CHAPITRE
l'immaculée copiciPTio^ rr :.* 1... • ■•• « *. -
I. Caractère unique et dirîii 4* la *^irj.ï. :■ -'-.■,' * portée , conséquence de chaffiui* >♦,•.«.# deur du ciel, adreaaée» a ît»r.i» -- .. primordial de la noaT*l> iC^xu*^ ♦> - -» * .^' teté surhumaine de Mar>. ts^ru^nti-. >♦*.'>.• • - IV. Salutation d'EL-wh^'a: ^^r»";-^ '^ I.- • ^ et prophétique dii Jfi//i..*'V;ir . ;iv. .* -^-^ -^ ' •■ ezceptionoelle de Mane.
Les deux faits prirjçïp*-;-! t** ^ r *-- a -^
qui forment le* pciA-té *« «î-:^ «> ^ •
savoir : la proplt^-.**: -ti yer^C^ •r— <^ - ' ^ .tion angélique. srxLT. 'î*-uur ^.-v:^^- .^..
La prc^hétie vjr. -> ^ \fj.,.^ .- .- Haut ; la Salotalioa «ce* o* i« */ , . .^ ^ milice sainte, me^-^v *:? '^t 7 •> >< .
L'une et raslre ;^»-.*k: 4ri?u*/./ ^.- ^^ > ordinaires^ meTTfl.-#%-a%^ v ^ ^ > ^ n^eût pu imaçixter. c*^ ^^«ftis^.* w. , *» pu proférer, et qui. pa? ii. o<^..*'- # lisent sous nos yeux.
L'une et l'autre constituent des événements incompréhensibles, auxquels le temps donne chaque jour une sanction nouvelle.
Ces deux oracles proclamés, le premier à Tprigine, le second au milieu des siècles, se soudent entre eux et composent la chaîne mystérieuse et sacrée , visible et invisible , qui enveloppe le genre humain pour le conduire à Dieu. A travers quatre mille ans de distance , ils correspondent au plan divin en vue duquel le monde est créé, au moyen duquel il vit et vivra éternellement, c'est-à-dire au plan de la rédemption opérée par Jésus-Christ.
Donc , il n'y a rien , dans les déclarations de l'Esprit-Saint, prononcées en divers temps, en divers lieux, de comparable à ces deux textes, qui dominent et résument nos destinées.
Cette affirmation , qu'il faut prendre au pied de la lettre , va nous aider à saisir le vrai sens du message céleste et à comprendre sa signification par rapport à la doctrine qui est en cause.
Chaque mot réclame l'attention , et chacun , il est facile de le prouver , fournit un argument à notre thèse.
Dans sa formule brève, simple, haute et précise, la Salutation angélique renferme tout ce qui peut élever, ennoblir, exalter une créature et la placer au-dessus de la terre. Elle apprend tout ce que Dieu a voulu faire pour glorifier et sanctifier la Mère du Messie; elle ouvre conséquemment une carrière illimitée au respect et à l'admiration, à la tendresse et à la vénération des hommes. Elle éclaire le mystère, résout le problème, entraîne la conclusion et s'impose comme le sceau divin mis sur la croyance aujourd'hui décrétée.
ET LA SAUTAT10N ANGEUQrE S7
Toutes les misénoordes et les gr&ces de IMeu^ toutes les grandeurs et les supériorités de la Viei^ sont contenues dans cette phrase énnmératiTe , qui atteste un privilège digne de l'œuvre à laquelle la Vierge va être associée <, et qui sert pour cette raison de point de départ à notre foi , comme elle a servi de fondement à la discussion et au jugement de TEglise.
Base initiale du ministère de Marie, la Salutation angélique montre la base initiale du christianisme qui en dérive, et il n^est pas étonnant qu'elle forme la pierre angulaire du nouveau dogme.
Elle suffirait à établir la vérité et justifierait seule la décision du saint-siège.
Les docteurs de l'Église ont toujours parlé avec une sorte de ravissement de la Salutation angélique , et ils ont vu dans sa formule la preuve capitale des complaisances divines et des gloires de Ja Vierge.
Nulle intervention de Dieu sur la terre n'a provoqué plus d'enthousiasme, ni donné lieu à plus d'épanchements.
La plupart des interprètes ont tiré légitimement, des paroles de VAve Maria y toute la série des préï'ogatives et des immunités spirituelles de Marie ; et les litanies , récitées ou chantées par le peuple chrétien , comme un abrégé des hommages traditionnels de l'Eglise , ne sont que le commentaire de
la salutation adressée à Marie par lange Gabriel.
