‹ L'Immaculée ConceptionChapitre 20 sur 127 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

l'immaculée conception et les autres immunités de marie

I. L*absence du péché originel résulte en Marie de Tabsence des suites du péché originel. La déchéance primitive manque quand la fragilité humaine n'existe pas. — II. La virginité du corps assure la virginité de Tâme. La suspension des lois de la nature démontre en faveur de Marie la suspension des lois de la justice. — III. Le péché originel ne laisse pas plus de traces dans la vie matérielle de Marie que dans sa vie morale. Citation de saint Jean Damascène et de Bossuet. — IV. Le second Adam ne peut venir, comme le premier, que d'une terre vierge. La seconde Eve, qui dissipe le mal causé par la première , ne peut être inférieure à la première , ni atteinte du mal dont l'autre est affranchie. — V. Corédemptricc du monde, Marie s'unit au sacrifice de l'Agneau qui efface les péchés du monde. Stabat juxta crucem... Expia trice et médiatrice comme son Fils, Marie ressemble à son Fils et possède comme lui toutes les vertus réparatrices.

La raison théologique , si féconde en preuves déterminantes quand on l'applique aux rapports de Marie avec chacune des trois personnes de la sainte Trinité, n'est pas d'un secours moindre quand on l'applique à l'étude des divers attributs de la Vierge. Elle présente une confirmation nouvelle du dogme défini,

grâce à l'appui de cet axiome proverbial qu'il n'y a point d'effet sans cause. Si nous ne trouvons dans Marie aucun des effets ordinaires du péché originel, nous serons en droit de soutenir que la cause manque, c'est-à-dire que le péché originel ne l'a pas effleurée.

Cette dernière recherche, faite brièvement , couronnera les précédentes.

Tous les Pères et les théologiens, même ceux demeurés hostiles ou hésitants en face de la doctrine de l'Immaculée Conception , ont reconnu que le souffle de la concupiscence, né de la chute du premier homme, etl'egpritde révolte qui en sort, n'eurent jamais d'action dans l'âme de Marie ; ils ont professé que Marie vécut , du commencement à la fin , dans Tétat d'innocence et de sérénité de nos premiers parents.

D'après le concile de Trente, l'Église croit et

^ enseigne que Marie, à l'opposé de tous les autres

g enfants d'un père coupable, n'a commis aucune de

|) ces fautes, ni éprouvé aucune de ces défaillances

qui ont pour résultat d'éloigner momentanément de

Dieu les meilleurs d'entre nous.

C'est donc que le péché originel, principe de ces fautes et de ces défaillances, n'a point paru en elle.

Le péché actuel, véniel ou mortel, ne se montrant pas, il s'ensuit que le péché originel principe du péché actuel n'existe pas dans Marie.

Creusons davantage ce filon.

Puisque la croyance à l'innocence parfaite de la Vierge durant sa vie est une vérité appartenant à la tradition constante de l'Église, on peut et l'on doit

conclure hardiment de cette vérité l'exemption da péché originel.

Qui veut le plus veut le moins.

Dieu , qui par une faveur exceptionnelle préserve Marie de toute faute personnelle venue de la volonté, la garantit à plus forte raison d'une faute impersonnelle venue de la nature déchue.

La volonté dépend de la personne. La nature dépend de Dieu.

Dieu qui nous a donné le libre arbitre peut moins sur la volonté que sur la nature.

Dieu , veillant sur la volonté de Marie au point de la garder de tout péché actuel y a veillé sur sa nature afin de la garder du péché originel.

Le péché actuel était au pouvoir de la volonté de Marie.

Le péché originel était au pouvoir de la volonté de Dieu.

Si Dieu a sauvé Marie de l'un, il l'a sûrement sauvée de l'autre.

On peut invoquer d'autres considérations :

Dieu préservant Marie du péché, même véniel, a voulu certainement la préserver du péché mortel et par conséquent du péché originel.

Lorsque, par une grâce insigne, une âme reste indemne du premier, on peut la déclarer sans exagération indemne du second.

