XII INTRODUCTION
sainte et immaculée ; » que cetl;p doctrine a devait être approuvée, tenue et embrassée par tous les catholiques, et qu'il n'était permis désormais à personne de prêcher et d'enseigner le contraire (i). » Malheureusement le décret n'avait été porté par les P^res de Bâle que dans leur xxxvi<^ session, après que le concile, anathématisé par Eugène IV et séparé en deux fractions, dont l'autre alla se réunir A Ferrare, eût perdu son caractère de concile œcuménique. Les catholiques restés fidèles au Pape lui refusèrent, à partir de la scission, toute autorité, et les adversaires de l'Immaculée Conception purent considérer ce décret comme non avenu. Il n'en procura pas moins quelques années de repos à TÉglise, et voilà pourquoi Robert Gaguin, au début de son poème, reproche à son contradicteur de réveiller des querelles depuis longtemps assoupies. Elles reprirent, vers la fin du xv» siècle, une nouvelle vigueur, et Ton se combattit avec plus d'animosité que jamais.
L'adversaire de Robert Gaguin, que celui-ci appelle Vincentius de Castro-Novo, et qui est plus souvent
(i) « Doctrinam ilîam disserentem gîoriosam VirginemDei genitricem Mariam, prai^eniente et opérante divini numinis gratta singulari, nunquam actualiter subjecuisse originàli peccato, sed immunem semper fuisse àb omni originàli et actuaîi cuîpa, sanctamque et immaculatam, ianquam piam et consonam cultui ecclesiastico, fidei catholica, recta rationi et sacra Scriptura, àb omnibus catholids approbandam fore, tenendam et ampïectendam, definimus et declaramus, nullique de catero îicitum esse in contrarium pradicare seu docere. «
cité sous le nom de Vincentius de Bandelis^ n'était autre que Vincenzio Bandello, Dominicain, futur général de son Ordre (il fut promu à cette haute dignité en 1501), fort célèbre alors comme l'un des Théologiens les plus hostiles au dogme de l'Immaculée Conception, et connu seulement aujourd'hui comme oncle de Matteo Bandello, évêque d'Agen, l'auteur de Nouvelles bien supérieures â YHeptanUron trop vanté de la Reine de Navarre. Antoniusa Treio, évéque de Carthage, dans une Épître â Paul V, dont un fragment est cité en tête des réimpressions du traité de Vincenzio Bandello, mentionne de ce Dominicain, contre le dc^me en question, deux ouvrages, if {/05 liUllos vel tractatus, « dont il édita l'un sans y mettre son propre nom, l'an de grâce 147s, et qu'il dédia au comte Pietro de Gambara, sous le titre de Libellus de Verilate Conceptianis gloriosa Firginis Maria, Que ce livre soit de lui,» ajoute-t-il, « cela résulte d'un passage de l'autre ouvrage qu'il mit au jour sous son nom, l'an de grâce 148 1, et qu'il dédia à Hercule d'Esté, duc de Ferrare. » La première édition du Libellus de Veritaté Conceptionis ne portait pas, en effet, le nom de Vincenzio Bandello, et l'ouvrage, sorte de catalogue méthodique où sont exposées les opinions, toutes hostiles au dogme de l'Immaculée Conception, de deux cent seize Pères de l'Église, Docteurs ou Théologiens, était donné comme de Frère Petrus de Vincentia, de l'Ordre des Prédicateurs (i). Mais outre
(i) « De Beat a Virginis Conceptione ducentorum ei sexde-