‹ L'immense effort, 1915-1916Chapitre 12 sur 20 · V L IMMENSE EFFORT · texte numérisé non relu

V L IMMENSE EFFORT

vent ignore, c'est la complexité des problèmes soulevés par la situation légale à attribuer aux Alsaciens-Lorrains. Parmi ceux qui s'engagèrent, il fallait distinguer ceux qui habitaient la France avant la guerre et qui, n'ayant jamais sollicité leur réintégration, restaient soumis aux lois allemandes ; en se battant pendant la durée de ia guerre, ils acquérirent de droit la nationalité française. D'autres, venus de Lorraine,\ des grands centres alsaciens ou des vallées des Vosges pour s'engager en France, avaient déserté à leurs risques et périls. Et il y eut aussi des prisonniers et déserteurs volontaires qui, ayant pris part aux premiers combats dans les rangs allemands et emmenés dans nos camps de prisonniers, repartirent sous notre uniforme pour suivre notre drapeau.

Presque tous ces soldats, envoyés dans les formations de l'active, furent, lorsque

les Allemands les capturèrent, fusillés. Pour préserver leurs camarades, on autorisa ceux-ci à demander leur passage en Afrique.

Eh bien, malgré toute la prévoyance du gouvernement et celle des œuvres nombreuses qui s'intéressent au sort de ces soldats, il faut que leurs frères de France sachent que leur situation est trop souvent déplorable. Ceux qui s'engagent étant en France sont, pour la plupart, des ouvriers et employés dont les familles habitaient r Alsace-Lorraine. Ils sont sans nouvelles de leurs parents. Ceux qui étaient mariés ont laissé là-bas femmes et enfants, à peine secourus.

Plus pénible est le sort de ceux qui ont déserté F Alsace-Lorraine, ignorant ce que sont devenus Ips leurs et ayant des frères, des pères parfois dans les rangs ennemis. Méconnus souvent par ceux qu'ils sont venus secourir, suspects par leur accent,

presque toujours isolés, ils souffrent sans se plaindre, pour Tamour de la France.

La situation matérielle de beaucoup de soldats alsaciens-lorrains n'est pas moins douloureuse. Ceux qui sont au Front, par suite de Tabsence des familles, sont privés de tout secours et de toute gâterie des leurs ; du moins, comme leurs camarades des pays envahis, bénéficient-ils d'envois collectifs, grâce aux sociétés de secours et d'envois individuels, s'ils ont des marraines. Ce ne sont pas encore les plus à plaindre. Tout au plus pourrait-on rendre leurs permissions plus agréables en leur procurant alors quelque argent de poche.

Mais ceux qui sont en Algérie ou en Tunisie vivent péniblement, manquant du réconfort suivi que leur apporterait la correspondance de marraines. Qu'on y songe : beaucoup, sur les hauts plateaux, grelottent,

d'autres se battent contre des tribus rebelles. Ceux mêmes qu'on maintient dans les dépôts ne sont-ils pas dignes d'intérêt ?

Sait-on que, pour les douze mille Alsaciens-Lorrains engagés volontaires, il y a à peine six cents marraines, et presque toutes pour le Front? Les Alsaciens-Lorrains, dont un tiers environ sert en Algérie, ont à peine deux cent cinquante marraines.

Est-tout? Non, la bureaucratie, avec ses minutieux règlements, complique l'envoi des paquets transméditerranéens. Chaque colis nécessite, comme frais d'envoi 1 fr. 10 par dix kilos et une double déclaration de douane. L'envoi de quelques chaussettes à ces soldats exige donc trois feuilles. Pourquoi, Seigneur?

Des envois à nos frères d'Alsace-Lorraine, des marraines pour ceux qui sont venus librement à nous réclamer leur droit de patrie, voilà ce qu'implorent les œuvres

d'assistance spéciales et, en particulier, la Fédération des Engagés Volontaires Alsaciens - Lorrains, dont je donne ici l'adresse, espérant émouvoir de bons cœurs : Palais des Sociétés Savantes^ 28, rue Serpente.

