‹ L'immigration canadienneChapitre 10 sur 77 · L'ARRIVEE D'UN NAVIRE D'IMMIGRANTS · texte numérisé non relu

L'ARRIVEE D'UN NAVIRE D'IMMIGRANTS

A peine un transatlantique touche-t-il au débarcadère que des médecins et des fonctionnaires de l'immigration se rendent à bord. Le bateau mis en règle, au point de vue des règlemeinls du port, un médecin reçoit du chirurgien du bord la patente de santé où celui-ci consigne toutes les observations qu'il a pu faire sur l'état des passagers pendant la traversée. Le médecin du bord, ainsi que le faisait remarquer le surintendant du service médical à Québec, M. le docteur Pagé, dans un travail lu devant les congressistes de V Association de la Sanié Publique canadienne, en décembre 1911, à Montréal, change presque à chaque voyage du transatlantique. Et cela se comprend, puisque le traitement habituel d'un chirurgien, sur les lignes canadiennes, est de $35 à $50 par mois, et que maintes compagnies de navigation ne se soucient guère de payer davantage, afin d'avoir des médecins compétents, disant: "Nous avons toujours plus de demandes, pour ces positions, et à ce traitement, que nous n'en avons à accorder; nous ne voyons donc pas pourquoi nous irions payer davantage." Aussi, de manière générale, la patente de santé est-elle incomplète et, maintes fois, rédigée de manière erronée.

Celle-ci remise aux médecins de l'immigration canadienne, ils procèdent à l'inspection des passagers. Ceux de première n'en subissent aucun, à moins qu'il n'y ait des cas spéciaux portés à la patente de santé. Le passager de première entre donc au Canada, sans la moindre formalité médicale; aux Etats-Unis, l'inspection médicale existe pour tous, immigrants ou Canadiens de retour d'Europe, passagers de première comme passagers d'entrepont. Nous ne voyons guère pourquoi cet examen ne se pratique pas ici comme aux ports américains. Car un passager de première, refusé à New-York, ne peut-il ensuite entrer au Canada par Québec?

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