‹ L'immigration canadienneChapitre 11 sur 77 · L'EXAMEN DES PASSAGERS DE SECONDE · texte numérisé non relu

L'EXAMEN DES PASSAGERS DE SECONDE

Des trois médecins désignés à l'examen de tel ou tel paquebot, l'un s'occupe de faire, à bord même, celui des passagers de seconde. L'affaire marche rondement. Un inspecteur eivil tient la liste où sont inscrits les passagers, il les appelle par numéros, chacuin vient, décline son

nom, son âge, ,sa destination; le médecin jette un bref coup-d'oeil, pose une question quelconque, fait marcher un enfant, afin de s'assurer s'il n'est pas perclus, et, en dix secondes, on teind à l'immigrant ^a carte, timbrée pour indiquer qu'il a subi les deux examens. En une minute, cette formalité s'accomplit pour cinq ou six. Au point de vue pratique, l'examen des passagers de seconde existe donc à peine, pour ne pas dire qu'il ^n'existe pas du tout. On compr&nd que les fonctionnaires en dispensent les Canadiens qui reviennent au pays. Mais il est difficile de s'expliquer, comment, parce qu'un immigrant a eu assez d'argent pour venir en seconde, on prête si peu d'attention à son état physique et mental. C'est parfois dans la première et la seconde classes qu'il se glisse le plus de dégénérés et d'imbéciles. Et ce sont les classes les moins surveillées. Les compagnies de navigation, du reste, ne sont pas étrangères à cette mansuétude, surtout à l'endroit des gens originaires de Grande-Bretagne. Influentes auprès des ministères, elles auraient tôt fait d'agir de telle sorte que le fonctionnaire zélé reçoive une douche qui le rende plus indulgent.

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