J*ose espérer que cet appel sera entendu ; envers nos soldats, la générosité de toutes les mères, de tous les pères, de toutes les sœurs s'est déployée largement, comme elle le devait : ne fera-t-elle rien pour les Alsaciens-Lorrains du Front et de l'arrière qui, par leurs souffrances avant la guerre, par le don spontané d'eux-mêmes depuis, se sont affirmés deux fois les soldats de la France ?

S'ILS AVAIENT VOULy!

Ils n'avaient qu'à patienter. On dit que leur fécondité s'était ralentie, possible ! Mais elle avait sur nous une avance de vingt-cinq millions d'êtres, tous solidement entripaillés, voraces, et, en plus, ils continuaient à procréer. Déjà, ils s'infiltraient partout : c'était la conquête pacifique, encore qu'arrogante Bt lourde. Notre littoral méditerranéen devenait la proie de leur invasion lente et tenace. On les voyait partout où notre main-d'œuvre faiblissait, où l'on avait besoin d'employés : usines, hôtels, bureaux, tout leur était bon ; ils submergeaient nos marchés financiers ; et, atten-

tifs, ils espionnaient avec une application patriotique.

On le vit bien quand se fit, aux bruits de guerre, leur grand exode ; on le vit encore mieux quand, sous Tuniforme, ils revinrent, allant droit aux. châteaux, aux fabriques, aux cofïres-forts, aux caves, partout où il y avait à prendre.

La marée humaine montait à nos frontières, montait au dedans de notre pays, et nous laissions faire, un peu écœurés et paisibles, subissant leur coudoiement. Qu'opposer à un peuple qui fait tant d'enfants quand nous nous n'en faisions plus, bien mieux! quand nous n'en voulions plus faire?

Avec des économistes, avec des patriotes, j'ai poussé, il y a des années, le cri d'alarme; ^3 le répétais dans un dernier article, huit jours avant la guerre. L'a-t-on entendu, maintenant? A-t-on compris que si la France victorieuse, après cette effroya-

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ble saignée, veut vivre, il faudra qu'elle fasse des enfants? Dans ce temps-là, ce n'était plus de mode. Pour avoir écrit, dans un grand journal, que chaque famille française devrait avoir quatre enfants, j'ai été couvert d'injures.

Je sais bien : la vie coûte cher, et on avait pris des goûts de dépense et des besoins de confort ; les hommes se mariaient beaucoup plus tard et, autant que possible, exigeaient une dot. Les laborieux s'inquiétaient des fantaisies de luxe qu'ils supposaient aux jeunes filles. Les égoïstes pensaient qu'on peut arranger sa vie sans s'alourdir des charges d'un foyer. Les pères de famille à nombreuse progéniture se plaignaient, et non à tort, que l'État ne fît rien, ou presque rien pour eux. Et chacun avait d'excellentes raisons pour s'abstenir de mettre au monde des enfants. Les bourgeois aisés ne voulaient pas départager la

fortune grasse ou légère qu'ils laisseraient. Le peuple déclarait une duperie de fournir des travailleurs au capital. Et la France tarissait, tarissait avec sérénité, sous les yeux ironiques et avides de nos ennemis.

Ils n'avaient qu'à attendre, vous dis-je !

Ils se sont trop pressés, et c'est cela qui les a perdus. Se croyant les plus forts, ils n'ont pu résister à la tentation : nos terres fécondes, nos colonies magnifiques sollicitaient leur faim. Et c'est pour cela qu'ils ont déchaîné la plus injuste et la plus atroce de^ guerres. ^

Nous avons tenu le coup. Soulevée par le sentiment du plus grand péril qu'elle ait Jamais couru, notre nation a retrouvé son énergie guerrière et a puisé, dans la conscience du droit, un courage invincible.

