ET LES PÉRÈS OU LES DOCTEURS DE L*ËGL1SE GRECQUE U
de rhistoire ecclésiastique du temps. Leur irréprochable orthodoxie et leur conformité avec les autres monuments de même espèce suffiraient à les protéger, s*il en était besoin, et accroissent leur autorité.
A mesure que les années s'écoulent, les documents s'amoncellent et forment un faisceau d'un poids irrésistible.
Les pLus nobles esprits remplissent la fin du iv* et le v" siècle de leurs hommages et de leurs déclarations.
Marie est sans péché, Marie est sainte, suréminemment sainte ; sa sainteté ne peut se concevoir, ne saurait s'exprimer.
Marie, a temple saint de Dieu, est un ciel plus sublime et plus saint que le ciel où Dieu habite ^ r>
Les théologiens grecs forcent la langue pour la mettre à la hauteur de leur pensée.
La sainteté n'est pas dans Marie un trait, une qualité, un attribut; elle est son caractère, sa nature, son essence.
Marie personnifie la sainteté.
Elle est la « toute sainte, Panagia ».
Ce nom, déjà transcrit, est consacré par la vénération publique. La prière, le chant, l'image le répètent, le propagent partout; et le peuple chrétien
* V. Passaglia, 390 et seq.
d*Orient ne connaît et n'invoque Marie que 80U8 ce titre caractéristique, seul digne de sa piété.
Le mot « immaculé x> retentit également paré de tous les adverbes augmentatifs.
L'auteur d'une homélie attribuée à saint Epiphane, archevêque de Salamine, en 370, nomme Marie « une brebis immaculée qui a enfanté l'Agneau de Dieu, Jésus-Christ*. »
Après avoir parlé du « sein de Marie , préparé par un miracle prodigieux de la puissance de Dieu comme le temple et la demeure du Verbe incarné* »; le même saint célèbre « la Mère de l'Agneau, plus belle en sa nature que les chérubins , les séraphins et toute l'armée des anges ^ » , la « Vierge sans souillure, Vierge exempte par grâce de toute tache du péché*, ...seulement inférieure à Dieu'. »
Amphiloque, évêque d'Iconium , en 375, écrit :
« Celui qui a créé la première femme vierge (Eve) dans l'état d'innocence, a créé la seconde (Marie) exempte d'opprobre et de tout péché ^. »
Théodore d'Ancyre, adversaire de Nestorius, ami de saint Cyrille, un des orateurs les plus éloquents du concile d'Ephèse, relève le contraste des deux femmes que nous avons mainte fois signalé :
« A la place de la vierge Eve, instrument de mort. Dieu nous a rendu la vie par l'intermédiaire
* Orat, de Laud, Deip., t. II, p. 294. Ed. PeUr, 1622. « S. Epiph., Hœres. 79, n*> 3, p. 4059.
^ In uliimo sermone de Nalivitate Domini.
* Serm, xxii in Psalm cxviii. V. P. Plazza, Causa Im. Conc. BM^-t act. VI , n» 78.
* S. Epiph., Vulff, opU8, t. II, p. 292.
* Opéra sancti Amphilochii iconiensiê Episcopi, p. 42.