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mine dans le même temps (595) un autre côté de b doctrine qui nous a déjà retenu :
c Cette Vierge, la plus excellente des femmes, le plus bel ornement de noire nature , la gloire de notre limon , a délivré Eve de la honte et Adam de la malédiction : elle a réprimé Taudace du serpent*. *
Comment la Vierge délivrera -t- elle Eve de la honte et Adam de la malédiction , si elle est frappée de la même honte et soumise à la même malédiction ?
Gomment réprimera- 1- elle « Taudace du serpent » si elle est elle-même victime du serpent?
Hésychius achève sa pensée en ajoutant que la Vierge est « un temple qui n'a point été profané, un tabernacle sans souillure : Templum incorruptum et tabernaculum ab omni sorde liberum*. »
Un peu plus tard , la même Église de Jérusalem , d'où la lumière primitive est venue, nous envoie un nouveau rayon. Sophronîus, son patriarche vers Tan 637, commente en ces termes la Salutation arig'-lique :
« ...0 Marie, vous avez trouvé devant I>i^M or*^ grâce immortelle , complète , perpétuelle^ , . , .«# ?,*' grâce que nulle femme n'a trouvée,, un^ ;rfi'^ /; * personne n'a reçue... Honni«« rou^^ mi été béatifié, sanctifié, exalté, porifi^ jf^r ;^ tion^. »
Les mots « par anticipation # fiVyr»* y^^ s^-^a ^ <^ commentaire.
* Hom. II de Virgine UjtrU. hthf«/^h t^iff*^^ y^/'Av ,m p. 423.
* Ballerini, SyUf*ge mftntM., K I y, '<?; ♦^ ' ^
150 L*1MMACULÉE CONCEPTION
Écoutons maintenant André y archevêque de Crète, savant et pieux écrivain, qui a consacré dans le VII* siècle, vers Tan 650, une suite de travaux à la Vierge :
« Tous, nous sommes le levain; Marie seule n'est pas fermentée , et elle forme le pain qui doit régénérer le genre humain * . »
Il reprend à son tour la pensée de Tapôtre saint André :
« Le Rédempteur, voulant inaugurer pour nous une seconde naissance, de même que pour former Adam il avait pris du limon de la terre encore vierge et intacte, ainsi opérant lui-même son incarnation, il choisit dans toute la nature cette autre terre, si je puis parler ainsi, la Vierge pure et très immaculée, et par un nouvel art il nous forme de nouveau en elle*. »
Ailleurs :
« Marie surpasse les enfants célestes'.... Elle est au-dessus de tout péché et de toute souillure *. »
Le même saint personnage dit encore, célébrant la nativité de la Vierge :
« Aujourd'hui la nature humaine, qui autrefois était pure et bien née, reçoit le don de la première création divine et retourne vers elle-même... Cette nouvelle création est une réparation ; cette réparation une divinisation, et cette divinisation une parfaite
* De Naiivit, B. V. Af., orat, i. Biblioth. max. Patrum, t. X. p. 6i8.
• Ibid,, page 59.
■ Oratio in dormilalionem S. M, Biblioth, inax. Patrum^ t. X. p. 658.
^ In Encomio zonas Dei Genilricis. Biblioth. max, Patrum^ t. Xn. p. 997.
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assimilation à Tétat primitif... Aujourd'hui, la nature commence à être réformée , et le monde vieilli , recevant une restauration déiforme , reçoit le commencement d'une autre création divine ^ »
André de Crète se répète, le jour de l'Assomption, en disant, dans un langage différent, que « le corps très précieux de la Mère de Dieu est... une terre cultivée de Dieu, image parfaite de la beauté originelle,... tout à fait adaptée à la divine incarnation ^ b j Marie franche de tout « levain » , Marie « terre I pure et très immaculée », ramène la nature humaine à sa « première création » ; elle renouvelle le « monde vieilli » et lui restitue les bienfaits d'une « autre création divine », qui « doit régénérer le genre humain » parce qu'elle est Va image parfaite de la beauté originelle ».
On ne saurait mieux déclarer que Marie est à l'abri de toutes les hontes qui ont dégradé l'humanité , et pourvue de tous les privilèges qui la relèvent et la rendent à r<( état primitif », parce qu'elle-même n'en est pas descendue.
Le mot « immaculé » se retrouve dans les discours de saint Tarage ^ patriarche de Constanlinople , au même vu' siècle.
Nous choisissons nos témoignages et citons seulement les documents principaux de l'Eglise grecque :
« Elle est vraiment sainte, s*écrie le patriarche, la Vierge qui a conçu mystérieusement Celui qui seul est saint.* Et comment ne serait-elle point (aux yeux
* OrsLÎ, in Nat. Deip.
' In dormit. Deip,
de Dieu) une oblation immaculée, pure, sans tache, de la nature humaine, celle que Dieu a prédestinée avant la création du monde, et qu'il a choisie au milieu de toutes les générations pour devenir sa demeure exempte de souillure * ? »
a Immaculée... sans tacha... sans souillure. i> Les termes ne varient point pour exprimer la même idée, qui se transmet sans variation.
Nous ne cherchons pas, on le voit, à éviter ou à dissimuler la monotonie qui résulte forcément de l'accumulation de textes, dont le sens et souvent le langage identiques concourent à la même démonstration. Nous ne faisons pas une œuvre littéraire : nous faisons une œuvre justificative. L'essentiel est de rassembler les preuves en telle abondance, qu'elles ne puissent laisser aucune ombre. Dans une matière aussi grave, l'art n'est rien, les documents sont tout; l'auteur doit les multiplier, et diriger le débat de manière à porter le flambeau sur tous les points. Le plus sûr moyen d'arriver au but est de donner la parole aux révélateurs, et de s'effacer derrière les témoins.
Il s'agit d'établir ce fait capital, à savoir, que l'Eglise catholique considérée dans l'ensemble de ses pasteurs, de ses fidèles, a toujours cru, professé,
* Orat, in PraBsent. Deip, Ap. Passaglia, 1152.