Libre de tout péché véniel , Marie reste libre du péché mortel et du péché originel.

L'absence de la plus petite tache entraine nécessairement l'absence de la plus grande.

ET LES AUTRES IMMUNITÉS DE MARIE iOt

Tons les arguments qui parlent en faveur de Timpeccabilité de la Vierge pendant sa vie s'unissent donc pour écarter la présence du péché originel au moment de son entrée dans la vie.

Comme Fimpeccabilité de Marie, sa virginité par-faite est une vérité proclamée dès le premier jour, et résumée traditionnellement dans les Églises d'Orient et d'Occident par cette double formule similaire : *Âuic(xpOev<K et semper virgo, qui veut dire toujours vierge.

La vii^inité perpétuelle est la condition et le complément miraculeux de la maternité divine.

La virginité du corps n'était pas moins nécessaire que la virginité de l'àme pour faire de Marie le tabernacle du Fils de Dieu. L'une et l'autre s'attirent, s'enchainent ; et la virginité de l'âme ressort invinciblement de la virginité du corps.

L'àme de Marie , devenue avant le corps la demeure du Verbe, conmiençant par l'amour et le désir Tincarnation qui allait s'accomplir par la chair et le «lanc; « devait être vie^e et pore au même titre que le f;orp*.

Dieu ne pouvait pas faire à l'âme une faveur moindre qu'au corps.

L'mtégrité de l'un appelle l'intégrité de l'autre, La première n'est en réalité qu'un reflet ifc b

seconde, dans la proportion rtspeetire qui mH fe

corps au-dessous de Tânie.

Dieu n'a pas suspendu les lois générales de là nature en faveur du corps de la Vierge, pour les appliquer sans rémission contre son âme.

On ne peut admettre le .dommage de Tàme et rejeter le dommage du corps.

Si rhumanité de Jésus naissait du corps de sa Mère en le laissant intact, la divinité de Jésus pénétrait Tâme de sa Mère en la gardant intacte.

L'âme ne pouvait être moins privilégiée que le corps pour entrer en commerce avec Dieu .

Dieu, arrêtant les effets de la nature afin de conserver l'intégrité du corps de la Mère de son Fils, n'aurait pas arrêté les effets de sa justice afin de conserver l'intégrité de l'âme et la garantir de toute blessure !

Le corps vierge de la Mère de Dieu aurait contenu l'âme souillée ; et l'âme jadis souillée régnerait au ciel dans le corps vierge !

Qui pourrait s'arrêter à de telles contradictions et comment ne pas les concilier en disant, après saint Ambroise et les plus grands docteurs, que Marie a toujours été vierge d'âme et de corps, ce qui rentre dans la tradition séculaire comprenant l'intégrité immaculée de l'âme avec celle du corps.

La virginité miraculeuse du corps de Marie, qui suppose la virginité mii:aculeuse de l'âme, s'accompagne d'autres privilèges ou .exemptions physiques

non moins particulières, qui contribuent à démontrer le privilège et l'exemption spirituelle.

« Tu enfanteras dans la douleur, » dit le Seigneur à Eve coupable, pour la punir de sa désobéissance et pour infliger à toute génération le signe de sa colère et de son châtiment.

Marie seule échappe à Tanathème.

La naissance de Jésus est pour elle, comme pour le ciel et la terre, comme pour les anges et les bergers, une cause d'allégresse. Elle ne ressent ni souffrance ni embarras. Les suites cruelles de Tenfantement ne pèsent pas siir la Mère de Dieu.

c Celle qui avait conçu dans la virginité enfanta dans la virginité. L'Évangile le laisse entrevoir. Elle ne connut pas les faiblesses ni l'accablement de nos mères. C'est elle-même qui reçoit son eïifant, ellemême qui le couche dans le berceau improvisé... *. »

Encore une fois, la cause invisible manque là où Teffet visible de la cause n'apparaît pas, et le récit de l'évangéliste suffit à détruire la possibilité même de Teffét.

