‹ L'immigration canadienneChapitre 15 sur 77 · COMMENT ON EXAMINE LES IMMIGRANTS BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

COMMENT ON EXAMINE LES IMMIGRANTS BRITANNIQUES

Le navire a-t-il, comme passagers d'entrepont, des immigrants d'origine britannique, l'examen se fait encore plus vite. "British citizen?" demande le premier médecin. Et sur réponse affirmative, si - l'immigrant ne présente pas de traits trop apparents d'indésirabilité, l'examen est presque fini. L'autre médecin ne retournera pas les paupières, — car le trachome est rare en Grande-Bretagne, — mais il examinera le cuir chevelu pour voir s'il n'y a pas de teigne, et c'est fait. Le Cainada compte un citoyen de plus. Et, souvent, quel citoyen!

L'inspection des sujets britanniques, nous l'écrivons sans hésiter, n'est pas assez sévère, tant du côté médical que du côté civil; elle est rudimentaire. Il y a une réforme considérable à faire, sur ce point. Mais nos gouvernants l'entreprendront-ils? Ou, comme la presse anglo-canadienne, la première fois qu'un Anglais fut arrêté et détenu à Québec, il y a quelques années, pour un cas manifeste de trachome, se scandaliseront-ils, à l'idée de cette réforme, et l'ajourneront-ils aux calendes grecques?

L'examen des immigrants suspedts, au point de vue médical

Si l'immigrant est en bonne santé apparente, deux médecins examinaleurs peuvent en moyenne disposer de troi,s cents personnes par heure. Dans certains cas, parait-il, des examinateurs auraient expédié quatre cent cinquante ou cinq cents individus dans ce temps, soit sept ou huit à la minute. Ceci n'a pas de sens commun; car ce serait tout simplement admettre l'immigrant sans le moindre contrôle médical, et manquer par là aux devoirs les plus élémentaires de l'inspecteur chargé de surveiller l'immigration à ce point de vue.

Si l'immigrant n'est pas, ou ne paraît pas en bonne santé, s'il a l'air anormal, peu intelligent, mal coinformé, et que le médecin ait le coup d'oeil assez vif et soit assez observateur pour le remarquer, il le fait sortir des rangs et le consigne dans une pièce réservée au nouvel examen. Certains navires amènent une immigration si douteuse que le médecin a tôt fait, sur sept ou huit cents hommes, d'en trier, pour second examen, quarante, cinquante, même davantage, surtout à l'ouverture de la navigation; car c'est à cette saison que les individus tarés se précipitent en masse vers le Canada, escomptant sans doute que le surcroît de besogne imposée aux fonctioinnaires rend la surveillance plus difficile et, partant, l'entrée plus accessible. Mais les médecins, règle générale, sont prévenus, s'ils sont un tant soit peu exercés, et agissent en conséquence.

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