ET S05 CTLTC KAH. A B*»1IC
L'archevêque de Marence et FéTêqpe lie W lui demandant de diminuer le nombre dts fête» P*^^*^ criteSy à raison de certaine^ diflliciiltr« locale», le pope les laisse libres ièous la condilioo que cerlaîne^ <ele« principales, dont la fête de rimmaculre Conceptioa. resteront obligatoire^ . in qaibas imt^^fr^ m^me^i pr^cepii obligaiio •.
Le même pontife approuve rin^tîlution d'un ordrtr équestre en Fhonnenr de Tlmmacultre C>>nceptioB de la Vierge Marie, créé par le rrn d'E^pa^ie Chartes III (177i)«.
Pie VI continue les largesèe^ de l'Eglise 21 novembre 1 793 ) , et il promet cent jonn^ d'indulgence aux fidèles qui réciteront avec un coeur contrit cette prière :
« Vierge Marie, vous avez été inmiacnlée dans votre conception : priez le Père dont vous avez conçu du Saînt-Esprit le fils, et Notre-Seigneur Jêsus^Christ, que vous avez mis au monde. »
Pie VII fait le pas décisif en concédant à Tordre séraphique le droit de joindre dans la préface de lu messe le mot immaculée au mot Conception •',
Léon XII autorise le diocèse de Bitonéo à vvMm^r la messe et Toffice de V Immaculée Concep/ion ♦,
L'évolution est achevée : il n'y a pbm n.ni \h ronronner.
Sans doute les prêtres et len iuUiU*n «iivai^'Mt 4àti\ u
P. Theiner. Parisiis, 1852, p. 62.
• Pareri, LeUre du cardinai Bonnei y Or h**, i. ili , t/ ii'^é
^ Id,f Discurso »obre la Imm. fUtm-é'itr, 1I0 %lHfi*t , x,^» u >^«/ de Romo, archevêque de Séville, t. VIII, ^, xi*f.
♦ Pareri, Lettre de Varehep^fftt^ /A fjujfft 1 ^H ^^v *
348 L4MMACULÉE CONCEPTION
célébrant la fête de la Conception , ils fêtaient la conception immaculée de la Vierge et qu*ils saluaient le privilège exemptant Marie de la tache oi^inelle; mais le mot n'était point prononcé, et ne pouvant Tétre sans une décision du siège apostolique, il prenait et conférait à Tacte pontifical une importance capitale que Pie IX allait proclamer.
Pie IX avait déjà ouvert la voie et préparé le dénouement.
Lui-même, et son prédécesseur immédiat Grégoire XVI y avaient donné à plus de deux cents é vaques la faculté de fêter l'Immaculée Conception dans toutes les églises et les chapelles de leur diocèse * .
Ils avaient octroyé la même faveur aux ordres religieux , notamment aux franciscains de toutes les communautés.
Par un décret spécial du 7 février 1847, Pie IX confirmait la décision du sixième concile de Baltimore, prenant pour patronne des États-Unis Marie conçue sans péché ^.
Enfin il avait permis au clergé romain , et il permettait plus tard à tous les évêques de la catholicité, par son encyclique du 2 février 1849, Tusage d'un office particulier intitulé : Office de l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, qui n'est, d'après son titre , que la reconnaissance formelle du privilège de la Vierge.
Tout était prêt.
Il ne restait qu'à poser le sceau de saint Pierre sur la doctrine si longtemps élucidée, tant de fois reconnue, fêtée, glorifiée.
* P. Pcrrone, Delmm, B. M. V, Concept, Romœ, 1847, p. 242, etc.
• /(/., p. 242, etc.
ET SON CULTE PCBUC A HOME tlê
Par sa tolérance d'abord , par sa faveur ensuite et finalement par son intervention directe, le saint-siège a donc encouragé le culte de Marie immaculée jusqu'au jour où, consacrant la tradition persistante de ses prédécesseurs, qui était la tradition universelle de l'Eglise , Pie IX l'a dégagée et formulée en dogme. On voit maintenant comment le développement de la fête a suivi, dans une ascension logique, le développement de la croyance.
