ET LES PÉRÈS OU LES DOCTEURS DE L ÉGLISE GRECQUE
d'une Vierge, très agréable à ses yeux, étrangère à riniquité de la femme : Vierge innocente, sans tache, franche de tout péché, sainte d'esprit et de corps... Lis au milieu des épines, qui ne connaît point les maux provenant d'Eve... tout imprégnée du Saint-Esprit et revêtue de la grâce, digne du Créateur qui nous l'a donnée dans sa divine prévoyance, fille d'Adam, mais dissemblable à lui^ »
La création n'offre pas assez d'images pour exprimer la foi, l'admiration, l'amour des saints personnages.
Le lis, la rose, types de fraîcheur et d'éclat, la brebis , la colombe , types d'innocence et de douceur servent tour à tour à rendre les effusions communes.
« Brebis, colombe immaculée », disent les uns.
« Agneau sans tache », ajoutent d'autres, ne craignant pas de comparer la Mère au Fils.
ProcluSy patriarche de Constantinople , mort en 446, disciple de saint Jean Ghrysostome, se distingue au concile d'Ephèse par le zèle et le talent qu'il met à défendre les privilèges de Marie. Lui revient sur la pensée formulée par saint André.
« ...Le Messie, dit-il, devait naître d'une Vierge intacte, formée d'un limon pur... Le second Adam devait être pétri par les mains immaculées de Dieu , de la terre de ce paradis virginal '. »
La vérité a traversé quatre siècles sans subir aucune altération.
Le « limon pur », le « paradis virginal » , restent exempts de contagion.
* Oral, in S, Mar, Deip., n*» 11 , ap. Galland, tom. IX, p. 475.
* Hom. Yi. Laud. Deip., n° 8, ap. Galland, t. IX, p. 657.
Proclus le dit ailleurs expressément :
« Le Dieu très pur n'a éprouvé aucune contagion en passant par le sein de la Vierge : il l'avait formée sans en contracter aucune tache ; il sort d'elle exempt de souillure ^ »
Proclus continue :
« La sainte Vierge est un globe céleste d'une nouvelle création , sur lequel le soleil de justice a toujours jeté sa lumière, en chassant tout à fait de cette âme la nuit du péché '. »
Le « globe céleste », planant au-dessus de la terre, sorti d'une « nouvelle création », qui n'a rien de commun avec notre bassesse, « sur lequel le divin soleil de justice a toujours jeté sa lumière » , et d'où il chasse « la nuit du péché » , présente sous quatre formes différentes, d'une clarté croissante, l'attestation que nous cherchons, et ne laisse aucun doute sur les sentiments de l'auteur, interprète des contemporains.
A la même époque, saint Cyrille d'Alexandrie, mort en 444, exprimait la foi générale par celte prière que les fidèles récitaient avec lui :
« Je vous salue, Marie, Mère de Dieu, qui avez triomphé du démon ^. »
Et un peu plus tard saint Sabas^ abbé en 484, s'adressait à Marie , disant :
a La faute de notre premier père s'arrête à votre aspect, il ne lui est pas permis d'avancer jusqu'à vous*. »
* Oraiio in Dei Genitricem,
* Hom, VI. Laud, Deip., n^ 17, apud Galland, t. IX, p. 6^6. ^ Hom, Encom, in sanctam Mariam Deiparam.
* Mensea grœcorum. V. Passaglia, De imm, Conc, Deip.t ®^' Rome, 1854.