Dans l'épreuve de l'enfantement, Marie « bénie entre toutes les femmes » est exemptée de la « dou- Ifeur », conséquence du péché.

L'immunité du corps, autant que sa virginité, atteste l'immunité et la virginité de l'âme.

Cette immunité corporelle durera jusqu'au dernier jour.. :'

La Vierge mourra, comme son divin Fils; elje

* R. P. Didon, Jésus- Christ, t. I, p. 52. Paris, 1891.

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mourra, c^est-à-dire elle passera de cette vie à l'autre, de la terre au ciel , par une espèce de sommeil mystique, d'éclipsé mystérieuse, d'assomption triomphante, que le Christ lui-même a connus; mais elle ne souffrira pas plus la corruption de la mort qu'elle n'a souffert la corruption de la vie.

Sur ce terrain nouveau, la Mère ressemble au Fils sorti victorieux et rayonnant du sépulcre.

L'infection, l'ignominie , l'opprobre du tombeau n'ont prise ni sur la Mère ni sur le Fils.

L'incorruptibilité du corps garantit l'incorruptibilité de l'âme, et l'absence du péché originel se continue par l'absence de ses suites.

c Votre virginité, dit saint Jean Damascène parlant à la Vierge, avait été gardée intacte dans l'enfantement du Sauveur ; votre corps a été gardé intact quand votre âme en est sortie , afin que le tabernacle de Dieu ne fût point corrompu , mais transformé par la puissance divine en un tabernacle éternel... Votre passage à l'autre vie ne doit donc pas être appelé une mort, mais un sommeil ou un voyage, ou, pour mieux dire , un passage à votre propre demeure , à la vision de Dieu^ »

« Montrez -moi, s'écrie Bossuet, une autre mère de Dieu, une autre vierge féconde, faites- moi voir ailleurs cette plénitude de grâces, cet assemblage de Vertus divines ... et toutes les autres merveilles que j'admire dans la sainte Vierge, et puis dites, si vous voulez, que l'exception que j'apporte à une loi gêné-

* Saint Jean Damascène, Orat, I. In Dormit, B. V. M., n. iO, t. II, p. 865. La même pensée reparaît dans les écrits de saint Bernard.

raie en faveur d'une personne si extraordinaire a des conséquences fâcheuses. . .

c Si... nous y voyons (dans la vie de Marie) un enfantement sans douleur, une chair sans fragilité, des sens sans rébellion , une vie sans tache , une mort sans peine, si son époux n'est que son gardien, son mariage le voile sacré qui couvre et protège sa virginité, son fils bien -aimé une fleur que son intégrité a poussée..., qui pourra croire qu'il n'y a eu rien de surnaturel dans la conception de cette Princesse, et que ce soit le seul endroit de sa vie qui ne soit pas marqué de quelque insigne miracle * ? >

Pourquoi et comment le miracle serait- il absent du commencement de cette vie qui ne fut qu'un tissu c d'insignes miracles », marques infaillibles d'une destinée placée en dehors et au-dessus de toutes les conditions humaines?

c Quelque doute qu'on me propose, redira plus tard Bossuet accentuant sa pensée, je ne puis abandonner au péché la conception de cette Princesse, qui doit être en toute façon si privilégiée *. »

Suivant notre habitude, nous n'avons fait que l'épéter ou commenter la parole de nos Pères et de ^os guides, qui se reproduisent exactement à plus de mille ans de distance.

Quelques réflexions générales termineront notre examen.

* Bossuet, Premier germon pour la fête de U Conception de la Mainte Vierge.

Bossuet, Deuxième germon pour la fête de la Conception de la •«inte Vierge.

Nouvel Adam, Jésus -Christ a eu, comme le premier, une origine exceptionnelle.

Le premier et le second Adam apparaissent dans Ce monde en dehors des lois communes de la génération humaine : ils sont le produit inunédiat de la volonté et de Taction divine.

Le premier Adam est formé d'une terre vierge.

Le second Adam, venu pour expier le crime du premier et refaire Tœuvrç primitive, sera- 1- il formé d'une terre souillée ?