L'une, nous l'avons dit, allait nécessairement avec Tautre.
Il était clair que les fidèles devaient tendre à témoi- ^er leur foi par un culte extérieur.
Les plus anciens documents supposent la fête établie , et c'est pourquoi il est si difiicile de marquer la date exacte de son commencement.
Instinctif, spontané, inconscient pour ainsi dire, le culte a paru, s'est formé peu à peu, comme le signe naturel de la foi, jusqu'au moment oii l'opposition de quelques-uns vint faire de la fête la protestation du plus grand nombre et l'aflBrmation de b croyance.
Le saint- siège, toujours favorable à la foi ^ i$u culte, à la croyance et à la fête, n'a voulu tu^êé^Un. tant décider, imposer l'un et l'autre qu'^f/f^'^i 4iy'/i# laissé l'enquête et la discussion épuiner Sê'utn f^* sources.
L'enquête et la «discussion ont duré ^|Wt ^ ^' '*< siècles .
350 r/IMMACULKE CONCîEPTION
On ne trouverait rien dans Thistoire profane qui approche de celte merveilleuse recherche, de ce colossal examen.
En agissant avec son calme , sa lenteur ordinaires , la papauté a donné une nouvelle preuve de son inspiration divine, de sa prudence surhumaine, et une nouvelle garantie de son infaillibilité.
Nous pourrions noter ici que la commémoration de rimmaculée Conception était virtuellement comprise dans la commémoration de la Nativité, et soutenir que rËglise célébrant la naissance de la Vierçe entendait célébrer sa naissance sans tache, suivant une gradation liturgique dont il serait facile de trouver d'autres exemples.
Cette digression nous entraînerait trop loin et s'écarte de notre plan.
Il nous suffit d'avoir exposé que la fête de l'Immaculée Conception démontre la croyance à l'Immaculée Conception , et que la croyance et la fête datent des premiers temps du christianisme, pour avoir le droit de conclure que le saint- siège n'a fait que sanctionner, par sa décision suprême , la foi et le culte de la majorité successive des générations.
La fête atteste la croyance : la croyance atteste la tradition que le saint-siège a définie; et fête, croyance, tradition, définition, attestent l'éternelle vérité du dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge, q^^ l'Eglise célèbre et célébrera jusqu'à son dernier jouï"-
La loi de la prière fait la loi de la doctrine.
Liés ensemble et consacrés par l'Église , dognie et culte sont désormais inséparables.
KT SON CULTE Pl'BLIC A ROME 361
Nous terminerons la présente revue en disant un mot d'une similitude dont on s'est fait longtemps une arme contre nous.
II importe en ces graves matières de ne laisser aucun point obscur ou inexploré devant le lecteur.
On a prétendu tirer de la fête de la Conception de saint Jean 'Baptiste un argument contre la signification que les partisans de Marie donnaient à la fête de rimmaculée Conception, et par suite contre la vérité de la doctrine de Tlmmaculée Conception.
Kn mettant l'objection sous la forme des anciens raisonnements d'école, nous la rendrons plus accessible.
On célèbre la fête de la Conception de saint Jean , ont allégué nos adversaires ; or personne n'entend célébrer la conception immaculée du Précurseur : donc la célébration de la fête de la Conception de la Vierge ne prouve rien pour la signification de la lète, ni pour la vérité de la doctrine de l'Immaculée Conception.
Posons d'abord quelques réserves, ou plutôt établissons des distinctions nécessaires.
La fête de la Conception de saint Jean - Baptiste n'a jamais eu le caractère d'entraînement et d'universalité qui marquent la fête de la (Conception de la Vierge.
352 L'IMMACULÉE CX)NCEPnON .
On la célébrait en Orient : quelques Eglises d'Italie, voisines de la chrétienté grecque et en rapport avec elle d'habitudes et de langue , telles que les Églises de Naples et de Ravenne , lui avaient emprunté cette solennité et la pratiquaient pareillement. Elle n'était pas intronisée oflBciellement à Rome : le saint- siège laissait faire; il tolérait même autour de lui, dans l'année 1683, la publication du Liturgicon, contenant la messe de la Conception de saint Jean.
