XXVI INTRODUCTION
Le livre de Vincenzio Bandello paru, en 1481, Robert Gaguin s'en alarma aussitôt. Dans une lettre à l'un de ses amis, le Carme Arnoldus Bostius, de Gand, après avoir déploré l'apathie et la négligence des lettrés, il ajoute : a Pourtant, au milieu de ces ténèbres, Carolus Ferrandus sort de l'engourdissement général pour écrire contre ce Vincent^ que les Dieux puissent-ils anéantir, lui et son exécrable libelle contre la Vierge! Afin qu'il l'eût en sa possession, et l'attaquât vigoureusement, je l'ai communiqué à Carolus (i). » Il lui annonçait de plus que, dés qu'il aurait quelque loisir il entreprend drait aussi de le réfuter. Ce premier travail fut-il le traité en prose, qui est comme le canevas du poème, une matière mise plus tard soigneusement en vers Latins ? sa date précise est incertaine. II en est de même de celle du poème.
Nous l'avons transcrit, pour le réimprimer et le traduire, sur l'édition de 1498 (Durand Gerlier, in-4°, en caractères gothiques), la dernière qu'ait donnée de son œuvre Robert Gaguin lui-même, édition complète et définitive, précédée d'une Épitre dédicatoire à ses collègues, les docteurs de Sorbonne, au jugement desquels il déclare s'être soumis humblement, quant à ce qui regarde l'orthodoxie. Mais
(i) « Inter bas temporis nosiri tenebras expergiscitur tamen Carolus Ferrandus scribere in Vincentium iîîum, eut DU cum suo illo execrabili in Virginem codicilh mdlefaciant ! Quem libellum ut haberet, in quem pila potetiter emitteret, CaroJo communem feci. » Epistola LXI, non datée.
INTRODUCTION i^XXVI!
ce poème en avait eu deux ou trois autres auparavant (i). Nous en trouvons une, avec la date de 1489, mentionnée dans le Supplément au Manuel du Libraire : a Roberti Gaguini Adversus Vincentium de Castronovo, de Conceptu et mundicia Maria Virginis decertatio, cum Commentario Caroli Férrandi. Parisiis, M.CCCC. nowa(sic), 1489; 2 parties de 16 et 30 fF. en un vol. pet. in-40. La préface est datée : Ex adibus nostris apud S. Mathurinum, 1488. Pre» miére édition de ce traité singulier, » dit M. Deschamps. Mercier de Saint-Léger en a décrit une autre in-80, en caractères gothiques, sans chiffi-es, sans nom de lieu ni d'imprimeur, et contenant 466 vers en 14 feuillets, avec ce titre : Decertatio Gaguini contra Vinunlium de Castro-Novo. « Le
(i) Il a, de plus, été réimprimé en 16 17 par Daniel Maillet, prieur claustral des Mathurins (Parisiis, apud Carolutn Chastelain, in-80), opuscule devenu presque aussi rare que les éditions gothiques du xv^ siècle. Cette réimpression est dédiée à Louis Petit, docteur en Décret, général de l'Ordre auquel avait appartenu Robert Gaguin, et précédée : i*» d'une longue épître de D. Maillet sur le dogme de l'Immaculée Conception ; 2° d'un poème de Claude Ralle, ejusdem ordinis aîumnus, dédié au même Louis Petit. Elle passe à tort, d'après une note du Manuel du Libraire, pour avoir 126 vers de plus que les éditions originales, étant entièrement conforme à celle de 1498, comme nous nous en sommes assuré en collationnànt. L'erreur provient d'une indication de Mercier de Saint- Léger, qui n'a pas connu l'édition de 1498, et qui avait confronté la réimpression de D. Maillet avec une édition antérieure évidemment incomplète.
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