Poser la question c'est la résoudre.

L'humanité du second Adam^ innocent et rédempteur, ne pouvait dériver d'un principe moins pur que l'humanité du premier Adam, coupable et prévaricateur.

Les Pères reconnaissent cette impossibilité quand ils saluent « la terre vierge, l'argile pure, le sang béni » d'où Jésus -Christ est issu.

Le trait de ressemblance qui unit le premier et le second Adam unit donc la première et la seconde Eve, sorties immaculées des mains de Dieu.

L'une est la mère des corps ;

L'autre la mère des âmes.

L'une, la mère des humains dans l'ordre de la nature ;

L'autre, la mère des humains dans l'ordre de la grâce.

ET LES AUTRES IMMUNITÉS DE MARIE i07

En tant que mères universelles de la double humanité, Eve et Marie procèdent, également innocentes, Tune de la côte d'Adam, l'autre de Tunion jusque-là stérile des parents.

Si nous refusons à la seconde Eve l'innocence originelle, lot de la première, nous arrivons à des déductions monstrueuses :

La femme qui nous perd est plus pure que celle qui nous sauve.

La femme qui commet la faute est originellement moins coupable que celle qui répare la faute.

Eve fait peser la peine de sa désobéissance sur Marie qui l'efface ;

Marie , qui ferme la plaie occasionnée par Eve , est atteinte d'une contagion dont Eve est préservée.

Celle qui inaugure Tordre de la nature et engendre les corps est plus avantagée que celle qui inaugure Tordre de la grâce et engendre les âmes.

La mère des pécheurs naît sans péché ;

La mère des justes naît en état de péché.

La femme maudite na!t dans la bénédiction;

La femme bénie naît dans la malédiction, et apporte la bénédiction sous le coup de la malédiction.

Celle qui provoque la colère de Dieu vient dans son amitié ;

Celle qui éloigne la colère de Dieu vient dans son inimitié.

Il est inutile d'insister sur des contradictions 6t des antinomies que leur seul énoncé suffit à condamner.

Un homme et une femme nous ont perdus ;

Un homme et une femme nous ont sauvés.

108 L'IMMAGDLÉE CONCEPTION

Les premiers sont les auteurs de rhumanité déchue ;

Les seconds les auteurs de rhumanité relevée.

Marie nous a rendu Dieu, le ciel, la vie qu'Eve nous a ôtés, au lieu de Satan, de Tenfer, de la mort auxquels Eve nous a livrés.

L'une restitue à la race d'Adam tous les biens dont l'autre la dépouille.

« La mort est venue par une femme, a dit saint Augustin après saint Irénée, et la vie par une femme : la perte par Eve , le salut par Marie ! Per feminam mors y per feminam vita ; per Evam interitus, per Mariam salus^. y>

Par conséquent la seconde ne peut le céder à la première sous le rapport de la grâce originelle et de la pureté primitive.

Plus on considère les diverses faces de la vie et des destinées de Marie, plus on trouve de clartés.

Co-rédemptrice du monde conjointement avec son Fils, Marie est, ainsi que son Fils, la désirée des nations. Promise aux patriarches, annoncée aux prophètes, attendue par les justes, elle participe aux souffrances et aux gloires, à l'humiliation et à la victoire de son Fils.

Elle est avec lui l'instrument de l'Incarnation et de la Rédemption.

' Aug. De Symb, ad Calech,, serm. III, cap. iv.

On Ta comparée justement à Téchelle de Jacob qui relie la terre au ciel, aux tables de la loi sur lesquelles Dieu a gravé son Verbe.

Enfantant Texpiateur, Marie s^unit à l'expiation.

Depuis Betbléhem jusqu'au calvaire, elle accompagne son Fils, souffre avec lui, pleure sur lui et devient la Mère des Sept douleurs. Elle présente son Fils en holocauste à Dieu, pour le salut du genre humain.

Elle a sa part dans le sacrifice -de l'Agneau qui efface les péchés du monde.

