ET LE CONCILE DE TRENTE
Promulguée le 11 juin 1546, la déclaration du concile de Trente était , dans sa forme modérée , la reconnaissance du principe.
Jointe aux affirmations du concile de Bàle, elle rendait la position des tenants de la Vierge tout à fait inexpugnable.
Les conciles s'unissaient aux papes pour publier et glorifier le privilège de Marie.
Amis et ennemis ne s'y trompèrent pas. Tous comprirent qu'on ne pouvait faire plus, dans le désarroi religieux où gémissait l'Europe.
La déclaration du concile de Trente s'empara du premier coup de l'opinion, et elle n'a pas cessé de faire loi dans l'Eglise , en tant que profession implicite. Elle redoublait par surcroît les espérances de ceux qui attendaient la profession explicite.
Les discussions qui eurent lieu quelques années après entre la Sorbonne, défendant la formule dogmatique du concile de Trente qu'elle avait fort aidé à mettre au jour, et le P. Maldonat, savant jésuite , soutenant qu'on pouvait contester sans hérésie la prérogative de Marie, bien qu'il y eût plus de probabilités, ajoutait-il y en faveur de la Vierge : discussions célèbres dans leur temps , terminées par un arrêt de Mgr de Gondi, évêque de Paris (17 janvier 1575), au profit du P. Maldonat, découvrent l'intérêt croissant
de la polémique et rémotion née de la déclaration des deux conciles * .
Elles prouvent encore que la Sorbonne , au xvf siècle, c'est-à-dire l'école théologique française, honorée du surnom de oc concile subsistant des Gaules i», croyait à Tlmmaculée Conception , et prétendait que la doctrine était passée à Tétat de dogme.
« Quand on discutait ailleurs, dit Mgr Dupanloup, la France affirmait et croyait; là où d'autres écoie> voyaient une thèse, la grande école théologique de Paris révérait une croyance et imposait un serment. La scolastique, qui contestait en d'autres pays, suivait en France un commun symbole *. »
* J. Maldonati, Opéra varia iheoL, t. III, p. 75 et seq. Paris, (070. V. encore le P. de Alva de Astorga, qui, dans sa Miliiia, Imm. Concept,, au mot Joannes Maldonatutt, p. 7^, cite plusieurs pa^ sages de ce théologien pour prouver qu'il ci*oyait à riramaculêe Conception , et qu'il combattait seulement les affirmations exc^*^siyes et prématurées de la Sorbonne.
• Instrucf, pasl, de M^ Vévêque d'OrlMn» Ritr rimniacitléc (Uinceplion de la très sainte Vierge. Paris, 18î»îi.