INTRODUCTION XIX
avons pourtant traduites littéralement, et nous ne croyons pas avoir offensé quoi que ce soit. Mercier de Saint-L^er a d'ailleurs montré ce que ces reproches ont d'injuste, au moins à certain point de vue. a Pourquoi, » dit-il, « ne pas chercher dans la simplicité des mœurs du temps une excuse à l'indécence des expressions de Gaguin ? Pourquoi, sur ces expressions obscènes d'une physique indiscrète, fonder un soupçon contre la pureté des mœurs d'un Religieux que son siècle vénéra (i) ? » Mais notre révérend père en Dieu maître Robert Gaguin s'indignerait de se voir défendre de la sorte. S'il s'est exprimé comme il l'a fait, sans la moindre honte, sur les rapports conjugaux des père et mère de la Sainte Vierge, ce n'est point parce qu'il écrivait au xv« siècle et grâce à la simplicité des mœurs du temps : il n'a pas été au delà de ce qui a toujours été permis aux théologiens, comme aux médecins, et eût-il écrit au xvi«, au xvii** siècle, et même plus tard encore, qu'il n'aurait pas davantage hésité à dire ce qu'il devait dire. Nous n'en voulons pour témoignage, sans compter tant de gros livres des Casuistes, que ce traité dans lequel un théologien du xviii* siècle a entrepris d'établir la sanctification de la semence de la Vierge dans l'acte de conception du Christ (2). Médecins et théologiens croyaient
(i) Journal des Savants, 1767, p. 451.
(2) Samuelis Schœrii Dissertatio de sanctificatione seminis Maria Virginis in actu Conceptionis Christi, sine Redemptionis pretio (Lipsiae, Braunius, 1709, in-4°).
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