaculée Conception fut définie comme vérité catholique. — Le décret n’eut pas force de loi dans l’Eglise, à cause du schisme dans lequel le concile de Bâle était tombé. — § n. Démarches faites au XVIe siècle. — Pendant le Ve concile de Latran. — Instances des évêques au concile de Trente; — mesures prises par le concile. — Définition indirecte. — Ordre militaire fondé à Rondaen Espagne, l’an 1572, afin de poursuivre l’affaire de la définition. — Conflit de la Sorbonne avec le P. Maldonat, en 1574, au sujet de la définition. — § m. Démarches faites auXVIIe siècle en faveur de la définition. — Agitation en Espagne.— Paul V tâche d’y remédier en 1616.—
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Il défend d’attaquer l’immaculée Conception dans des thèses ou des discours publics. — Philippe III sollicite de nouvelles mesures par l’intermédiaire d’un ambassadeur, en 1618 et 1619. — Instances de cet ambassadeur et réponses dilatoires de Paul V. — Intervention du duc d’Albuquerque. — Mort de Paul V et de Philippe III. — Grégoire XV reçoit, en 1621, la demande de Philippe IV. — Le 22 Mai 1622 il défend d’attaquer l'immaculée Conception, meme dans les discours privés. — Ferdinand II, empereur d’Autriche, Sigismond, roi de Pologne, Léopold, archiduc du Tyrol, l'Electeur de Mayence, l’Electeur de Cologne et le duc de Bavière sollicitent la définition d'Urbain VIII. — Manifestations publiques de piété envers la Vierge Immaculée, par Ferdinand II. — Concessions faites parle souverain Pontife. — En 16-19 thèses sur la définibilité soutenues a l’université de Salamanque, en 1652 a celle d'Alcala. — Lutte du P. Hyacinthe Parra Valenziano, sous le nom d'Hyacinthe Arpalego, et de Mgr Crespi Borgia. — Junte de l’immaculée Conception, érigée à la demande du Roi, par l’archevêque de Tolède. — Avènement d'Alexandre VII, en 1651 ; — il abroge verbalement le décret de l’Inquisition, porté en 1644, contre le titre d’Imnfaculée Conception. — Il fait frapper une médaille en l'honneur du même mystère. — Le P. Nierenberg, dans deux lettres motivées, supplie le souverain Pontife de définir le privilège de Marie.— Raisons pressantes. — Le roi d'Espagne envoie une nouvelle ambassade à Rome pour solliciter la définition. — Sur l'avis de la Junte de Tolède, il demande une définition indirecte, à savoir que le saint Père déclare, ex cathedra , quel est le véritable objet du culte de la Vierge Immaculée. — Mgr Crespi Borgia chargé de la demande, réussit dans sa mission. — Bulle Soilicitudo du 8 décembre 1661. — Grande valeur de cette décision. — Philippe IV meurt le 17 septembre 1665.— Marianne d’Autriche gouverne l’Espagne pendant la minorité de Charles II ; elle consulte la Junte sur les démarches ultérieures à faire auprès du saint Siège. — En 1677, Charles II, âgé de 16 ans, prie la Junte de l’immaculée Conception de lui indiquer comment il pourra obtenir la définition du privilège de Marie. — Diverses démarches du pieux souverain dans le même but. — Concessions obtenues du souverain Pontife. — § iv. Démarches faites au XVIIIe siècle. — Philippe V qui succéda a Charles II, en 1700, insista auprès de la Junte de Tolède en 1706 et eu 1707, afin qu’elle poursuivit ses travaux dans le but d’obtenir la définition. — Instances de l'Episcopat Espagnol en 1714, auprès de Clément XI ; — de Philippe V, et de Charles VI, empereur des romains, en 1752, auprès de Clément XII; — de Charles III, roi des deux Siciles, en 17-48, auprès de Benoit XIV. — Sa lettre. — Benoit XIV avait fait rédiger un projet de bulle en 1742. — Lettre prophétique sur la définition de l'immaculée Conception, écrite par le bienheureux Léonard de Port-Maurice. — § v. Préparatifs de la définition au XIXe siècle. — Pie VII permet, en 1806, aux PP. Franciscains de Naples de célébrer l’immaculée Conception dans la préface de la sainte Messe. — Grégoire XVI, a dater de 1834, accorda cette faveur à un grand nombie d’églises. — Permission de célébrer le privilège dans les litanies de Lorette, à dater de 1859 — Ecrit du R. P. Rivarola. — Nouvelles instances de î’Episco-
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pat catholique en faveur de la définition du mystère, à dater de 18-40, auprès de Grégoire XVI d’abord, et puis auprès de Pie IX. — Dissertation du cardinal Lambruschini ; — du R. P. Perronne, sur la définibilité du privilège. — S. S. Pie IX nomme une commission pour examiner l’affaire, en 1847, ou
1848. — L’examen est poursuivi a Gaëte. — Célèbre encyclique du 2 février
1849. — Tout l’Episcopat y répond et sollicite la définition. — Mouvement
théologique; aperçu des principales publications relatives a l'immaculée Conception. — Recueil des Pareri ou opinions des évêques. — Commission des vingt consulteurs ; — Commission spéciale ; — Commission extraordinaire ; — Commission de cardinaux; — leurs travaux et leur conclusion, soumis au saint Père, en 1853. — Au commencement de 1834, on apprend que sa Sainteté est décidée a prononcer la définition. — Evêques invités, évêques qui se rendent spontanément a Rome — Assemblées des évêques les 20, 21, 25 et 24 novembre 1854, pour discuter le projet de Bulle de définition. — Résumé des principales délibérations. — Consistoire du 1 décembre — Le saint Père y annonce officiellement aux cardinaux l’intention de définir l’immaculée Conception de la sainte Vierge le 8 de ce mois. — § vi. Solennité de la définition; récit des principales circonstances qui l’ont accompagnée. — Consistoire du 9 décembre. — Consécration de la basilique de saint Paul. — Joie universelle dans l’Eglise. — § vu. De l’opportunité de la définition, par rapport aux personnes et aux circonstances. — La définition était devenue nécessaire. — L’Eglise eût été inconséquente en ne définissant pas sa croyance. — Le Saint- Esprit inspirait le souverain Pontife. — Le peuple chrétien avait besoin d’un nouveau secours de Marie. — La définition était un excellent antidote contre les erreurs du jour. — § vin. Avantages et résultats pratiques de la définition. — La croyance à l’immaculée Conception est pratique comme les autres dogmes de foi. — Ces avantages résultent de la définition même et de la manière dont elle a été prononcée. — Accroissement du trésor de la foi. — Lumières jetées sur les dogmes de l'Incarnation du Verbe, de la Rédemption et de la Sanctification des hommes. — Manifestation de la vie de l’Eglise; de son unité et de son autorité. — Vif éclat jeté sur le saint Siège apostolique pour le venger des outrages qu’il a subis en 1848. — Accroissement de ia dévotion du peuple fidèle envers la Mère de Dieu. — Lapaix des peuples chrétiens. — La concorde des deux puissances ; un nouveau droit public inauguré par le Concordat d'Autriche. — Autant de gages d’un meilleur avenir. — Conclusion'. 239