ET LES PÈRES OU LES DOCTEURS DE L*É6L1SE GRECQUE
Tel est le sentiment de saint Grégoire, évêque de Nysse, contemporain de saint Éphrem, qui vante la pureté incorruptible de Marie : « purilas incorrupta * » .
Avant lui, saint Justin ', martyr en 167, qui touchait aux apôtres, saint Irénée, évêque de Lyon', TertuUien *, saint Grégoire le Thaumaturge *, saint Basile, évêque de Gésarée', avaient mis en regard les deux femmes et leur œuvre opposée, due à la culpabilité de Tune, à l'innocence de l'autre.
On peut conclure que ces grands hommes partageaient Topinion de saint Grégoire de Nysse , et que celui-ci traduisait la croyance traditionnelle, en tirant la conséquence des prémisses admises par tous.
Autant de témoignages accumulés qui aident à suivre le courant de la « vraie foi » primitive et servent à son interprétation.
Nous arrivons aux personnalités les plus marquantes de TËglise grecque.
A la fin du iv" siècle, saint Jean Chrysostome place ces mots dans la bouche du Seigneur, s'adressant au démon :
« Je ne me contenterai pas de te voir ramper sur la terre : je t'opposerai une femme qui sera ton ennemie sans pacte avec toi'. )»
Une femme a sans pacte » avec le démon n'a pu
^ Hom, XIII in Canticum canticorum,
* Dialog. cum Tryphone Judaeo,
3 Liber III adversus Hœreses, cap. xxiii, et lib. V, cap. xix.
* Lib. de Carne Chriêti, cap. xvii.
* Sermones de Annuntialione B, M, V. BibL Max. Patrum, tora. III, p. 314 et 315.
* Hom. in aanctam Christi Nàtivitaiem.
^ S. Joan, Chrysos. Hom. xvii in Gènes., i. IV, p. 143. Ed. Moût.
142 L'JMMACULÉE CONCEPTION
jamaivS contracter d'alliance avec le démon ni subir son empire.
« Marie est si parfaite, ajoute le grand docteur, que Jésus-Christ, trouvant le corps et Tâme de la Vierge en état de sainteté, a voulu en faire un temple animé qui lui servît de demeure *. j)
Il se plaît à redire que Marie est au-dessus a des patriarches, des prophètes, des apôtres, des martyrs, des saints, des anges, des trônes, des dominations, des chérubins, des séraphins, de toutes les choses créées, visibles et invisibles*. :»
Cette insistance des anciens et des sages à donner à la Vierge Marie la suprématie sur les esprits célestes, libres de tout contact avec le mal , appelle nécessairement son immunité absolue.
Les formules de prières attribuées sans raison à saint Jean Chrysostome et à saint Basile , et connues sous leur nom , sont en parfait accord avec les déclarations des deux maîtres.
Elles louent Marie, « Mère de Dieu, toujours vierge, très sainte, pure, intacte, immaculée, bénie au-dessus de toute créature. »
Les chicanes qu'on peut faire sur la date authentique de la rédaction de ces fragments n'ôtent rien et ajoutent plutôt à leur valeur documentaire.
Célèbres dans l'Eglise grecque, les prières en question sont plus anciennes que leurs prétendus auteurs, dont le souvenir glorieux sert à les désigner : on les possédait, on les suivait avant eux, ainsi qu'il résulte
• Ilom. in Christi NativUatem.
• Serm, S. Joan. Chrysos. apud Melaphrasien.