« Je vous salue, Marie, pleine de grâces. »
Il ne faut pas de longs raisonnements pour entendre que la plénitude de grâces, exprimée nettement, implique toutes les perfections, exclut toutes les indignités.
Que signifient et que valent les grâces dont Dieu comble Marie, si elles se brisent du premier coup contre une malédiction ?
Le mot de Tange, formel, décisif, n'admet pas de restriction ; il n'admet pas surtout la réserve qui serait sa négation et sa condamnation.
Marie a pleine de grâces ]» n'a pas commencé par le péché originel, la pire des disgrâces. Sa vie, miracle de la bonté divine, modèle d'innocence, de vertu, de sainteté, terminée dans une assomption, n'a pas commencé par l'iniquité. Tant de faveurs exceptionnelles ne sauraient avoir pour point de départ un état criminel.
Si la vie et la mort de Marie « pleine de grâces » sont à Dieu, l'origine n'en peut être au démon.
Dieu, qui demandait les prémices des champs d'Israël, a voulu garder pour lui les prémices du champ virginal auquel il allait confier la semence de son propre fils et la semence du nouveau peuple.
Il n'a pas abandonné ces prémices à Satan.
Une telle supposition offense la logique, répugne à la conscience.
Il y a dans l'assemblage des deux termes une contradiction si flagrante, que le sens commun se refuse à l'affronter, et une inconséquence dont nul croyant n'oserait charger la Raison suprême.
La plénitude de grâces ne reconnaît ni atermoiement, ni sons-entendu y ni réduction, pas plus dans la nature que dans la durée. Elle confère une sainteté parfaite; elle s'étend à la personne, à la vie tout entière de Marie, et ne souffre pas qu'on lui porte atteinte en quoi que ce soit, ni qu'on lui suscite en quelque moment que ce soit une exception. Finalement, elle ne laisse aucune place à Féquivoque ou à l'incertitude.
La prérogative est unique et ne s'applique qu'à Marie.
Ce nouveau caractère se joint au premier pour donner à la faveur céleste une étendue qui embrasse tout.
Il faut donc conclure hardiment que la grâce originelle est comprise dans la plénitude de grâces annoncée par l'ange Gabriel.
Elle est la première en nécessité comme elle est la première en date ; elle est la condition fondamentale des autres.
Les grâces qui surabondent dans l'existence de Marie démontrent et garantissent la grâce de sa conception.
Dieu toujours présent n'est pas absent au début.
Cette plénitude est telle, si vaste et si compacte, que tous les dissidents qui ont tenté d'en détacher une fraction, soit la grâce de la virginité unie à la grâce de la maternité divine, ou la grâce d'une vie irréprochablement pure, ou la grâce d'un crédit toutpuissant auprès de Dieu, ont été tour à tour condamnés.
Pourquoi la grâce de la pureté originelle , que tous
les miracles postérieurs déterminent, n'aurait- elle pas la même consistance, et comment trouverait- elle des rebelles chez le peuple chrétien, quand sa répudiation provoque le même verdict ?
Peut - on supposer la Vierge , Mère du Christ Rédempteur du monde , élevée par une série de miracles sans pareils jusqu'au trône de Dieu , privée du miracle primitif qui la garde de la tache commune, et restant confondue dans la masse humaine sujette du démon?
Peut- on supposer la Mère du Sauveur, exaltée par tant de prodiges, ravalée au moment de sa naissance jusqu'au péché mortel et appartenant au démon, sans qu'on puisse assigner le jour ou le fait qui l'en a dégagée ?
Une semblable hypothèse tombe d'elle-même.
La tache, la culpabilité et par suite l'inimitié, la haine, la colère divine, la menace d'une peine éternelle, ne peuvent se concevoir ici et ne sauraient atteindre la créature choisie à laquelle le Juge suprême adresse une communication spéciale, pour l'assurer de sa faveur unique et lui octroyer la plénitude de ses grâces.
La suite de la Salutation agrandit l'horizon et dissipe toute ombre dans l'esprit du chrétien.
a Le Seigneur est avec vous. »
Comment le Seigneur serait- il avec une créature coupable? Comment sera-t-il bientôt en une créature coupable ? Car ces deux sens sortent nécessairement l'un de l'autre.
<( Dominus tecum, jam tecum est qui erit in te, » dit saint Augustin.
Non content de lui prodiguer ses faveurs, le Seigneur va se donner à la Vierge.
Aucun texte dans l'Ecriture n'égale la sublimité en même temps que la simplicité de celui-ci.
Il imprime à l'âme un essor inconnu ; il unit Dieu à l'homme dans un rapprochement aussi étonnant par sa familiarité que par son insondable profondeur.