Jamais il ne l'a célébrée ou recommandée officiellement. Beaucoup d'Églises de France, d'Espagne, d'Afrique, imitaient sa réserve. La fête restait inconnue ou mollement suivie dans les autres contrées européennes.
Première différence.
Le saint-siège ne se contenta pas de s'abstenir : il intervint directement ; et , en effaçant le souvenir de la conception de saint Jean du martyrologe romain , il semble avoir voulu éloigner toute apparence d'assimilation, toute possibilité de concordance.
Quel était au fond le caractère et le but de la fête en question?
On célébrait la conception de saint Jean à cause des circonstances surnaturelles qui l'escortent, sans déduire de la solennité aucune conséquence au sujet de la conception immaculée de la Vierge..
On fêtait le ministère de l'ange , la maternité miraculeuse d'Elisabeth, le tressaillement de l'enfant dans le sein de sa mère à l'approche du Dieu incarné, sa sanctification anticipée et sa naissance en état de grâce; autrement dit, on fêtait l'apparition du messager céleste, la venue du précurseur annonçant le
ET SOX OXTE mue A ROME 3S3
triomphateur, la présence du héraat devant le soa* verain , de rintrodacteur devant le juge , de la Voix devant le Verbe î
On exaltait « selon Texpreanon deFEglise gTe<xpie, la conception de saint Jean : sainte, parce qu'elle amène la sanctification; divine, parce qu'elle résulte d'une intervention spéciale de Dieu.
L'Église de Ravenne louait expressément la sanctification de celui qui € est rempli de l'Esprit- Saint dès les entrailles de sa mère... et qui conmience à vivre pour Dieu avant de vivre pour lui*mème * ».
Mais nul ne songeait à pousser plus loin l'analogie ou à tirer d*autres conclusions.
Trois événements mémorables d'une nature adéquate étaient offerts , dans des proportions inégales , aux méditations et aux prières des croyants :
La conception du Christ, en tant que Fils de Dieu et Dieu lui-même ; . La conception de la Vierge., en tant que Mère de Dieu, immaculée;
La conception de saint Jean, en tant que précurseur de Dieu , sanctifié dès le sein de sa mère.
Dans ces trois événements d'un caractère commun, tout demeurait dissemblable , impossible à confondre : rorigine, la raison, le but, de même que la qualité et le rôle des personnages.
Que dirait-on d'un homme essayant de soutenir que rÉglise ne célèbre point la conception divine du Christ survenue par l'opération du Saint-Esprit, parce qu'elle célèbre la conception miraculeuse de
^ S. Petrus Chrysolog., Serm, 91 , p. 139.
8aint Jean survenue sans ropération du Saint-Esprit?
Il n'est pas moins exti*avagant de soutenir que rÉglise n'entend pas célébrer la conception immaculée de la Vierge, parce qu'elle célèbre la conception non immaculée de saint Jean.
Et c'est à ces termes stricts que se réduit la controverse .
Donc il ne faut établir aucun rapport, aucune reàsemblance entre la conception de saint .Jean et la conception de la Vierge, ni extraire de prétendues conséquences d'une analogie qui n'existe pas.
La fête de la Conception de saint Jean pourrait êlre universelle et officielle , ce qui n'est pas, sans porter atteinte à la doctrine de l'Immaculée Conception de la Vierge. Le dogme ne serait pas ébranlé par ce rapprochement; tout au plus, l'argument déduit de la signification de la fête de la Vierge , s'il pouvait s'appliquer à la fête de saint Jean, courrait risque de fléchir. La vérité primordiale que nous défendons ne souffrirait aucun dommage.
Ajoutons que l'argument fourni par la fête de la Conception de la Vierge, échappant à toutes les comparaisons que la fête de la Conception de saint Jean peut susciter, garde sa valeur entière.
CHAPITKE IV
DAN» LES COIIMI X^ITÎ<* »:...JnKr-M» r- 1 ■ «-«.-1**1» «M»*!
