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CHAPITRE II

l'immaculée conception et le cantique des cantiques

I, Marie est la mère et la figure de TÉglise catholique. — II. Pratiques littéraires et formules symboliques de la poésie juive et des théocraties orientales empruntées à la vie conjugale, et transmises à notre langue religieuse. Témoignages traditionnels. — III. Transports de TÉpoux qui célèbrent la beauté « sans tache » de rÉpouse et la blancheur du « lis au milieu des épines ». Unanimité et force de Topinion catholique.

Il existe entre la Vierge Marie et TÉglise catholique des similitudes nombreuses et frappantes.

Marie est le type ou la figure de FEglise, et tout ce que FÉcriture nous dit de la grandeur, de la beauté, de Téclat, de la sainteté de TÉglise, s'applique à la Vierge Marie. De même tout ce que la foi catholique enseigne dans nos écoles et chante dans nos temples, en l'honneur de la Vierge Marie, doit s'entendre de l'Eglise.

La ressemblance est si grande que l'Esprit- Saint les identifie perpétuellement Tune à l'autre, et ne

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publie pas les louanges de la première, sans proclamer les gloires de la seconde.

L\ine et Taulre, Marie et TEglise, sont les épouses de TEsprit-Saint , qui, après avoir paré la première de toutes les vertus célestes , vivifie incessamment la seconde.

Les analogies se présentent en foule pour «yjutenir cette croyance.

Marie est la mère des chrétiens, que son Fil^ mourant sur la croix lui confia dans la personne de «^iiii Jean , des chrétiens qu'elle protège et ;njide vet • Dieu leur créateur.

L'Église est la mère des fidèles qu'elle )>apti«^. instruit, dirige, secourt et mène également à Di'ru.

Marie aide ses enfants par sa tendre vîg^JlaiK,':. «^^ persévérante intercession, et elle leur ohti'-nt \*-it grâces nécessaires à Taccomplisëement de hrur d^^*linée.

L'Eglise les aide par sa sollicitude quotidj^nn^ «rt leur prodigue les sacrements nécessaire^ à l'^ur ^^^l^^

Marie règne au ciel, à côté de son Fils re-*«jv it/-. et elle accueille l'Eglise qui, devenue triornplii^/j^'r, doit y régner à son tour.

Le type, l'œuvre, la mission, la volont/r, f/yu^ w? rapproche dans les figures de Marie et de ïlv^U^., éd c'est pourquoi l'Esprit-Saint les unit dan^t ht mhh*i amour et la même glorification.

L'énoncé de cette vérité, admise par UmUt la tn^dition catholique, nous amène directement au Cantique des cantiques.

Que le Cantique des cantiques, le plus merveilleux des poèmes sacrés, célèbre les noces spirituelles de Jéhovah avec son ancienne épouse, la synagogue, autrement dit TEglise juive, comme Tout cru tovis les rabbins; qu'il célèbre les noces spirituelles du Seigneur avec sa nouvelle épouse, TEglise catholique, comme le croient tous nos docteurs, et qu'il faille entendre dans le sens mystique, non dans le sens littéral, les transports d'amour et de ravissement exprimés par Fhymne divine, nous ne nous attarderons pas à le démontrer : nous laisserons ici encore les controverses et les définitions qui ne pourraient qu'alourdir notre marche. Il nous suffit de constater cette opinion unanimement reconnue par la foi et la science orthodoxe. Et nous prévalant des affinités que nous venons d'établir entre Marie et l'Eglise catholique, nous tirerons de l'étude de ces rapports les conséquences qui servent notre cause.

C'était un usage antique répandu en Orient et pratiqué dans toutes les théocraties, de peindre, au moyen d'images empruntées à la vie conjugale, l'union de Dieu avec sa créature, et même l'union du souverain, le dieu terrestre, avec son peuple ou sa cité.

Comme la plupart des Orientaux, les Hébreux avaient pris l'habitude de multiplier dans leur langage les métaphores et les comparaisons. Ils aimaient à par-

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