‹ L'Immaculée Conception: histoire d'un dogmeChapitre 10 sur 78 · ET LA CONVERSION D'ALPHONSE RATISBONNE · texte numérisé non relu

ET LA CONVERSION D'ALPHONSE RATISBONNE

tait; il aime le Dieu qu'il haïssait, il vénère la foi qu'il insultait.

Nouveau Paul, Ratisbonne se soumet, fléchit le genou, demandé grâce et ne cherche plus que la volonté du Christ qui, par sa mère, Ta vaincu.

Il ne pense plus qu'à vivre et à mourir pour celle qui vient de se dévoiler à lui.

Explique qui pourra, en dehors d'un miracle, cette extraordinaire et subite transformation.

« Je ne suis pas foui dit encore le converti; j'ai ma pleine raison ; je sais bien ce que je pense , et ce qui sapasse en moi... »

« Ce qui se passe, » c'est une révolution radicale, instantanément accomplie dans une âme rebelle, sous le souffle du Dieu vivant, par un regard de la Vierge.

Nulle autre interprétation ne se soutient, et toute la vie du père Ratisbonne confirmera, avec la plénitude de son bon sens, la réalité du prodige, insoluble si l'on écarte Dieu.

« Vous avez donc vu l'image de la Vierge? demandait le lendemain à Ratisbonne le général polonais Chlabouski, qui a voulu connaître l'homme et entendre de sa bouche l'événement dont toute la ville s'entretient.

— L'image? répond vivement Ratisbonne. Ah!

c'est elle-même que j'ai vue!... Oui, Monsieur, ellemême, en réalité, comme je vous vois là!... »

« Moi qui, une demi-heure auparavant, ajoutait-il, prévenant les objections, moi qui blasphémais encore, qui éprouvais une haine si violente contre la religion catholique I Ma famille est juive , ma fiancée est juive... En me faisant chrétien, je romps avec tous les intérêts, toutes les espérances de la terre.

Et néanmoins je le fais de bon cœur. Je ne suis pas fou ; je ne Tai jamais été, on le sait bien; donc, qui pourra refuser de me croire et de croire à la vérité?... »

Et encore :

« Tout ce que j'ai affirmé est vrai; je le sais, je le sens : quel serait mon but, si je trahissais la vérité, et si je débutais dans la religion par un mensonge sacrilège? »

Que répondre à ces allégations si pressantes et si conformes à toutes les données de la logique? Que répondre à la protestation désintéressée d'un honnête homme qui allait sanctionner son dire, couronner son acte par toute une existence de foi, de prière, de sacrifice et d'apostolat?

Plus on considère les faces diverses de cette merveilleuse histoire , et plus on est forcé de baisser pavillon en présence de réalités qui échappent totalement à la compréhension et à la discussion humaines. Il n'y a rien dans le fait et le récit du fait où le rationalisme puisse se prendre. Chaque détail ajoute au caractère surnaturel de l'ensemble.

Poursuivons notre enquête, et laissons parler l'unique acteur, qui concentre le mouvement et l'intérêt du drame.

Avant la personne rayonnante de la Mère miséricordieuse , le juif déicide avait vu le gibet sinistre du Fils rédempteur.

La nuit du jour qui précéda l'apparition, une croix immobile s'était posée et tenue constamment devant ses yeux.

« J'ai fait, dit-il, d'incroyables efforts pour chasser cette image sans pouvoir y parvenir. »

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