I>étîlé des ontrp» mouMt-;.^^. iv> V.maiu»:»i.w ^ r»« it*iit ->*tt à peu à la croyaDce niJTer^e.-,'. •,t-^'..-n t i ?. \. i\r»*nî I is^n^iai, Hétractation ofûcieli<r «i*- rr^*;.-ir. — \l. ï>r'in»H »»« .«rafr^ru^ S(>éciales Toués au cqIu- V : îii-r..H":i»*»» r.«.r.«***f fti^o. \jk p»"nri»srt* Béatrice de Silm. \s»\m:l> j i^rruL^f»'' ^^ [mvK'^tit Mil. Xnwnés et Charies-Qvîjjt. L^-^^if- -Miitp .l*" fr.ïnl.itAt%Qs rviiz^-eus*-» «ja militaires faites r^a et-i^^n^r-t^ ps%r ."f«>s -siint* et -îes rri>, proté^ées et bénies par k^ P^p^^- -^ m* L^ rnoorie aaiTer^t.iîje et |)édagogique se met â i «uiis'^>n *la m<fQile reli^neax. et militaire, en Europe et en .\iiW^?i.f»ie. Serments in^lÎTiituels et collectifs. — i V. Rois et peuples «pu se consacrent dans les deox mondes à Marie conçue sans péché. Prière du peuple es|»asmol. Statues et monn* ments en l'honneur de l'Immaculée Conception. La statue de la place Sainte -Marie -Majeure élevée par Paul V. Colonnes commémoratÎTes de Temperenr Ferdinand 111. Eglises, chapelles, autels érigés en tons lieuv. l..es écri%-ains de toute langue soutiennent le mouTement.
Avant-garde de l'armée catholique , les ordres monastiques, instruits, subjugués par l'imposante succession d'actes pontificaux et synodaux que le lecteur a vue, s'étaient inclinés depuis longtemps devant la
356 LIMMÂCULÉE CONCEPTION
doctrine favorable à la Vierge et formaient une masse compacte de croyants d'élite.
A part les dominicains, dont nous avons montré la longue résistance, toutes les congrégations religieuses avaient donné l'exemple au peuple chrétien et soutenu la progression perpétuelle du saint-siège.
Leur acquiescement était général et complet.
Bénédictins, carmes, franciscains, augustins, bernardins, cisterciens, chartreux, célestins, bamabites, théatins, servites, minimes, jésuites, oratoriens, lazaristes, sulpiciens, rédemptoristes enfin, tous les membres des communautés anciennes et modernes vouées à Tapostolat , à l'éducation , à la charité , rivalisaient de zèle envers la sainte Vierge, et témoignaient leur foi par leurs démonstrations. Plus encore que le clergé séculier, on voyait dans tout pays le clergé régulier affirmer, en la célébrant, sa croyance à rimmaculée Conception.
Seuls les dominicains, excités par des souvenirs dont on connaît la source et la valeur contestables, hésitaient et soulevaient des difficultés. Mais leur opposition faiblissait de jour en jour. Malgré son respect pour ses traditions et l'obstination de quelques membres, l'ordre de Saint- Dominique se rendait à son tour et mettait bas les armes.
Les défections étaient éclatantes et nombreuses.
Dès le xvi' siècle , le Père Vincent Justiniani, général des Frères Prêcheurs, formulait en ces terme? la condamnation inexorable des agissements antérieurs de son ordre :
« En Espagne , aux Indes , en France et dans presque toute l'Europe, vouloir aujourd'hui eftseï-
ET SON CUÉtE PUBUG DANS LES COMMUNAUTÉS 357
gner ou prêcher contre cette pieuse doctrine n'est autre chose que chanter faux et se mettre opiniâtrement en désaccord avec un concert unanime... II n*est plus de chaires, plus d'universités, plus de confessionnaux , plus de livres où puisse se réfugier Topinion contraire. Rois, évêques, cardinaux, papes, conciles, tous sont pour l'Immaculée Conception*. »
Cette déclaration suffit à prouver que l'attitude des dominicaine était modifiée profondément, et que l'ordre incamné* dans son chef avait fini par se joindre au « concert unanime ».
