‹ L'immense trésor des sciences et des arts; ou Les secrets de l'industrie dévoilés, contenant 840 recettes et procédés inéditsChapitre 5 sur 10 · MANIÈRE DE FAIRE LES FRUITS ARTIFICIELS · texte numérisé non relu

MANIÈRE DE FAIRE LES FRUITS ARTIFICIELS

9 Cerises.

On forme, avec un morceau^'de coton roulé, une petite boule à laquelle on donne, autant que possible, la forme du finit ; on l'assujettit à un morceau dej fil de fer qui doit lui «ervir de queue. Avec un peu'. d'eau de colle légère, on donne une couche ou deux à la volée ; on laisse sécher, et on plonge ensuite à plusieurs reprises dans une colle plus épaisse. Quand le fruit sembla suffisamment solide et lustré, on le peint le plus naturellement possible. Alors on le plonge à deux fois dans^une eau de colle de gants très-lé-

gère ; quand il est sec, on le lisse légërement avec une lime fine, et on plonge dans un vernis copal n^ 1 des mar-r chands ; un peu après, on tient le fruit par la queue;, et oii', le tourne en divers sens pour que le vernis se réi^wà»} également quand il commence à sécher ; on attwîbe ptasieurs fruits ainsi préparés autour d'une baguette trouée» ' et on les place dans un endroit cbaud, tel qu'une étuve ou au-dessus d'un four. On recommence encore une ou deu^. fois rimmersion dans le vernis, en faisant sécher cha^cjne fois pendant une heure pour les cerises noires , les cassis et les raisins noirs , dont le travail préparatoire est le. même. Après avoir peint les cerises noires , les cassis et les raisins, on les trempe dans un vernis qui se prépare de la manière suivante :

Après avoir fait infuser m peu d'orseille' dans de l'esr prit-de-vin pour le colorer en rouge violet, oh y met fondre, par 50 gram., 95 à 125 gram. de gomme laque et 8 gram. d'essence de térébenthine épaissie; la dissolution est de 8 à 15 jours à s*opérer ; elle est rarement complète. On a soin d'agiter tous les jours et de bien boucher la bouteille ; au bout de ce temps , on soutire, et les fruits sont plongés dans ce vernis. Quand, après la première et la seconde immersion, il y a des inégalités, il faut les user avec un peu de pierre ponce en poudre, de l'huile et un chiffon ; on essuie et on replonge de nouveau dans le vernis. Ces petitçs opérations demandent do la patience en comppnçqpt: mais, les imitations, de cette manière, sont, parfaitç^^

Fruits rouges.

Les fruits rouges, tfU que les épines-vinettes, les tmii» de sorbier, d^ l'aubépine et de l'^lantiet, se préparent en les peignant avec le vermillon mêlé à un peu de laque car^ minée, broyée à l'essence et délayée danà le verûis copaL

On donne plusieura couches et on polit chaque foi&pour que Timitation soit complète.

Les fruits qui ne ^ont pas destinés à la parure des dames :peuvent être préparés en cire moulée en plein ou coulée; lès personnes peu expérimentées peuvent plus aisément imiter les formes. Quand le fruit est moulé, on le recouvré d une couche ou deux de colle légère d'amidon , et on peint comme à l'ordinaire. Avec un peu d'habitude, ' on pourrait, avec les cires indiquées , imiter parfaitement les couleurs ; oh n'aurait plus qu'à les vernir.

DBB CONFITURES.

On réduit toutes les confitures à 8 sortes, savoir : confitures liquides, marmelades, gelées , pâtés , confitures sèches, conserves, fruits candis et dragées.

GbttfltQies Ifqtfldes.

Les confitures liquides sont celles dont les fruits, ou tout entiers , ou en morceaux , ou en graines , sont confits dans un sirop. Ôuide, transparent , qui prend sa couleiir de celle des fruits qui y ont bouilli. Il y a beaucoup à'art à ieà bien préparer : si elles ne sont pas asse^ sUcréefis, elles se tournent; si elles le sont trop, elles se candissent. Les plus estimées des confitures liquides sont les prunes, particulièrement celles de mirabelle, Tépine-vinette, les groseilles, les abricots, les ceriseis, la flèilr d'oranger^ les petits citrons verts de Madère , la casse verte du Levant, les myfoholants, le gingembre, les clous de girofle , etc., etc.

Cotafltures de pruiiés.

Prêtiez telles prunes que vous jugerez à propos, comme de perta'poo , de reine-claudë, de niirabelle ou d'autres

sortes^ passez-les à Teau chaude : quand elles seront bieii> mollettes sous les doigts , vous les retirerez avec une écu* moire et les mettrez dans de Teau fraîche.

Clarifiez 2 kil. Ijâ de sucre pour un cent de prunes; mettez vos prunes dans un vase bien propre une à une, pour qu'elles ne s'écrasent pas , et ajoutez-y votre sucre un peu plus que tiède. Tous les jours, soir et matin , pei>dant quatre ou cinq jours, vous mettez égoutter vos prunes sur un tamis et vous faites bouillir votre sucre , que vous écumez toutes les fois, et remettez vos prunes dans votre vase, et votre sucre par-dessus, toujours un peu plus que tiède.

Il faut que votre reine-claude soit verte, et si vous employez d'autres prunes, elles doivent conserver leur couleur également. ^

Si, à la fin, vous voyez que votre sucre n'est point assez^ épais, vous le faites recuire en ajoutant deux verres d'eau pour faciliter la clarification, et vous le jetez sur vosprunes tout bouillant.

Les confitures de poires de rousselet se font de la même^ façon que les confitures de prunes.

Confitures d'abricots entiers ou par moitié.

Les confitures d'abricots entiers ou par moitié se font de la même façon que les confitures de prunes.

Confitures de cacao.

On fait choix d'écorces de cacao à demi mûres ;-on en tire promptement les amandes sans les endommager. On les met tremper, pendant quelques jours, dans de Teaude fontaine que l'on change soir et matin; après * les avoir retirées, on les essuie, on les larde avec de petits mor- . ceaux do citron et de cannelle j on prépare un sirop de

sucre clarifié et d* une faible consistance ; onTôte bouillant de dessus le feu , on y jette des grains de cacao, et on les y laisse tremper pendant vingt-quatre heures ; ensuite on les retire de ce sirop, et, pendant qu'on les laisse égoutter, on en fait un nouveau plus épais. On les fait tremper encore vingt-quatre heures ; on réitère cinq ou six fois cette opération, en augmentant chaque fois la quantité de sucre, $ans jamais les mettre sur le feu ni leur donner d'autye cuisson. Enfin, ayant fait cuire un demiersirop, plus épais que les précédents, on le verse sur le cacao, qu'on a mis, bien essuyé, dans un pot de faïence pour le conserver ; et, quand le sirop est presque refroidi, on y mêle quelques gouttes d'essence d'ambre. Lorsqu'on veut tirer cette confiture à sec, on ôte les amandes du sirop , et, après les avoir bien égouttées, on les plonge dans une bassine pleine d'un sirop bien clarifié et fort de sucre, et de suite on les met à Tétuve, où elles prennent le candi. Cette confiture, qui ressemble assez à la noix de Rouen , est excellente pour fortifier l'estomac sans trop l'échauffer. On peut même en donner aux malades qui ont la fièvre.

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