Il serait difficile de trouver une déclaration plus saisissante des privilèges de Marie.
La fin de la phrase ne peut qu'en accroître la signification et la portée :
« Vous êtes bénie entre toutes les femmes. »
Que veut- on de plus?
Toutes les fenmies s'effacent, s*inclinent devant la femme élue.
Les grâces dont le Seigneur la remplit, l'habitation que le Seigneur place en elle, font de Marie la femme unique, qui n'a rien de commun avec les autres, et qui surtout ne peut partager leurs misères.
Les bénédictions du Dieu vivant s'ajoutent à ses complaisances, pour faire de celle qui en est l'objet la figure suréminente de l'humanité.
Marie deviendra le point de mire comme l'égide du monde croyant.
Elle est ce bénie entre toutes les femmes i^ , afin de répandre à son tour la bénédiction divine sur la terre ; et comment pourra -t- elle remplir sa mission, si la source de la bénédiction concentrée en elle est obstruée, corrompue, desséchée par les poisons venant de la première purulence ?
D'autre part, la bénédiction divine, destinée à
rajeunir la terre, tomberait à faux ai Marie, la seconde Eve, était moins privilégiée originellement que la première Eve ; et elle deviendrait un odieux contresens si la faute de la première rejaillissait sur la seconde, choisie pour TefFacer.
Marie expiatrice, Marie réparatrice serait au -dessous d'Eve coupable !
Que vaut la bénédiction qui élève Marie au-dessus de toutes les femmes, si cette bénédiction la laisse égale aux autres femmes souillées, et inférieure à la femme prévaricatrice ?
Dans la bénédiction apportée par Tange , les Pères de l'Eglise ont toujours vu justement le contraire de la malédiction commune et le contraire de la malédiction originelle.
En saluant la Vierge « bénie entre toutes les femmes » , Tange Gabriel a fixé , dès l'origine , la foi des fidèles et la doctrine de TEglise.
Toute la scène, toutes les paroles de l'Annonciation sont la confirmation et le développement de la première phrase.
Elles placent Marie comme en dehors du cycle humain ; elles annoncent et synthétisent le christianisme.
Proférés avant l'événement, consignés par un témoin qui a remonté aux origines peu d'années après la mort du Christ et transmis par une tradition authentique ininterrompue , les discours de l'ange
révèlent le miracle primordial de la nouvelle alliance, de même qu'ils découvrent expressément l'œuvre culminante de Dieu, Tlncarnation.
Plus on les médite, plus on leur voit prendre un relief surhumain contre lequel rien ne peut prévaloir.
Tout est miraculeux dans TEvangile ; mais aucun des faits qui composent son histoire n'égale ou ne dépasse le caractère surnaturel de l'Annonciation.
Le récit de saint Luc offre en outre un puissant secours dans la discussion de notre cas particulier.
Gabriel revient sur sa première affirmation et il répète le même mot significatif :
« Vous avez conquis tes grâces de Dieu, »
Puis il ajoute :
« Vous concevrez et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus... Il sera grand et s'ap^ peltera le fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David ^ son père; il régnera éternellement dans la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. »
Les prophéties bibliques relatives au triomphe de Jésus -Christ reçoivent ainsi de la bouche de l'ange une nouvelle autorité :
« Le Saint-Esprit, dit encore Gabriel, descendra en vous; la puissance du Très-Haut vous couvrira de «on ombre, et l'Etre saint qui naîtra de vous ne sera autre que le Fils de Dieu. »
Le Fils de Dieu! c'est-à-dire le Fils engendré de Dieu^ produit de l'esprit de Dieu, Dieu de Dieu, Verbe de Dieu , fait homme par la femme qui unit de la sorte l'humanité à Dieu , réalisant dans ses chastes
entrailles l'extraordinaire prophétie que le voyant d'Israël formulait huit siècles avant Tànge Gabriel, prophétie rédemptrice dont le mpnde entier a gardé le souvenir et l'espérance !
En face de ces oracles surprenants, devenus le fondement de l'histoire et de la civilisation même profanes, que l'on pose l'hypothèse d'une déchéance, d'une corruption dans la vie ou la personne de celle qui apparaît environnée de tant de gloire, et Tanomalie est si choquante, le contraste si monstrueux, que l'on recule malgré soi ; toute réticence s'évanouit, et l'on place instinctivement la créature ornée de tant de dons dans le cadre harmonieux que Dieu lui a préparé. C'est le seul moyen de comprendre l'ensemble des merveilles opérées en elle, et l'ensemble de l'œuvre qui va se dérouler sous ses auspices pour transformer l'univers.
