GUERRE D*USURE
nos adversaires que le nôtre. Eux aussi ont des femmes, des mères inquiètes, des foules avides de nouvelles; et dans plus d'une famille on pense avec souci à la pénurie de l'argent et au rationnement prochain des denrées. L'usure qui nous sauvera, nous, perd lentement l'Allemagne, et nous devons trouver là une raison de fermeté et de vivace espoir.
Sans doute, des terres françaises, des âmes françaises saignent sous Toccupation provisoire, mais nous savons qu'elles seront délivrées, tandis que l'Allemagne, de quelque côté qu'elle se tourne, n'aperçoit nulle part le signe définitif de la victoire. Elle peut durer, elle ne triomphera point; et plus sa chute aura été retardée, plus formidable sera l'écroulement.
Ses armées fondront peu à peu; elles fondent déjà, ses ravitaillements de toutes sortes se raréfient; ses mensonges ineptes, ses
calomnies sans scrupules, ses affirmations cyniques se retournent contre elle; peu à peu, comme une grande marée grondante, monte vers elle l'exécration de Thumanité.
A gauche, à droite, des ennemis tenaces lui barrent le passage; elle a pu, comme une chaudière en ébullition, répandre au dehors ses flots brûlants; mais déjà elle .se voit endiguée, contenue; que sera-ce quand la ruine de TAutriche-Hongrie la découvrira^ et comment résistera-t-elle à la poussée victorieuse des assaillants? Elle prolongera la lutte, pied à pied, soiti Et ensuite? Il faudra bien qu'elle succombe.
Car l'Allemagne n'a pas compté, elle, sur la guerre d'usure; elle n'a rêvé que la guerre d'écrasement, elle a voulu tomber sur nous d'abord, puis sur la Russie comme la foudre, remplir 1^ monde d'admiration et d'effroi. Faux calcul, qu'à demi paralysée elle expie de son impuissance I Ah I qu'elle