C'est par ce signe que nous vaincrons.

Mais, après, la leçon servira-t-elle ? Il le faut, si nous voulons reprendre toute notre

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place au soleil. Ce ne sont pas seulement les blés qui lèveront sur les grands cimetières ; nous devons appeler à nous toutes les forces de la vie, repeupler pour les morts, repeupler pour ceux d'aujourd'hui, repeupler pour ceux de demain.

La vie est chère, soit I L'État, qui a bien ses devoirs, j'imagine, puisqu'une forte et féconde nation est la garantie de l'avenir, l'État se fera Éleveur, Par tous les moyens en son pouvoir : lois d'assistance, de prévoyance, de dégrèvements, de privilèges justifiés, il devra faciliter, encourager, fortifier, soutenir les naissances. Un esprit public nouveau devra modifier nos mœurs et honorer la paternité et surtout la maternité. Le Code devra adoucir certaines de ses rigueurs, l'opinion s'habituer au respect des mères entourées d'enfants.

Déjà l'État a reconnu ce principe : il l'a admis dans ses statuts militaires, il le re-

connaît dans son impôt sur le revenu. Il reste beaucoup à faire; ce sera l'œuvre d'après la victoire. Mais l'État ne pourra cependant, avec la meilleure volonté du monde, décider les gens à fonder de nombreuses familles si, dans notre conscience individuelle, une grande et indispensable transformation ne s'opère pas.

Faisons des enfants! tel devra être le programme civique de demain. Faisons- en, si nous avons compris à quel péril la France vient d'échapper.

Sans doute, le péril de cette guerre a été redoutable, et il n'est pas entièrement conjuré. Quelques sacrifices qu'il ait coûtés en belles vies humaines et en dépenses, en sang et en or, ce péril n'est rien à côté de celui que nous réservait la dangereuse paix sournoise, à l'abri de laquelle l'Allemagne pullulante enflait ses appétits à la grosseur de son ventre.

s'ils avaient voulu ! 221

Remercions-la d'avoir été ignoble et démente d'orgueil, remercions-la d'avoir fondu sur nous, car, en 1914-15, nous pouvions encore la repousser, et, peut-être, en 1944, ne Taurions-nous pas pu.

Et surtout, ah I surtout, faisons d^es enfants. Car si les Allemands avaient voulu attendre!...

L'ETAT ELEVEUR

Il faut bien que je revienne à cette question de la dépopulation. C'est entendu, chacun a de bonnes raisons pour ne pas faire d'enfants et compte sur son voisin ! A ce jeu, nous courons à notre ruine. Il n'y a pas à barguigner : ou la France, comprenant son devoir, redeviendra un peuple fécond, ou c'est en vain et pour rien que ses meilleurs fils se font tuer à présent.

L'horrible guerre n'a qu'un sens : le salut d'un pays qui fut grand et en qui l'héroïsme palpite encore. Sachons le reconnaître, nous manquions d'hommes. Depuis

1870, nous n'avons pas procréé un enfant de plus; les Allemands, eux, en ont fait vingt-cinq millions. On peut chercher toutes les échappatoires et donner un tas de bonnes raisons : rien ne prévaudra contre ce fait brutal. Qu'est-ce que nous serions devenus, impréparés comme nous étions, sans le concours de nos alliés et le réveil des énergies nationales ?

Mais ne vous fiez pas à ce sursaut de vaillance, ne vous fiez même pas à la victoire certaine. Cette guerre démesurée, dans les circonstances où elle a surgi, nous a sauvés, mais à deux doigts du gouffre. En trente ans les Allemands, rien que par leur infiltration pacifique et leur natalité croissante, nous auraient submergés, conquis, asservis en douceur!

