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leur mère, se répandent en pleurs. Ce fait nous a été transmis par deux vieillards*. »
C'est la doctrine catholique émanée d'un disciple de Mahomet, qui donne du même coup au dogme du péché originel, justifié par les larmes de l'enfant, et au dogme de l'exemption de Marie, une confirmation solennelle tout à fait orthodoxe.
Un autre interprète, cité parle traducteur Maracci , nous apprend que le récit du fait vient, non de deux vieillards, mais de Mahomet lui-même, racontant à son tour de cette façon précise le drame éternel de la malédiction humaine et le corroborant.
Un troisième commentateur, Cotfada, soutient et complète les précédents :
« Tous les enfants d'Adam, dit-il, reçoivent dans le flanc, à leur naissance, une blessure de la main de Satan, à l'exception de Jésus et de sa Mère : car Dieu a placé entre eux et Satan un voile sur lequel le coup de Satan s'est arrêté, et n'a pu arriver jusqu'à eux d'aucune manière, c'est-à-dire que ni l'un ni l'autre n'a contracté aucun péché , comme en contractent les autres fils d'Adam *. »
Que peut-on demander encore?
N'est-il pas étrange de voir nos grandes vérités consignées par nos ennemis , de telle sorte que nous n'avons rien à y changer?
N'est -il pas merveilleux de voir le fondateur de l'islamisme, se prétendant envoyé de Dieu, reconnaître la supériorité surhumaine de l'auteur du
^ Herbelot, Biblioth, orient. , aux mots Gelalani, al Mafialli et àlSolouthiy p. 314, 512, 799, fol. Maestricht, 1776. * Refutatio Alcorani, Auct. Lud. Maracci, fol. Patav., 1698, p. 112.
christianisme, et s'incliner en quelque sorte devant lui?
Mahomet et ses commentateurs disent au sujet du péché originel et de Tlmmaculée Conception, ces deux dogmes primordiaux qui s'appuient Tun sur l'autre comme les arcs-boutants d'un édifice, tout ce que nous disons nous-mêmes.
La meilleure preuve de l'inébranlable profondeur de cette double assise est de la trouver enracinée dans l'âme des deux adversaires, issus d'un ancêtre commun dont les descendants, séparés depuis quatre mille ans, se heurtent depuis douze siècles, ne s'accordant que sur la base de croyances qu'ils ont prises l'un et l'autre à la même source.
Finalement nous découvrons la doctrine de la pureté originelle de Marie, c'est-à-dire de l'Immaculée Conception, révélée, attestée, transmise par le Coran et le mahométisme aussi bien que par la Bible, l'Evangile et le christianisme.
Tous les docteurs musulmans entendent le Coran comme nous : ils traduisent comme nous la parole du maître, et l'appliquent au privilège exceptionnel de la Vierge.
« Hossaim Vaez, commentateur persan du Coran, et les autres glossateurs , écrit Garcin de Tassy, entendent par ce mot l'Immaculée Conception de la sainte Vierge * . »
Ennemis et divisés sur tous les points , chrétiens et mahométans se rencontrent sur les mystères fonda-
* Doctrine et devoirs de la religion musulmane, tirés textuellement du Coran , suivi de TEucologe musulman , traduit de Tarabe par Garcin de Tassy, chap. viii , p. 44. Paris , 1826.
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mentaux de la déchéance de Hiomme et de la ence originelle de Marie cjui s'enchaînent également pour chaque parti.
Il n y a pas jusqu'à la présence de Satan < le tentateur », le vaincu de la femme, qui n'ajoute â la croyance commune un caractère épique et populaire.
Dieu a voulu que la part précieuse de vérité relative à la Vierge fût conservée et propagée , même an moyen de ceux dont Satan se servait pour renverser le culte du Fils de la Vierge.
Et ces mêmes ennemis , acculés de tous côtés , joignent aujourd'hui leur témoignage au témoignage des églises qu'ils ont abattues, et que nou> sommes en train de relever.