‹ L'Immaculée ConceptionChapitre 27 sur 127 · ET LES PÉRÈS OU LES DOCTEURS DE L*EGL1SE GRECQUE · texte numérisé non relu

ET LES PÉRÈS OU LES DOCTEURS DE L*EGL1SE GRECQUE

Pensée catégorique, reprise par la liturgie grecque, dans la fête de la Conception de la Vierge Marie .

Notons en passant que cette fête , d'une signification si précise, « puisque T Eglise ne célèbre de fêtes quen rhonneur de ce qui est saint*, ]» remonte au VII* siècle, et d'après des auteurs graves au v*.

L'office du jour contient plusieurs hymnes qui révèlent nettement le but et le sens de la solennité.

Ils chantent Marie, c Vierge sans tache. Vierge plus pure et plus sainte que toute créature, Vierge intacte, immaculée de tout point, omni ex parte immaculata^. i»

La croyance qui est en cause, jaillie du génie et de Tàme des savants et des saints, avait donc pénétré dès ce moment le fond du peuple chrétien.

Elle éclate et progresse chaque jour.

Saint Jacques y évêque de Batna, dans le pays de Sarug (490), que les catholiques de Syrie vénèrent et admirent, compose des cantiques encore usités dans l'Église orientale :

« Aidez-nous , ô Vierge qui portez la paix ! Aideznous , ô innocence qui ne fut jamais blessée ! . . . O Eve qui avez enfanté Emmanuel ^. »

Et, désireux d'instruire jusqu'au bout ses ouailles, le saint évêque ajoutait dans un sermon :

« Si Tâme de Marie avait eu quelque tache , Dieu , sans aucun doute, aurait choisi pour sa demeure une autre femme exempte de souillure^. »

^ Bulle IneffabilU.

* Plazza, Causa Im, Cône, B. M. V., act. m, n* 40. ^ J.-S. Assemani, Biblioth. orient.^ t. I, p. 286 et seq. ^ J.-S. Assemani, Biblioth, orient, y t. I, p. 510.

Un autre sage de la même Eglise syrienne, George Uardy loue à son tour celle « qui fut sanctifiée dès le moment de sa conception*..., et qui seule fut préservée du déluge universel du péché ' » .

Toute une chrétienté , alors très florissante , chantait ces hymnes composés par les pasteurs à Tusage du troupeau.

Anastase le Sinaïte, patriarche d*Antioche vers 580, considérant dans une série de douze livres l'œuvre des six jours, fait une réflexion venue à Tesprit de tous ceux qui veulent bien méditer le sujet :

« Qui oserait dire que Marie, faite de la même essence que le Dieu sauveur, n'a pas été créée à l'image et à la ressemblance de Celui qui est né d'elle? Gomment la Mère d'un tel Fils pourrait-elle ne pas porter en elle-même l'image intacte, integram, de sa progéniture ^ ? »

Gomment la Mère serait- elle moins pure que le Fils?

Gomment la source d'où vient la sainteté pourraitelle ne pas être sainte et absolument « intacte ])?

Gomment le vase qui contient la vie spirituelle du monde pourrait- il être vicié ?

On est heureux de trouver aux premiers siècles des protestations destinées à frapper, à convaincre, à guider tous les croyants de l'avenir.

Un prêtre célèbre de Jérusalem, Hésychius^ exa-

* Lettre de S. B., le patriarche de Babylone, dans les Pareri de Vescovi, III, 177.

* Loc. cit.

* Anast. le Sinaïte, Contempl. in Hcxam.y 1. VI.

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