Le docteur Bérillon vient de publier une étude sur les poux allemands. Ils sont terriblement symboliques de la fécondité de

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leurs possesseurs. Ils sont noirs, gras, féroces, ils puent, ils ont des suçoirs énormes et ne font que manger et évacuer. . . Parfaitement! Voulez-vous me dire comment vous auriez résisté au pullulement de la race aux poux géants ?

Le dilemme est clair, simple, net. Ou nous ferons des enfants, ou la victoire même, payée par des flots de sang et d'or, sera stérile, et nous redescendrons la pente qui, conduisant les peuples dégénérés à l'enlisement et à la décrépitude, les voue à l'esclavage.

Je n'ignore certes pas combien cette question de la dépopulation est complexe ; je vais plus loin : je dirai qu'elle est infinie. Elle touche à tout, à l'hygiène, à la protection de l'enfance, à la répression des avorteuses, à l'assiette des impôts et à la répartition de l'héritage, à la réfection de notre Code civil, à la paternité légitime,

à la guerre contre Talcoolisme, à des sanctions contre les propriétaires, à la transformation de l'opinion publique concernant le mariage, les célibataires et la maternité libre; que sais-je encore?

Quand je dis que l'État devra se faire Éleveur, je n'ignore pas qu'il aura fort à faire et que le Parlement accumulera de la besogne. Mais qui veut la fin veut les moyens !

Dans la Revue, le D"" M.-A. Legrand a tracé un programme dont le législateur pourra s'inspirer. Il débute par cette double constatation : trop de décès, pas assez de naissances.

Trop de décès, en raison de l'ignorance et de l'insouciance des masses et d'une défectueuse protection de la santé publique au début de la vie.

Pas assez de naissances, pour les raisons variées et innombrables qu'invoque un pays

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lorsqu'il ne « veut plus » avoir d'enfants.

Le D''M.-A. Legrand prévoit des réformes d'ordre moral; au premier rang, la stabilité de la famille, la facilité du mariage assurée par une éducation des filles qui procurerait leur indépendance, par des cercles mixtes qui rapprocheraient les jeunes gens, par des lois qui simplifieraient encore les formalités du mariage civil.

En même temps, une vigoureuse campagne de presse pour démontrer la nécessité de la procréation, et relever le respect envers toute femme mère. Puis la lutte contre le néo-malthusianisme qui, après avoir corrompu les bourgeois, pervertit déjà le peuple.

Côte à côte devront venir les réformes d'ordre hygiénique : protection de l'enfant avant sa naissance, mesures contre l'avortement, création de « maternités » avec salles secrètes, application rigoureuse de la

loi sur la recherche de la paternité, et j'ajoute : facilités de légitimation les plus larges. Ajoutons la vaste création de Mutualités maternelles, les consultations pour femmes grosses, Taccroissement des asiles maternels.

Pour la protection de l'enfant après sa naissance : des maisons d'accouchement bien tenues; l'application de la loi qui interdit l'emploi des ouvrières nouvellement accouchées pendant quatre semaines, des congés de grossesse et de couches avec salaires, la multiplication des consultations, des «gouttes de lait », des « nids ».

Assurer des logements aux familles nombreuses, construire des habitations à bon marché, voilà en gros les réformes que dans l'ordre moral et hygiénique propose avec raison le D"* M. -A. Legrand.

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Il complète son programme de réformes morales et hygiéniques par des réformes économiques dont personne ne méconnaîtra l'importance. Il débute en citant le mot du député J. Coûtant (d'Ivry), homme de bon sens, fils de ses œuvres et père d'une nombreuse famille : a C'est très joli d'inviter les gens à procréer à outrance, mais il faudrait les aider à élever leurs enfants, ou leur en donner les moyens ».

Voilà l'évidence même.

Examinons donc les devoirs de l'État éleveur.

D'abord, la remise des contributions.

M. Bertillon a demandé l'exemption complète pour les familles de plus de trois enfants. Le remède me paraît trop radical; ne pourrait-on admettre, puisque l'impôt

sur le revenu entre en vigueur, des dégrèvements taxés au prorata de la fortune?