Nous rencontrons à la même époque une autre indication non moins précise dans les Heures à Vusage des Frères Prêcheurs , publiées à Paris en 1549, où on lit :
« Dieu qui, pour le salut du genre humain, avez daigné prendre la chair de la glorieuse Vierge Marie et l'avez choisie pour Mère avant les siècles comme devant être conçue sans tache, ipsam sine macula concipiendam... »
Et encore :
« Je vous salue, vous qui êtes l'Étoile de la mer, conçue sans tache, sine labe concepta. »
Le retour ascensionnel des Frères Prêcheurs ne se ralentira pas. Au xviii* siècle, on ne compte pas moins de cent trente-six écrivains de l'ordre qui prennent parti pour la doctrine de l'Immaculée Conception, et ne souffrent pas de réplique sur ce point.
La rétractation, officielle en quelque sorte, devait se produire dans le siècle suivant.
* In viiam Lad, Bertrandi, cap, in, p. 14.
Au mois de décembre 1843, le général des Frères Prêcheurs , abjurant Terreur traditionnelle d'une partie des siens, demandait et obtenait du saint-siège la permission de fêter avec octave Tlmmaculée Conception dans toutes les maisons de Tordre , en ajoutant le mot immaculatà au mot Coocepiione K
La conversion était parfaite, la soumission absolue : Marie conçue sans péché n'avait plus d'adversaires dans la milice catholique , et tous les membres de la milice catholique se retrouvaient unis dans la méuie dévotion filiale.
Outre Tadhésion des ordres monastiques précédemment cités à la doctrine de TImmaculée Conception , nous devons mentionner la création d'ordres particuliers et de confréries spéciales établies pour lui rendre un hommage public.
La première apparition de ces nouveaux témoins invoqués dans la bulle d'Alexandre VII remonte au commencement du xiv* siècle.
Bernard Garniery évéque d'Albi, mort en 1337, fonde à Rome le monastère de TImmaculée Conception, plus tard occupé par les sœurs de TAnnonciade ■ ,
Dans Tannée 1489, une princesse du sang royal de
* Perrone, De Itnm, B. M, V, Concept.
* C, ni fia ehrisiiana, L I, p. 2^.
ET SON CULTE PUBLIC DANS LES COMMUNAUTÉS 35t
Portugal, Béatrice de SUvh, ouvre le couvent des religieuses de rimmaculée Conception après une vision de la sainte Vierge, qui semble fixer elle-même les couleurs du costume réservé aux sœurs de la communauté, costume que le pape Innocent VIII bénira en approuvant l'institution par la bulle du •H) avril de la même année : habit blanc et manteau bleu orné d*une image de Tlmmaculée Conception , figure de la blan* cheur céleste de Marie <. Isabelle la Catholique s'unit au souverain pontife pour encourager Tordre nais^ sant, et elle lui cède un vaste palais où la congrégation, favorisée par d*autres papes, acquiert rapidement un grand prestige.
Vers Tan 1669, la vénérable Vrsule de Beninaisu installe à Naples des monastères de Tlmmaculée Conception sous la direction des théatins*.
On voit à la même date en Amérique, dans la ville de Merida, un couvent célèbre de Tlmmaculée Conception *.
Avant la création de ces communautés particulièrement consacrées à Marie conçue sans péché, d'autres «[^ciétés religieuses s'étaient mises sous son invocation.
Les prémontrés, par exemple, fondés par sainl Norbert au début du xii' siècle, adoptèrent l'habit blanc 9 pour honorer la pureté originelle de la Mère de Dieu *,
* II. Manurciy Fandatoret Maria ni, \k tùk, et Strozzi, p. «196 et seq.
* SUozzi , p, 'w'k,
* Georgn», H^àriim* liUerariuâ yforberiinuâ vindicaiai, p. 411 .
Les oblats de Marie n'avaient pas une autre base, et vivaient sous la même inspiration , ainsi que d'autres compagnies moins renommées ^
Les confréries diocésaines vouées à Tlmmaculée Conception sont innombrables.
