CE QUE LE MEDECIN DOIT REMARQUER
M. Wilson, médecin américain de Ellis Island, Nevv^-York, principal point d'arrivée des immigraints aux Etats-Unis, où il est préposé à l'examen médical de eeux-ci, publiait, en juillet 1911, dans le New-York Médical Journal, un article relatif aux principales remarques que doit faire l'examinateur. Ainsi, il doit tenir compte, par exemple, dès qu'il regarde un immigrant, de la pigmentation de sa peau. Chaque race a son teint particulier, comme chaque occupation a aussi son influence sur la coloration de l'épiderme. Des mineurs ont toute l'apparence de tuberculeux, au point de tromper l'oeil peu exercé. Si le médecin s'informe du métier de l'immigrant, tout de suite, par exemple, il distinguera le mineur du tuberculeux. Des mulâtres des Antilles ont aussi ce teint pâle, et sont pourtant sains des poumons. Un Grec en parfaite santé a un teint d'individu qui souffre de la malaria. Un Italien au visage émacié semble pulmonaire: à l'examen, il révèle un torse musclé, une poitrine solide comme des soufflets de forge. Le médecin doit donc tenir compte des particularités des races et des métiers.
Le médecin, s'il a l'oeil d'un expert, et bon jugement, peut en quelques minutes, et en usant de toutes ses facultés, — odorat, vision, palper, — diagnostiquer assez bien la condition physique de l'immigrant. Il en va autrement, quant à certaines maladies de peau, de nerfs, de l'oeil, et surtout du cerveau, qui demandent une observatioin spéciale Et c'est pourquoi, avec le système actuel, malgré tous les efforts des examinateurs, doit-il leur échapper des gens, d'apparence normale, mais tarés, mentalement ou physiquement, ou qui portent en eux des germes de maladies graves ou incurables.