Deuxième point : les avantages concédés aux fonctionnaires. Comme le budget ne permettrait pas une extension sensible des traitements et des retraites, pourquoi ne pas réduire par extinction leur nombre et accroître la part de ceux qui resteraient ? Les administrations privées, les grands établissements commerciaux et industriels auraient tout avantage, en ceci, à imiter l'État.

Troisième point : élargir les avantages militaires, en diminuant le temps de service d'un tiers pour tout Français marié, en le versant dans la réserve dès qu'il a deux enfants vivants, et dans la territoriale dès qu'il en a trois. Tout Français qui à vingtcinq ans n'aurait pas deux enfants vivants, devrait achever le deuxième tiers de la période militaire. Tout Français qui à trente

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ans n'aurait pas trois enfants vivants, devrait achever le troisième tiers de la période obligatoire de service. Ce projet, qui prête à discussion, vaudrait d'être étudié de près.

Quatrième point : avantages électoraux.

Le père de famille aurait droit au suffrage plural, deux voix pour commencer et une par trois enfants vivants au-dessus de trois, avec un maximum de cinq voix pour douze enfants en vie. J'ajouterai : le vote progressif des femmes. Aussi bien le suffrage universel, tel qu'il est compris et avec les résultats qu'il donne, me semble-t-il incompatible dans Tavenir avec le progrès et les réformes nécessaires.

Cinquième point : avantages aux populations rurales par la constitution de petits patrimoines insaisissables. Est-ce tout?

Non, nos lois de successions qui tendent à l'émiettement du bien de famille, devraient être remaniées.

Pour les classes ouvrières, l'adolescence en quête d'un gagne-pain aurait tout à gagner des écoles d'apprentissage et des cours professionnels obligatoires.

Viennent maintenant les primes à la natalité, à la venue du troisième enfant, celui qui accroît réellement les ressources de la nation. Le D' M.-A. Legrand, se rencontrant avec le projet de M. Bénazet, député de l'Indre, voudrait qu'on augmentât la prime pour chaque nouvelle naissance, et qu'on la réservât à une sélection d'enfants choisis parmi les sains et les vigoureux. Car l'État éleveur n'a aucune raison de primer la « progéniture industrielle », et d'amoindrir la santé de la femme en l'invitant à devenir une « fabrique intensive d'enfants ».

L'impôt sur les célibataires sera le corollaire des primes à la natalité. Le D*" M.-A. Legrand estime que leur nombre, joint à

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celui des chefs de familles peu nombreuses, atteint 8.150.000 et que cet impôt pourrait rapporter plus de 170 millions.

Enfin tous encouragements, toute propagande, toute diffusion devraient être donnés aux Sociétés privées d^encouragement à la natalité et à la puériculture.

On le voit, c'est un monde à édifier, l'univers de la vie à reconstruire sur les grands cimetières de la guerre.

Après : « Des canons, des munitions ! » il faudra que le cri de ralliement de la France nouvelle soit :

— Des enfants ! Des enfants î

Peut-être le lecteur retrouvera-t-il avec quelque intérêt l article suivant qui, en 1909, fit au Journal sensation, et même scandale. Je reçus plus de cinq cents lettres, dont la plupart de railleries et d'invectives . La Direc-

tion d'alors, tant les protestations furent vives ^ crut devoir rassurer le public en demandant à mon excellent confrère et ami Lucien Descaves, un article destiné à pallier mes affirmations.

Et pourtant n avais-/ e pas trop raison? Aujourd'hui que la guerre a démontré V appauvrissement périlleux de notre natalité, et combien elle aurait pu nous, coûter cher sans nos alliés et . sans l'admirable courage de notre peuple, peut-être rendra-t-on justice à ce cri d'alarme poussé quelques années avant la catastrophe, devant le formidable accroissement de r Allemagne.

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