Nous avons noté la plus ancienne, établie à Paris dans l'église Saint-Séverin et rappelée par une plaque commémorati ve .
Vers la même époque , on trouve à Toulouse une association pareille dans l'église de la Daurade, élevée par Alaric II , après le célèbre concile d'Ephèse, à la gloire de la Mère de Dieu , sur les ruines d'un temple païen. Les membres de cettq association, qui a subsisté jusqu'à la révolution de 1789, s'engageaient à soutenir contre tout opposant le privilège de Marie.
En 1394, Jean /*', roi d'Aragon, indigné de l'obstination de Monteson , qui , condamné à Paris et à Avignon, censurait encore la doctrine de l'Immaculée Conception, institue une confrérie où il entre avec toute sa cour, afin de défendre la croyance attaquée •.
En 1442, une corporation très célèbre des augustins de Paris, consacrée à l'Immaculée Conception^ obtenait d'Eugène IV, son fondateur, des faveurs spirituelles qui devaient être renouvelées par Nicolas V, Sixte IV, Innocent XIII '.
. Au siècle suivant , le cardinal Ximenès, approuvé par Adrien VI*, restaure une confrérie du même ordre créé en Espagne par Ferdinand et Isabelle, et
^ Pareri , III , 361 * Stroizi, p. 304.
m va «xvu
' btrozzi, p. 30«.
* Maraçci, Bihliotfu Marianœ, U I,?p. 13. Romae, 1618.
ET SON CULTE PUBLIC DANS LES COMMUNACTÉS 3«l
il a le plaisir de compter Chartes- Qaini panni ses membres '.
Philippe Illy Charles III , successeurs de Charie»- Quint, se font gloire d'imiter ce grand monarque et forment pour eux et leurs amis de nouvelles a«iiocialions *.
Saint François de Sales, qui avait si bien parlé du mystère, le glorifie avec Taide d'une congrégation qu'il organise à Annecy '.
Depuis 1732, la ville et le diocèse de Nami, en Italie, possèdent une confrérie qui ne réunit pas moins de cent quatre-vingt-quinze miUe adhérents de tout âge et de toute condition ^.
A Carthagène , une confrérie , rassemblée après la première encyclique de Pie IX sur la matière , gagne en quelques années tout le diocèse '.
Les ordres militaires sont aussi zélés que les ordres mystiques.
L'Espagne et le Portugal recrutaient depuis long* temps des corps de chevaliers voués à la Vierge immaculée dont Tun, en Espagne, datant de 1572, s'était donné pour but d'obtenir la définition du dogme.
Les drapeaux , les écus , les armoiries de cette nulice chrétienne portaient une image de la Vierge ^maculée , symbole de la foi et des espérances des
^ Parerî, VIII, p. «7, et Waddingt., Negalio Philippi, lïl, etc., p. 303.
* Slrotti, p. 503.
* Parcri, VI, 304.
* W., II , p. 298.
* w., i,se.
soldats, qui devaient célébrer en grande pompe, 8ur des chevaux caparaçonnés, leur triomphe final ^
Vers le milieu du xviif siècle, Charles III, roi d'Espagne, avait fondé, on s'en souvient, un nouvel ordre ramifié avec éclat dans les colonies de TAmérique.
Si du monde religieux et militaire nous passons au monde pédagogique, nous rencontrons la même ardeur et la même unanimité.
Et c'est l'Espagne qui tient encore la tête du mouvement.
L'Espagne scolaire , qui jouissait d'un crédit incontesté , suit l'Espagne sacerdotale , chevaleresque , populaire, et multiplie les témoignages de foi et d'amour envers Marie.
Ses universités rivalisent avec les souverains , Tari^ tocratie, le clergé et le peuple, pour la cause à^
L'Amérique espagnole se met à l'unisson, de telle sorte que dans les deux hémisphères les corps savanU disputent aux corps religieux de tout ordre l'honneur de servir la Vierge sans tache.
, Les universités d'Alcala, de Barcelone, de Cetvera, de Compostelle, de Grenade, de Lerida, de Salamanque, de Valladolid, de Saragosse, de Tolède.
* Parcri, III, 12.