En consentant à donner la vie au Rédempteur, Marie consentait du même coup à partager les affires de sa mort.

Et c'est aux heures solennelles du commencement et de la fin de l'histoire évangélique qu'on la voit paraître et dominer la scène.

Discrète ou voilée pendant les autres péripéties où sa présence n'est pas nécessaire , Marie se montre en première ligne au commencement et à la fin, qui constituent les deux instants décisifs de l'Incarnation et de la Rédemption.

c Ecce ancilla Domini... b « Stabat juxta crucem... mater ejus ! » L'évangéliste a marqué le dernier épisode d'un trait sobre non moins que saisissant.

c Stabat ! 7> Marie se tenait debout , refoulant son

angoisse, ferme, immobile et grave, comme le prêtre

qui préside au sacrifice et ofïre sa victime au ciel afin

de l'apaiser.

Marie a fourni la victime.

Elle l'a fournie de sa chair et de son sang: c*est

440 LIMMACULÉE CONCEPTION

son sang, le plus pur de son sang qui coule sur le calvaire et qu'elle regarde couler. Et ce sang qui lave, renouvelle Thumanité, on le voudrait contaminé à l'origine par la plaie qu'il doit cicatriser I

On voudrait que le flot purificateur, qui du calvaire inonde l'univers et l'assainit incessamment, pour le rendre digne de subsister devant la face du Très- Haut, fût empoisonné à sa source par la bave du serpent, vainqueur et contempteur de Dieu, jusque sur le théâtre de l'expiation !

Bossuet est de l'avis contraire quand il dit : « ...Ne craignons pas d'assurer que le sang de notre Sauveur fera remonter sa vertu jusqu'à la conception de sa mère , pour honorer le lieu dont il est sorti*. »

Rédemptrice, expiatrice avec son Fils, Marie est médiatrice avec lui : elle sert d'intermédiaire entre Dieu et les hommes, et répand sur les hommee les mérites du sacrifice. Jouissant par son Fils des fruits de la Passion, elle les applique sans cesse, par sa vigilante et toute-puissante intercession, aux âmes qui se tournent vers elle.

Associée et coopérant étroitement à l'œuvre de Jésus, Marie ressemble à Jésus en tout ce qui intéresse l'œuvre. Aide du Rédempteur, elle a les vertus et les immunités propres à lui porter un secours efiScace.

Comment la Mère et l'aide du Rédempteur, envoyé pour effacer les péchés du monde, ne serait-elle pas, ainsi que le Rédempteur, libre de tout péché ?

^ Bossuet, Deuxième sermon pour la fête de la Conception de la sainte Vierge,

ET LES AUTRES IMMUNITÉS DE MARIE i 1 1

Comment la Mère venue avec son Fils pour relever les hommes de la chute aurait- elle débuté par la chute ? Le premier pas eût été un faux pas capable d'arrêter ou de troubler toute la carrière !

La nature de la mission confiée à la Mère et au Fils demandait l'exemption pareille et absolue de rinfection que l'un et l'autre allaient chasser.

Disons donc que, pour affranchir les hommes, Marie devait être affranchie de toute servitude et payée d'avance du prix de la rançon qu'elle appor-* tait aux hommes.

On peut ajouter que l'humanité refaite n*eût pas été disposée à tant honorer la Mère du Réparateur, si elle n'avait vu dans Marie qu'une créature semblable aux autres et soumise à la même corruption.

Pour conquérir l'hommage enthousiaste des fils d'Adam, Marie devait être en tous points supérieure aux fils d'Adam.

C'est amoindrir la Vierge et la rendre jusqu'à un certain point indigne du culte dont elle est l'objet ^ que de l'abaisser au niveau de l'infirmité commune.

Le dogme de l'Immaculée Conception sort, on le voit, du fond même du christianisme : il se lie à tous les mystères de notre religion.

Qui accepte les uns, accepte l'autre.

Tous s'enchaînent, se commandent et ne trouvent de résistance que chez les gens qui, se plaçant sur le terrain des négations absolues, rejettent la réalité même des fondements de notre foi.

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