Agrandi par le miracle de son accomplissement indéfini, le miracle de l'Annonciation donne la mesure de la beauté inaltérée , de la sainteté immaculée de Marie, qui assemble en elle l'un et l'autre prodige.
Marie ne se trompe pas sur la signification ou la portée du message de Gabriel; et quand elle entendra sa cousine Elisabeth, sous le souffle du mèta&
Dieu, joindre à sa salutation, écho de celle de Fange, la prophétie qui lachève :
« Et le fruit de vos entrailles est béni : 9 tout soudain s'illuminera dans Tesprit de la Vierge mère , et elle s'écriera à son tour, portée aux derniers sommets de la vision et de Textase :
« Mon âme glorifie le Seigneur... parce qu'il a abaissé son regard sur l'humilité de sa servante... Le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses. ]»
Ces « grandes choses » se résument dans le Fils du ff Tout-Puissant », qui, incarné en elle, va devenir par elle le vainqueur du démon, le vainqueur de tous ceux qui à la suite du démon se révoltent contre Dieu, et du même coup le chef, le guide, le soutien de tous ceux qui veulent monter vers Dieu.
Eclairée par F Esprit -Saint, Marie perce la nue et révèle les destinées futures :
ail a renversé les puissants et exalté les humbles. »
Les «c humbles » se reconnaissent dans Marie et dans tous ceux qui vivent sous son aile.
Marie reste la « servante » de Dieu I
Elle n'est rien et ne veut rien être que par Dieu , pour Dieu ; et devant l'éternel hosanna des générations qui acclament son nom , elle s'incline pour en faire hommage à Dieu et lui en rapporter tout le mérite.
a II a relevé Israël y son enfant, se souvenant de sa miséricorde, comme il a promis à Abraham et à sa postérité, » ajoute- 1- elle,
rapprochant ainsi le passé, le présent, l'avenir, l'ancien peuple et le nouveau , et montrant justifiée dans
^ L^IMMAGULÉE CONCEPTION
sa personne la promesse faite à Abraham, qui va se poursuivre par elle et par son Fils jusqu'à la fin des siècles, pour retomber éternellement en fruits bienfaisants sur les élus.
L'hymne tout entier est un cantique de joie et de reconnaissance sans précédent et sans imitation ; il ne pouvait jaillir que dans une circonstance unique, sous le coup d'un enthousiasme transporté subitement à la hauteur des perspectives célestes qu'il dévoile. Le Magnificat publie, en des termes que Marie seule pouvait trouver dans un pareil moment, l'élection dont elle est gratifiée et les prérogatives conférées par l'élection. Il relie les anciennes prophéties à celles qiii vont suivre ; il est le trait d'union entre la Bible et l'Evangile, entre le judaïsme et le christianisme; il ouvre, célèbre un monde inconnu, et fait de la Vierge qui l'exhale en une heure d'effusion sainte, l'objectif des grâces et des faveurs qui par elle vont se répandre sur la nouvelle humanité.
Réplique de la Salutation, le Magnificat lui donne toute son ampleur et fournit le plus éclatant témoignage des vertus et des gloires sans tache de la Vierge Marie.
Quand des paroles, si fort en dehors et au-dessus des horizons terrestres, survivent à tous les siècles et montent à mesure qu'elles s'éloignent de leur source , contrairement aux choses humaines, en tirant de leur vérification même une vigueur nouvelle, on peut déclarer hardiment qu'elles sont de provenance divine, et qu'elles séparent la femme dont elles révèlent la grandeur, des autres filles d'Eve.
Remarquons, avant de terminer, la force apologé-
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appela > f 5-L^ lu 7----r-i-.!ir • ' -^ l z^ f d'Étsai^'i ^ r.^^^-'-i. -•:.- »! i- i • -- :- ^
n'est-evl-e pit* ^z*'-:'^*^-' îti;' cl::' i-;:* '■.* ' -^. .'-:.•'./.»..■toos le* lieux <f - z*--'.-*t T
Qa*oo solide q'je •zjç* :r-^v*r:^ tr**. '^* ;;«'•%»#'-» ;/' x se passent et *ie c^*^zj'. .. i a c • 1,^::^/ r,.. •
dans de pauvres maisons d'une province juive, entre des femmes obscures, et que ces choses, ces paroles, sans écho quand elles se produisent, sont devenues la loi du monde, le fond de la vie, le cadre en quelque sorte où Tiinivers se meut ; et Ton reconnaîtra que la femme élue pour inaugurer les temps nouveaux , prédite elle-même depuis quatre mille ans par une parole non moins extraordinaire, est née, vit et trône dans un rayonnement divin, que nul souffle infernal n'a pu obscurcir.