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ET LE CANTIQLE DES CANTIQUES

1er au moyen de paraboles, de proverbes, de s\Tnboles, d'allégories que le monde visible fournissait aux descriptions du monde invisible. Chez eux le sen<< matériel des mots couvrait et révélait le sens spirituel des choses.

La poésie sacrée recourait surtout à ce mode de style , appliquant spécialement les formules matrimoniales aux communications de Tâme humaine ou de la race juive avec son Dieu . Dans la Bible , Talliance de Jéhovah et d'Israël est comparée souvent à l'alliance de l'homme et de la femme , et le péché d'idolâtrie qui rompait cette alliance porte les noms de fornication , d'adultère et autres affectés à la irshiiifm conjugale. Le peuple juif prévaricateur est assimilé à une femme impudique.

Le Nouveau Testament a hérité de la tradition primitive familière à T Ancien, et il la reprend volontiers.

L'Église devient l'épouse de Dieu, la mère de nef^ enfants ; et les rapports mystiques de Fépoux. de Vépouse, des enfants, rappellent en maint endroit. à l'aide d'images ou d'expressions pareille-^, le?* rapports des époux et des enfants chrétiens.

La foi constante du peuple catholique, rinferpnrlation générale, la prière liturgique, tout ne réunit pour prouver notre assertion, et donner à la vérité que nous établissons une irrécusable autorité.

C'est à la lueur de ces témoignages traditionn^ )• que nous allons pénétrer an fond de la que.*^tiori.

Fidèle aux habitudes de la poésie hébraïque', U- Cantique des cantiques a pour but de rendra; l;§ beauté céleste par des formes terrestre», et il \//j|/' le sens idéal sous le sens familier.

Dans rhymne d'amour que l'Époux et l'Epouse se renvoient avec une tendresse si profonde, il faut voir l'union et les épanchements de Dieu avec l'Église, de l'Esprit -Saint avec Marie, du Créateur avec sa créature .

L'Église, Marie, voilà le double objet de ces répliques enflammées qui, voulant traduire l'amour et l'enthousiasme des personnages , mettent à contribution toutes les splendeurs de la nature.

« Le Cantique des cantiques, dit un commentateur • , se rapporte spécialement et spirituellement à l'Eglise, spécialement et spirituellement à Marie, qui inaugure et reproduit dans sa vie matérielle les péripéties mystiques de la vie de l'Église. »

On ne peut parler plus clairement.

Nous avons affaire à la seconde de ces allégories ; grâce aux fondements qui la soutiennent, nous pouvons l'aborder sans crainte, et en extraire toute une série d'analogies ou de démonstrations.

Partant des principes incontestables qui viennent d'être posés, nous devons restituer à l'esprit tout ce qui dans le Cantique des cantiques semble concerner le corps , eC mettre à la place des qualités plastiques décrites par le poète, les qualités supra-sensibles dont l'éclat le ravit.

* Honoré d'Autun.

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34 LMMMACULÉE CONCEPTION

« L'Epouse brille au milieu des femmes d'Israël comme un lis au milieu des épines. »

Le lis n'est-il point Temblème proverbial , consacré par tous les peuples croyants à la Vierge Marie? Notre mère brillante et douce n'est- elle pas véritablement « comme un lis au milieu des épines », c'est-à-dire des scories, des laideurs et des pointes venimeuses du siècle?

La nature peut-elle offrir une image plus juste et plus gracieuse de la femme idéale que nous vénérons, et mieux appropriée aux élans populaires?

« Quelle est celle qui s'avance du désert comme une fumée qui s'élève des parfums de myrrhe, d'encens et de toutes sortes de poudres de senteur? »

C'est la Vierge immaculée s'élevant comme une fumée des parfums délicieux qui la produisent, et s'avançant dans le désert du monde pour le purifier et l'embaumer.

Elle est « suat^e..., pleine de charmes comme Jérusalem », la ville sainte, la ville précieuse au cœur de Dieu, à laquelle rien dans l'univers ne saurait être égalé.

Au milieu des « soixante reines, des quatre-vingts femmes de second rang, du nombre infini de jeunes filles y une seule ^ dit l'Epoux, est ma colombe et ma parfaite amie : elle est unique pour sa mère et préférée par celle qui lui a donné la vie; les Jeunes filles l'ont vue, et elles l'ont proclamée bienheureuse! »

Mille ans plus tard, dans son chant magnifique d'actions de grâces, la Vierge Marie redira, l'appliquant à elle-même, la parole prophétique de l'Epoux, et

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Nous finissons ce chapitre comme nous Tavons commencé, en invoquant l'opinion catholique universelle, et qu'on y prenne garde : T opinion catholique universelle représente l'élite des esprits et des âmes qui ont éclairé, relevé, gouverné, nourri l'humanité. Elle a traversé dix -neuf siècles et subi l'épreuve décisive du temps , couronnée par l'épreuve de la contradiction et de la persécution. Elle a donc une force irrésistible que ne peuvent balancer de misérables arguties. Les grands génies, les grands savants chrétiens, les grands saints, ont vu dans le Cantique des cantiques ce que nous avons essayé d'y montrer; ils ont vu dans la personne de l'Épouse, l'image de l'Église et de la Vierge Marie ; dans la peinture des sentiments passionnés qui remplissent le chant d'amour, ils ont vu l'image des rapports de Dieu avec l'Église et avec la Vierge Marie.

La beauté, les charmes de l'Épouse figurent à leurs yeux la beauté, les charmes de l'Église et de Marie. Les attraits sensibles de la reine imaginaire symbolisent les attraits mystiques des deux reines effectives du ciel et de la terre , épouses de l'Esprit- Saint, Marie et l'Eglise catholique rassemblées dans la même glorification. Les métaphores brûlantes de l'Epoux s'adressent particulièrement à l'innocence sans (( tache » de Marie; et à ce titre elles fournissent un gage nouveau de la vérité que nous exposons .

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