ET LA BIBLIOTHÈQUE DE LA. BIHLLE « LNEFFABILIS
Levant alors se» maina au ciel, Pie IX proféra cette prière :
a Nos cum proie pia benedicat Virgo Maria ! »
Non content d'avoir prodigué à Theureux prêtre dans un jour d'apparat les marques de sa paternelle satisfaction \ Pie IX le félicite et le bénit dé nouveau par un bref du 24 mars 1877, où il vante « cette bibliothèque admirable d'un art si noble et si achevé, monument d'une insigne piété, digne de briller dans une salle^ publique de notre palais du Vatican, à la gloire de la Vierge inmiaculée et pour la perpétuelle édification de la postérité ».
On raconte que sur la fin de ses jours le pieux vieillard allait souvent dans l'appartement privilégié se consoler des épreuves de sa vie par le spectacle des merveilles qui lui rappelaient l'acte le plus heureux de son pontificat*.
* Le saint-père ne se borna pas à des mots gracieux, ni à de touchantes formules d'admiration et de reconnaissance.
Il combla Tabbé Sire de souvenirs précieux.
Après Toffrande d'une grande médaille d'argent, représentant d'un côté Pie IX, et de l'autre la colonne de l'Immaculée Conception de la place d'Espagne, il lui donna un très beau crucifix d'ivoire, présent fait au pontife par la catholique Espagne; et le pape mit le sceau à ses faveurs en voulant que désormais le prêtre serviteur de Marie, promoteur du monument, célébrât les saints mystères dans le calice dont il s'était servi lui-même à sa messe du 11 février.
Pie IX voulut encore , sans nulle sollicitation, accorder des croix de commandeur ou de chevalier de Saint-Grégoire et de Saint-Sylvestre, d'abord à l'un des frères de l'abbé Sire, père d'un ancien zouave pontifical fidèle juscju'au bout ; puis, aux principaux coopéra teurs de l'œuvre : aux orfèvres Paul Christofle et Henri Bouilhet, au peintre Lameire, au sculpteur Lafrance, à l'orfèvre Gliertier, aux imprimeurs Pion et Nourrit.
^ C'est pourquoi l'on a bien fait de célébrer le centenaire de sa naissance par une messe solennelle dite à Saint -Pierre, le 8 décembre 1894, à la même heure où quarante années auparavant le saint pontife proclamait le dogme de l'Immaculée Gonce^tlotL,
Pie IX mourut le 7 février 1878.
Le meuble revint à Paris figurer au Champ de Mars. Peu de jours après la clôture de l'exposition, il repartait pour Rome, et le 8 décembre de Tannée suivante 1879, c'est-à-dire le jour même du vingtcinquième anniversaire de la proclamation du dogme, Léon XIII présidait à sa réception officielle, dans la salle désignée par Pie IX. Gomme Pie IX, Léon XIII manifesta publiquement son admiration , sa reconnaissance et la joie que lui causait Thommage universel dont Toeuvre était à la fois le signe et Tinstrument.
« Voilà qui est vraiment beau, riche, monumental et digne de la Vierge immaculée, » s'écria le saintpère après un examen minutieux.
Puis s'adressant au procureur de la compagnie de Saint -Sulpice^, il ajouta :
« Dites à Tabbé Sire que le pape est content. »
Léon XIII voulut donner à Tauteur une preuve plus directe de son contentement, et il lui adressa le 12 décembre 1879, par Fenlremise de son ministre secrétaire d'Etat le cardinal Nina, « les éloges les plus mérités et les plus justes remerciements, avec la bénédiction apostolique envoyée à lui et à tous ses coopérateurs , comme la meilleure preuve de la reconnaissance d'un père envers ses affectueux et très chers enfants*. »
Désireux de le soustraire à toutes les chances d'ac-
* Le procureur de la compagnie de Saint -Sulpice était alors M. Gaptier, devenu depuis deux ans supérieur général.
^ Dans le bref placé en tête de ce livre, Léon XIII revient avec complaisance sur le Monument de la définition, destiné, dit -il, à recevoir un nouveau lustre de Tœuvre nouvelle, qu'il encourage et qu'il bénit.