XXII INTRODUCTION
chair ne peut pas être exempte du péché (i). — ^ Nous disons, » affirme-t-il encore, « que tous ceux qui naissent du commerce de l'homme et de la femme contractent le péché originel (2). » Or la Viei^e était bien née du commerce de l'homme et de la femme, de Joachim et d'Anne ; il suivait de là, pour les adversaires du dogme, que sans aucun doute, lors de sa conception, elle avait pu et dû être le plus vite et le plus rapidement possible (citissime et rapidissimej purifiée par Dieu, au point, ce sont les propres paroles de Vincenzio Bandello, « qu'il n'est point de pureté, de blancheur, de sanctification et de beauté spirituelle comparable à la sienne, » mais que l'union charnelle de Joachim et d'Anne s'étani opérée comme toutes les autres, selon la loi commune, et n'ayant pas été exempte de cette volupté qui est un résultat du péché originel, sa conception in fœtu, ante infusionem animée rationalis, était nécessairement entachée de péché. On voit donc que pour réfuter cette opinion, et sous peine de ne rien dire qui fût concluant, Robert Gaguin était obligé de traiter cette question délicate des « embrassements conjugaux » d'Anne et de Joachim, pour nous servir des expressions de
(i) a Dnm vir millier que miscentiir, non est sine ïibidine parentum concuUttis, et ob ïjoc tion potest fiîiorum, ex eorum carne nascentiiim, esse sine peccato conceptus. »
(2) a Dicimus omnes, qui de commixtione maris et fœmi^ na nascuntur, trahere originale peccatum. » (De nuptiis et concupiscent ta).